Swiss Beatles Fan Club: Les Beatles voulaient jouer dans la saga du «Seigneur des anneaux»

7 décembre 2012

Les Beatles voulaient jouer dans la saga du «Seigneur des anneaux»

Les Beatles voulaient jouer dans la saga du «Seigneur des anneaux»

Avec sa trilogie adaptée de l’œuvre de J. R. R. Tolkien, dont le dernier opus – Le Hobbit : Un Voyage inattendu sort en salles le 12 décembre prochain - Peter Jackson a réalisé le rêve… des Beatles ! Avant les trois volets cinématographiques du réalisateur néo-zélandais, le roman de Tolkien en avait vu d’autres. Un certain Morton Grady Zimmerman avait tenté une adaptation en dessin animé, laquelle avait profondément déplu à l'écrivain britannique qui la trouvait d’une « extrême bêtise et incompétence ». En décembre 1955, Le Seigneur des anneaux avait également fait l’objet d’une adaptation radiophonique sur la BBC par Terence Tiller, qui n’avait pas convaincu davantage le romancier.

Mais ce n’est pas tout. En 1968, ce sont les Beatles qui ont décidé de se lancer à leur tour dans l'adaptation de la saga de Tolkien. Stanley Kubrick fut approché pour les mettre en scène. Le cinéaste de 2001, l'Odyssée de l'espace déclina l'offre jugeant l'œuvre trop vaste et inadaptable. Après A Hard Day's Night (1964) et Help ! (1965) de Richard Lester, le groupe est à la cherche d’un nouveau projet de film. « John voulait que l’on achète les droits cinématographiques du Seigneur des anneaux », se souvient Paul McCartney (Beatles at the Movies de Roy Carr, Harper Perennial, 1996). « C’était vraiment son idée. On en a parlé un moment puis ça a commencé à péricliter parce qu’immédiatement, John voulait être Bilbo. Il voulait être le chef et avait tendance à se la jouer : " Ouh là, attends une minute. " (...) La force des autres films que nous avions faits était que nous étions tous au même niveau.  »

Finalement, Lennon revient à la raison et le casting éventuel est trouvé : Gollum (John Lennon le transformiste), Frodon Sacquet (Paul McCartney le jeune premier), Gandalf (George Harrison le mystique) et Sam Sagace (Ringo Starr le rigolo) ! Quelle direction aurait pu prendre cette adaptation improbable ? Les Fab Four la voyaient-ils comme une fable musicale et psychédélique ? C’est en tout cas ce vers quoi ils se sont dirigés, après l’abandon du projet, avec le téléfilm Magical Mystery Tour (1967) et le dessin animé Yellow Submarine (1968). « Je ne sais pas quel a été le problème, mais je pense que les ayants droit de Tolkien qui contrôlent Le Seigneur des anneaux ne nous auraient pas vendu les droits cinématographiques ou peut-être qu’ils les avaient déjà vendus à quelqu’un d’autre. » Selon d'autres sources, Tolkien a refusé car il n'appréciait tout simplement pas les Beatles. En difficulté financière, il a vendu en 1969, les droits à United Artists pour payer ses impôts. Le projet a finalement été confié à Ralph Bakshi, et selon divers spécialistes, a « accouché d’une souris » en 1978.

 

Tolkien, source d'inspiration dans la musique

Pourtant, au-delà de l’aspect anecdotique, ce projet insolite montre bien la source d’inspiration que Tolkien a représenté dans la culture pop de l'époque. D’après Daniel Bonvoisin, qui signe un article étonnant sur « Tolkien et la musique moderne » dans le Dictionnaire Tolkien : « les Beatles n’étaient pas les seuls symboles de la culture pop à être fans du Seigneur des anneaux. Jimmy Curtiss, en 1967, forma un groupe nommé The Hobbit dont le premier album fut Down to the Middle Earth. À leur suite, nous dit ce chercheur, les groupes – volontiers psychédéliques, rock ou beat – multiplient les titres hautement référentiels : The Hobbit (Skip Bifferty, 1968), Hobbit Dream (Nighb’rhood Childr’n, 1968), The Hobbit Symphony (The Smoke, 1968), Bilbo Baggins (Armaggedon, 1969). »
 

Au tournant des années 70, pour ne citer que les noms de groupes les plus célèbres, c’est sous l’impulsion metal du groupe légendaire Led Zeppelin que l’on voit revenir l’univers de Tolkien. Daniel Bonvoisin précise : « Les morceaux Ramble On (Led Zeppelin II, 1969), The Battle of Evermore et Misty Montain Hop (Led Zeppelin IV, 1971), évoquent le Mordor, Gollum et les Monts brumeux). » Des harpes médiévales au rock metal, punk ou progressif, autant dire que Tolkien a réuni des publics aussi vastes et bigarrés que son œuvre. Une bonne raison de foncer dans les salles obscures pour découvrir le premier volet de l’adaptation de Bilbo Le Hobbit par Peter Jackson, l’homme qui marcha sur les plates-bandes rayées des Beatles ! ||

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