Swiss Beatles Fan Club

6 janvier 2014


Julian Lennon : « La photographie est ce qui me rend
le plus heureux, sans aucune hésitation. »

Julian Lennon

Les membres de la formation rock irlandaise U2 enregistraient des démos chez moi en 2010 et m’avaient permis de les prendre en photo. Il faisait chaud, pas loin de l’été : l’un de ceux où l’on a peine à respirer. Je savais que c’était une sacrée opportunité, mais je voulais me faire discret – en tant qu’artiste enregistrant moi-même, je sais combien il peut être agaçant d’avoir quelqu’un installé dans un coin à cliquer à tout bout de champ sur son appareil photo alors qu’on essaie de bosser. Aussi, je passais rapidement, environ toutes les vingt minutes, pour prendre quelques clichés.

Un après-midi, il n’y avait plus personne dans le studio à l’exception de Bono. Je parressais sur le sol et en levant les yeux, j’ai vu Bono avec la photo de mon père en fond. Je me suis dit : « C’est ce que je cherchais. » Et c’est alors que j’ai pris cette photo.

C’est l’une des photos qui a changé ma manière de penser en tant que photographe. C’est un morceau d’histoire à de nombreux égards. Je l’appelle Someone to Look Up To (inspiration ou quelqu’un à admirer). Selon moi, c’est véritablement un titre approprié : Bono est un grand fan de John Lennon, et moi-même je suis fan de ces deux hommes, cela va de soi. Cette photo de mon père a été prise par Astrid Kirchherr à Hambourg, quand il avait environ vingt ans. Il a l’air songeur – il ne le montre pas trop mais son esprit est alerte. Et je pense qu’il en est de même pour ce qui est de l’émotion sur le visage de Bono : elle est presque identique, comme une version plus tard dans le temps de mon père à de nombreux égards. Bono est devenu l’un des meilleurs en ce qu’il fait. Je suis heureux d’avoir pu le saisir dans un tel état de réflexion.

Pour l’heure, la photo et la musique sont des occupations parallèles. J’aime la musique mais peu importe la manière dont je suis interviewé, à chaque fois on en revient à mon père et aux Beatles, ce qui est compréhensible mais un peu frustrant.

Les seuls souvenirs que j’ai de mon père prenant des photos sont ceux où il plaisantait avec des Polaroids, plus drôles que n’importe quoi d’autre. Je suppose que cela m’a inspiré, mais cela n’est devenu sérieux que lorsque j’ai rencontré et travaillé avec [le photographe des célébrités] Timothy White. Ce qui m’enthousiasme dans la photographie c’est que l’on ne sait jamais quelle sorte de projet va vous tomber dessus. C’est toujours un défi et toujours différent, qu’il s’agisse de U2 ou la princesse Charlene de Monaco dix minutes avant son mariage. La photographie est ce qui me rend le plus heureux, sans aucune hésitation.
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