Swiss Beatles Fan Club

18 août 2017


Influence de la culture indienne sur l'œuvre des Beatles


Dans les pays occidentaux, l'étude de la musique de l'Inde est longtemps restée entre les mains des érudits, qui seuls pouvaient avoir accès aux traités en langue sanskrite ; cependant, pour la plupart, ils ignoraient la musique vivante du continent indien. Avec d'une part l'avènement de l'enregistrement sonore, et d'autre part la venue de virtuoses indiens dans les salles de l'Occident, on assiste depuis quelques décennies à une réelle diffusion de la musique savante indienne ; mais on doit en même temps constater une méconnaissance des musiques villageoises, tribales ou citadines, qui demeurent profondément liées à la vie quotidienne des peuples de l'Inde.

Tant par ses paroles que son interprétation, Within You Without You est des plus représentatives de l'influence de la culture indienne sur l'œuvre des Beatles, et surtout sur George Harrison, son auteur. L'originalité de la chanson composée pour l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967) réside aussi dans ses paroles, dans lesquelles Harrison expose, de manière très explicite, sa nouvelle philosophie tournée vers l'Orient et l'hindouisme. La chanson prend la forme d'une réminiscence progressive d'une discussion à laquelle Harrison aurait participé. Elle explique que l'individualisme occidental, l'égo, est fondé sur une illusion qui encourage à la division. Si l'on veut se débarrasser de cet espace, et se rapprocher les uns des autres, il faut donc abandonner l'illusion de l'égo, et de ce fait, considérer que nous sommes en essence tous un.

Depuis plus de deux mille ans, l'Inde est l'un des principaux foyers d'influence musicale en Asie. En Inde, la musique, comme d'autres formes d'art ne connaît pas de vraie division entre l'expression artistique et l'expression religieuse. Le musicien considère son art comme une voie sure et respectée vers la réalisation de la divinité. L'importance de la musique dans la culture hindoue peut être attestée au moins dès la période védique (environ 2000-1500 à 500 av. J.C). Les musiques indiennes représentent les musiques du sous-continent indien sous toutes ses formes et toutes ses variétés englobant ainsi l'Union indienne, le Pakistan, le Bangladesh, le Népal et le Sri Lanka. De même qu'il n'existe pas une langue indienne, mais plusieurs centaines de langues et de dialectes, il n'existe pas, à proprement parler, de musique indienne unifiée.
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Photo : George Harrison, Taj Mahal (Inde), septembre 1966.

Histoire Information



The Beatzone, « Within You Without You » (The Beatles).

17 août 2017


Ouvrage With the Beatles : le recueil d'articles de Jérôme Soligny


John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. Les quatre musiciens de Liverpool qui ont révolutionné la pop, se laissent découvrir sous un nouveau jour grâce à la plume de Jérôme Soligny. Musicien, journaliste et écrivain, il présente un recueil d’articles publiés dans Rock & Folk depuis 1992, augmentés et complétés pour la plupart. À l’occasion de multiples rééditions – la sortie de titres remastérisés en 2009 ou de vinyles stéréo en 2012 par exemple –, Soligny propose un nouvel éclairage des Fab Four : leurs processus de création (écriture, enregistrement), leurs succès et leurs déconvenues, leurs albums et leurs films, les relations entre eux et les influences de ce groupe emblématique. Fan au sens noble du terme devenu fin connaisseur, Soligny n’en reste pas moins exigeant et n’hésite pas à désapprouver un disque, même s’il est signé Paul McCartney. À travers ses articles, l'auteur revient avec passion sur la vie et la carrière du groupe, ainsi que sur le parcours des quatre musiciens en solo. Invité à un voyage kaléidoscopique, le lecteur va également découvrir ou redécouvrir, à travers plusieurs interviews, les personnalités et univers des musiciens et de leurs « familles » : Paul McCartney, Yoko Ono, Sean Lennon, Olivia Harrison, George Martin, Jeff Lynne… Sept chapitres ordonnent les articles selon leur sujet. Enfin, dans la très riche section intitulée Bonus Apparents, Soligny a rassemblé l’essentiel des chroniques de CD, DVD ou Blu-ray des Beatles qu’il a rédigées depuis vingt-cinq ans. ||

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16 août 2017


Les fans commémorent les 40 ans de la disparition d'Elvis Presley


Il a beau être mort le 16 août 1977 d'une crise d'arythmie, Elvis Presley surnommé « The King », figure emblématique de la musique, continue de dominer la culture populaire américaine, grâce à ses ventes de disques et une popularité toujours intacte. Elvis Aaron Presley, né le 8 janvier 1935 à Tupelo dans l'État du Mississippi est un pionnier du rock 'n' roll, une véritable révolution culturelle découlera de sa venue : Transgression du clivage noir / blanc, mode vestimentaire et coiffure, mouvement musical nouveau, libération sexuelle, industrie musicale bouleversée, etc.. Avec plus d'un milliard d'albums écoulés, Elvis est considéré comme l'artiste ayant le plus vendu de disques de l'histoire de la musique. Il a obtenu durant sa carrière 90 disques d'or, 52 de platine, 25 de multiplatine, ainsi qu'un de diamant pour le Elvis' Christmas Album sorti en 1957 et vendu dans le monde à plus de dix millions d'exemplaires. Lors de sa disparition, sa fortune personnelle représentait 150 millions de dollars américains. En 2016, le magazine Forbes l'a classé 4e au classement des célébrités mortes produisant le plus de revenus, avec un million d'albums écoulés cette année-là pour 27 millions de dollars rapportés.

« Dites le prénom Elvis à Pékin, au Nicaragua, en Estonie ou aux Fidji, tout le monde le connaîtra, quelles que soient leur langue ou leur culture », assure Ted Harrison, auteur de deux livres sur le chanteur. Sa voix unique et son style particulier, mélange de rhythm and blues, de country, de gospel et de blues, lui ont permis de franchir les barrières ethniques et sociales de l'époque. Ses célèbres mouvements de bassin lui vaudront le surnom de « Elvis the Pelvis », lui qui est devenu un objet de fantasme pour de nombreuses femmes grâce à son charisme et son sex-appeal. Son apport au monde de la musique a été tel que les plus grands, des Beatles aux Rolling Stones, ont été inspirés par ses chansons. John Lennon n'a-t-il pas dit : « Rien ne me touchait vraiment avant que j'entende Elvis. S'il n'y avait pas eu Elvis, il n'y aurait pas eu les Beatles » et d'ajouter que selon lui c'était « la plus grande voix d'Amérique. » Paul McCartney de son côté a confessé : « Chaque fois que je me sens déprimé j'écoute un disque d'Elvis et je me sens super bien. » Le groupe de Liverpool sera même reçu chez Elvis pour une rencontre historique, le 27 août 1965, dans sa résidence de Bel Air à Los Angeles. Beaucoup d'artistes auraient quelque chose à dire à propos du King, les plus célèbres comme Mick Jagger ont dit : « C'était un artiste unique, un orignal parmi une foule d'imitateur. » D'autres comme Bob Dylan : « L'entendre pour la première fois était comme sortir de prison ». Ses tubes comme Heartbreak Hotel, Hound Dog, Jailhouse Rock et Are You Lonesome Tonight, édités et réédités à tour de bras, ont traversé les époques.

Plus de 20 millions de touristes ont visité Graceland, sa maison mythique, ouverte au public en 1982 par son ancienne femme Priscilla, la mère de sa fille Lisa Marie. La demeure achetée en 1957 est située au 3764 Elvis Presley Boulevard à Memphis dans le Tennessee. Les fans les plus dévoués, souvent en larmes, se pressent pour déposer des fleurs et lui rendre hommage devant sa tombe à Graceland, où Elvis repose à côté de ses parents, Gladys et Vernon, et de sa grand-mère Minnie Mae. Environ 600 000 personnes y viennent chaque année, ce qui permet à la ville de Memphis de gagner quelque 150 millions de dollars. Et cela ne devrait pas s'arrêter : en mars un complexe hôtelier géant de 160 000 mètres carrés, ayant coûté 150 millions de dollars, a vu le jour. « Pour notre génération, sa musique nous transcende, il n'y a rien de mieux que " Hound Dog ", raconte Stephanie Harris, une vendeuse d'assurances venue spécialement du Michigan. Valises, décorations de Noël... Dans le centre de Memphis, tout peut s'acheter à l'effigie du King, dont les posters en taille réelle vous accueillent à l'entrée des magasins ou des bars qui jouent sa musique. « C'est la star de toutes les stars », assure Lisa Bseiso, fondatrice du fan club officiel d'Elvis Presley au Qatar, son pays d'origine. « C'est pour ça qu'il reste un phénomène, quarante ans après sa mort. Il est toujours aussi puissant, et aimant ».
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Elvis Presley, « Something» (The Beatles), Hawaï (États-Unis), 14 janvier 1973.

15 août 2017


Paul McCartney : sa tournée, ses rituels et la poésie du rap


Deuxième et dernière partie de l'interview de Paul McCartney par Kory Grow,
pour le magazine « Rolling Stone ».


Qu’est-ce que vous faites pour vous détendre en tournée ?

Si c’est un jour de concert, on se lève, on prend un petit-déjeuner et on va à la salle de sport. Si on a le temps, on va faire une balade à vélo, on visite la ville et ses alentours puis on rentre et on se fait faire un massage. Le truc, c’est que je suis conscient en disant ça que je devrais dire : « Yo, mec. Je m’assois. Je joue aux cartes, je bois de la tequila, je fume des joints et je joue de la guitare. Tout l’après-midi. » Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Donc ouais, je fais ça et puis je me fais faire un massage, je mange quelque chose, je me lave et je vais au concert. C’est assez ennuyeux, vraiment. Ce n’est pas un comportement légendaire du rock & roll, mais ça me va aujourd’hui. J’aime ça. Je ne le ferais pas si je n’aimais pas le faire et ça me permet de jouer pendant trois heures. Ce qui est drôle, c’est l’énergie du public. Vous pouvez vraiment être dynamisé au lieu de vous fatiguer. À mesure que vous avancez, vous ressentez de plus en plus d’énergie. Ça me surprend. Les filles dans le public disent : « Il ne boit même pas ! » Vous imaginez les Beatles qui s’arrêtent « Excusez-moi, deux secondes les gars » et glou glou glou ? On ne le faisait pas, je n’ai pas été élevé à l’école de « l’hydratation ». Je bois avant et après le concert mais une fois que je monte sur scène, je n’ai pas besoin de boire.

Si ça fonctionne pour vous, c’est génial.

Mon ingénieur du son me dit : « Bois plus d’eau, mec. Bois plus d’eau », mais je n’ai pas le temps.

J’imagine aussi que vous faites plus de sport que quand vous étiez avec les Beatles.

Ouais. Les exercices sportifs sont probablement la chose la plus importante à faire sur la route. Bien manger aussi. Il y a des gens qui s’exercent 10 fois plus que moi mais j’en fais juste assez. Je fais ce que j’aime et ça me permet de rester en forme. Quand j’étais enfant, je détestais les exercices physiques. Je me disais : « Oh, c’est tellement ennuyeux. » Avec les Beatles, on ne faisait pas ça. On était jeunes, on n’avait pas à penser à ça. Ça ne faisait pas partie de notre répertoire. Aujourd’hui, ça l’est. Beaucoup de personnes qui n’allaient pas à la salle de sport y vont aujourd’hui et aiment y aller. Vous vous sentez bien quand vous réalisez des choses que vous pensiez impossibles.

On dirait que vous changez de setlist fréquemment. Qu’est-ce que vous avez aimé jouer en concert ces derniers temps ?

On joue Hard Day’s Night qu’on n’avait jamais jouée avant cette tournée. Cet accord d’ouverture est toujours un enchantement. J’aime bien la jouer. J’aime interpréter Temporary Secretary parce que c’est un défi et qu’elle a un bon battement électronique. C’est cool. J’aime bien jouer Band on the Run, Live and Let Die et 1985 de l’époque des Wings. J’aime interpréter la ballade que j’ai écrite pour [ma femme] Nancy, My Valentine. J’aime aussi jouer For the Benefit of Mr. Kite. Avec Mr. Kite, le truc c’est que c’est une chanson stimulante parce que la ligne de basse va là où la voix ne va pas. C’est comme si vous deviez vous séparer en deux et envoyer une moitié chanter et l’autre jouer de la basse. C’est assez difficile à faire.

J’ai lu que John Lennon a écrit ces paroles en s’inspirant d’une affiche. Qu’est-ce que vous en pensiez lorsque vous les avez lues pour la première fois ?

Eh bien, ce qui est génial c’est que tout le monde dit : « John Lennon a écrit les paroles...  » John et moi avons écrit les paroles. Je suis allé chez John, et je n’ai pas l’impression d’être paranoïaque en défendant mon bout de gras, mais la vérité c’est qu’on s’est assis et on s’est dit : « Okay, qu’est-ce qu’on va écrire ? » Il m’a répondu : « Tu as vu cette affiche ? » On a donc tiré une grande partie des paroles de cette affiche mais on l’a fait ensemble. C’est pour ça que je la joue en live, parce que même si John était le chanteur principal sur cette chanson, j’aime le morceau et j’ai l’impression que parce que je l’ai écrit avec lui et que j’ai été dans la pièce où ça s’est passé, c’est une bonne chanson à jouer. Mais ouais, on a été inspirés par cette vieille affiche de cirque.

Maintenant que le fantastique coffret « Sgt. Pepper » est sorti, est-ce que vous allez interpréter plus de chansons de cet album en concert ?

Eh bien, on en fait quelques unes. On interprète la chanson Sgt. Pepper. Je déteste dire ça mais il n’y a que trois surprises dans les concerts et je suis en train de les révéler. J’essaye de faire en sorte que les gens se disent: « Oh, je ne savais pas qu’ils allaient jouer celle-là. » Donc ouais, il y en a une ou deux, mais aujourd’hui, avec Internet, on ne peut pas avoir de surprise après le premier concert. Il y en a quelques unes.

Quels sont les meilleurs concerts d’autres artistes que vous avez vus récemment ?

Ce n’est pas récent mais j’ai vu Jay-Z et Kanye. J’ai vu le dernier concert de U2 [Innocence + Experience] que j’ai aimé. J’ai aussi aimé James Taylor. C’est très émouvant pour moi parce qu’on a une histoire ensemble. On a fait son premier album ensemble, alors c’est comme si je voyais un vieil ami. J’ai vu pas mal de monde mais quand on va quelque part comme aux Grammys cette année, on voit pas mal de gens.

Qu’est-ce qui vous a impressionné chez Jay-Z et Kanye ?

C’est drôle. Beaucoup de personnes écoutent du rap et se disent : « Ah ouais, c’est beaucoup de grossièretés et beaucoup de jurons », mais en fait, c’est beaucoup de poésie. J’étais impressionné. Je pense qu’en assistant à un concert entier, vous avez une meilleure idée de ce qu’ils font. J’ai aimé le concert. C’est de la poésie urbaine. Quand vous assistez à un concert, vous avez un peu de temps pour considérer les chansons, les sujets qu’elles traitent et leur signification. Les jeunes en concert, ils savent déjà. Ils savent tous exactement ce qui se passe. Ils connaissent toutes les paroles. Pour moi, le rap c’est plus que ce que certaines personnes disent. C’est une éducation. J’aime ça.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes musiciens qui débutent ?

Jouer beaucoup. Jouer dans les bars et jouer encore plus. Plus vous jouez et plus vous apprenez. Et ça vaut pour tout ce que vous faites : si vous êtes DJ, pratiquez beaucoup. Si vous jouez de la guitare, jouez-en beaucoup. Si vous êtes dans un groupe, jouez beaucoup. C’est comme ça qu’on apprend. C’est comme ça que vous apprenez à être bon, que vous apprenez qui vous êtes et que vous vous améliorez. Avec un peu de chance.
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