Swiss Beatles Fan Club

6 juin 2013


Dead MaKabés, les Beatles black metal

C’est en regardant une publicité pour l’Eurostar dont les affiches montraient des sosies de Freddie Mercury, Elton John ou des Beatles que le réalisateur et scénariste Martin Le Gall a eu l’idée du film ‹ Pop Redemption ›. «J ’ai surtout été intrigué par les faux Beatles qui avaient l’air un peu pathétiques et je me suis demandé à quoi pouvait ressembler leur vie. » Du rock de papa, l’histoire est passée au hard rock pur et dur.

Tout au long de ce premier long métrage du réalisateur français, une partition mémorielle se compose en souvenir du groupe de Liverpool. Sur la route d’un road-movie déjanté de musiciens en galère, il sème son hommage de clins d’œil appuyés. En fil rouge, des citations de John Lennon, de Paul McCartney, de George Harrison et de Ringo Starr, qui s’incrustent sur l’écran du récit comme des petits cailloux en chemin.

Alex, JP, Pascal et Erik sont quatre copains unis par leur amour du black metal, un type sombre et agressif de hard rock. Ils forment un groupe, les Dead MaKabés, et comptent se produire au Hell Fest, un festival annuel qui réunit les amateurs du genre. Mais le voyage ne se passe pas comme prévu. ‹ Pop Redemption › raconte comment un groupe passe du côté obscur de la force du black métal au versant lumineux du flower power et des bons sentiments.

Le changement de trajectoire musicale conduit à un changement d’état d’esprit. ‹ Pop Redemption › n’est pas un film en vase clos sur des métallos du rock en fusion ; ce n’est pas un précis sur des enfants du rock en conversion de genre : il avance en rocambolesque voyage amical, aussi pittoresque qu’invraisemblable, laissant ces quatre garçons en cavale...

La musique joue en simple fond sonore de cette comédie sur l’amitié, les liens faits et défaits d’une bande de potes. Ils passent à travers champs, au pays des fraises, et le film prend l’air pour atteindre la plénitude zénithale de son message. C’est écrit sur le Combi Volkswagen qu’ils ont volé : ‹ All You Need Is Love ›. Oui, c’est de l’amour dont on a besoin.

La bande rock’n’roll, comme le film, a un bon goût de fraise. On ne hurle pas au génie scénaristique, mais on ne fera pas sa sucrée non plus : ce feel good movie se laisse croquer, avenant et sympa, comédie musicale et champêtre. Et comme si les Fab Four avaient croisé en chemin les filles déjantées d’Absolutely Faboulous, il adopte volontiers des mauvaises manières absurdes et un humour ‹ so british ›. Ce metal ne laisse pas froid.
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En salle dès le 5 juin 2013 
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