Swiss Beatles Fan Club

24 février 2013


Beatles et foot, l’équation élucidée

Une question lancinante taraude les passionnés de foot et de rock depuis 50 ans. Les coeurs des ‹ Fab Four › de Liverpool balancent-ils pour le bleu, le rouge ou, trahison suprême, d’autres cieux ? Levons le voile…

Les tubes des Beatles résonnent encore mélodieusement dans les travées des quatre coins du monde. Durant les années 60, les paroles originales sont entonnées dans les gradins. De nos jours, les supporters s’approprient les textes. Le foot aime sincèrement les Beatles. Est-ce réciproque ?

L’opacité des accointances de la bande avec les clubs de la ville est savamment orchestrée. « Il y a trois équipes à Liverpool, et je préfère l’autre », déclarait George Harrison, vraisemblablement le moins féru de ballon des quatre musiciens. Tous sèment la confusion. Ils arborent des écharpes rouges et blanches dans la vidéo de ‹ Help ! › (1965) et débarquent à Goodison Park. Le doute profite au batteur Ringo Starr, systématiquement aperçu dans les deux stades voisins avec son beau-père londonien… lors des visites des Gunners d’Arsenal. Peu loquace, il évite le sujet (jusqu’en 2000 !) et les problèmes.

La passion insoupçonnée de John Lennon pour le beau jeu est discrètement distillée dans la discographie du groupe. Deux joueurs des Reds apparaissent dans son univers: Matt Busby (joueur de 1936 à 41, bien avant de s’acoquiner avec United) dans les paroles de la chanson ‹ Dig It ›, et Albert Stubbins (46-53), illustré sur la couverture de ‹ Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ›. Last but not least, Dave Dickson – héros d’Everton, prêt à donner sa vie pour le club selon ses propres termes, puis… passé à Liverpool – pourrait être, avec tout le conditionnel de circonstance, le mystérieux Walrus, du morceau révolutionnaire du même nom. Le paternel de John, fervent supporter, tisse également un lien entre le rejeton, Anfield et leurs soirées de directs radiophoniques. Lennon était bien un Red.

L’illustration de l’album solo ‹ Walls and Bridges › (1974), une peinture réalisée par John en 1952, à l’âge de 11 ans, met en scène trois joueurs et un gardien. Grâce aux recherches méticuleuses de Brian Philips (du blog runofplay.com), on identifie la finale de la Cup 52 entre Arsenal, avec un maillot spécifique pour l’occasion, et Newcastle. Le numéro 9, cher à l’artiste (‹ #9 Dream ›, ‹ Revolution 9 ›, ‹ The One After 909 ›), est ici étrenné par le meilleur buteur de sa génération, le toon Jackie Milburn.

Paul McCartney n’est pas passé inaperçu à Wembley, en 1968, vêtu de bleu. Everton affronte West Brom en finale de la FA Cup et le bonhomme fait le déplacement. Problème, la même année, il participe à une séance photo arborant un fanion aux couleurs rouges de Liverpool FC. Shocking, contradiction impardonnable. On lui reproche de se passionner pour les Reds consécutivement à leurs brillants résultats. « McCartney a toujours eu le nez pour le succès », dit-on.

En 2008, en préambule de son concert à Anfield, un journaliste contraint Paul de s’expliquer. « Ha ha ! Je ne suis jamais allé à Anfield auparavant. Je suis officiellement d’Everton, mon père est né à Everton, ma famille est d’Everton et pour un derby je suis bleu. Mais l’équipe complète de Liverpool s’est rendue à notre concert à Wembley, emmenée par Kenny Dalglish avec qui j’ai sympathisé. Cela m’a donné suffisamment de raisons pour les soutenir ouvertement. J’aime les deux équipes, elles sont tout Liverpool. »
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