Swiss Beatles Fan Club

27 mars 2013


L'histoire de la Rolls-Royce de John Lennon

Pièce centrale de l'expo Beatles au musée Pointe-à-Callières, la Rolls-Royce psychédélique de John Lennon nous arrive de Colombie-Britannique avec une drôle d'histoire. La Presse a parlé au mécanicien Jim Walters, qui dorlote et cajole cette célèbre voiture depuis plus de 20 ans.

La Presse Alors c'est vous qui vous occupez de la Rolls de John Lennon
? Méchante responsabilité. Comment avez-vous eu le job?

Jim Walters • En 1993, le Royal BC Museum de Victoria a fait l'acquisition de la voiture, qui appartenait à un autre musée canadien depuis 1987. Elle avait besoin d'entretien et comme je suis le seul réparateur de Rolls sur l'île de Vancouver, ils ont fait appel à moi. J'ai fait un sacré saut quand j'ai vu que c'était celle de John Lennon! Ensuite, je l'ai conduite pour l'amener à mon garage, c'était une expérience surréaliste. La semaine suivante, le musée m'a demandé de garder la Rolls dans ma salle d'exposition parce qu'ils n'avaient pas de place. Elle y est restée pendant 12 ans...

Connaissez-vous un peu son histoire
?

C'est une Rolls Phantom V de 1965. Ils n'en ont construit que 516 entre 1959 et 1968. Elle mesure 19 pieds et 10 pouces. C'est le plus long modèle de Rolls-Royce et c'est pourquoi elle est considérée comme une voiture royale. Le Shah d'Iran, le maréchal Tito et le roi Olaf VII de Norvège en ont eu une. John a acheté la sienne en 1965. Les Beatles l'ont prise pour aller rencontrer la reine à Buckingham Palace. Elle était encore noire à l'époque. Mais en 1967, il a demandé à une firme de design de la repeindre avec des couleurs psychédéliques. Les gens de Rolls Royce étaient scandalisés. C'était une société conservatrice. Ils ne voulaient pas ce genre de publicité. Pour l'anecdote, j'ai ramené la voiture en Angleterre en 2004 pour le 100e anniversaire de l'entreprise. Cette fois, ils étaient bien contents de l'avoir
!

Est-ce que John a utilisé cette voiture ou ce n'était qu'un caprice de star
?

Je ne sais pas s'il l'a conduite, mais il l'a utilisée avec chauffeur. Il est allé en Espagne pour tourner le film How I Won the War de Richard Lester. En 1967, la voiture comptait déjà 30'000 miles. En 1970, il l'a envoyée aux États-Unis où elle a fini par être entreposée, faute d'acheteur. En 1977, John et Yoko avaient des problèmes avec le fisc américain, alors ils l'ont donnée au Cooper Hewitt-Museum de New York en échange d'un crédit d'impôt de 225'000$. Elle a été mise aux enchères en 1985 et acquise par Jim Pattison de Ripley international, qui l'a présentée à l'expo universelle de Vancouver. Depuis 2005, elle se promène d'un musée à l'autre. Et, chaque fois, je fais le trajet avec elle... en camion! C'est extrêmement délicat. Elle est assurée pour 5 millions, mais elle pourrait facilement être vendue 20 millions...

Combien de fois par an faut-il la faire rouler?

Tous les six mois au moins, pour la garder en état. Les Rolls-Royce sont des voitures très résistantes. Mais il faut les entretenir, sinon elles se détériorent. Quand je la sors, en général, c'est sur un circuit de course automobile. Je roule en piste pendant au moins une heure. Je devrai faire la même chose à Montréal en septembre.

Est-ce qu'elle est aussi cool à l'intérieur qu'à l'extérieur
?

Je sais qu'elle a déjà eu un téléviseur. Paul en avait acheté deux modèles pendant une tournée au Japon. Une des télés s'est retrouvée sur la pochette de Sergeant Pepper's et l'autre dans la Rolls de John. Il avait aussi fait mettre un micro, avec un amplificateur placé sous une aile. On dit qu'il aimait faire des bruits d'animaux quand la voiture circulait dans les rues. La télé et l'ampli ne sont plus là. Ni la radio-téléphone. Mais il reste le lit pliable, le tourne-disques sur ressorts et le lecteur à cassette huit pistes. La première fois que j'ai réparé la voiture, j'ai voulu faire jouer une vieille huit pistes des Beatles. Mais la machine l'a mangée!

Dernière question Jim: avez-vous trouvé des vieux mégots de joint entre les fauteuils
?

Tu rigoles, mais j'ai déjà songé à faire sniffer l'intérieur par un chien de la GRC. Je me demande ce qu'il trouverait!

Interview publiée le 05/32/2013 dans La Presse • Québec 
  
L'exposition: Les Beatles à Montréal