Swiss Beatles Fan Club

8 février 2014


Le 7 février 1964, les Beatles partaient à la conquête de l'Amérique

Trois jours après leur dernière prestation à l'Olympia de Paris, une foule immense est à leurs côtés à l'aéroport londonien d'Heathrow, au moment où ils s'embarquent tôt le matin pour le Nouveau Monde, dans le Boeing 707, vol 101 de la compagnie American World Airways (Pan Am). De l'autre côté de l'Atlantique, c'est encore la foule — estimée à 4'000 fans — qui les attend lorsqu'ils se posent sur le tarmac de l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York, le 7 février 1964.

Les Beatles n'étaient pas les bienvenus en Amérique, et le label américain Capitol, qui avait une option sur les productions du groupe, ne jugea pas utile de publier leurs deux premiers albums, sortis en 1963. Avant les Beatles, aucun artiste britannique populaire dans son pays ne semble en mesure d'exporter son succès aux Etats-Unis. Un exemple des plus marquants est celui de Cliff Richard, dont l'histoire réfrène les ambitions des Beatles et leur fait définitivement considérer le marché américain comme inaccessible. John Lennon témoigne ainsi
: «Cliff y est allé, et il s'est ramassé. Il était tout en bas de l'affiche de Frankie Avalon.» 


C'était compter sans l'énergie et la volonté d'acier de leur manager, Brian Epstein, déterminé à imposer ses poulains dans le monde entier. Le cheval de Troie des ­Beatles pour pénétrer le pays s'intitula ‹ I Want to Hold Your Hand ›, distribué aux derniers jours de 1963 en ­single. Grâce à une campagne marketing agressive et au soutien d'un animateur radio new-yorkais influent, le 45 tours se classa numéro un au hit-parade américain, avec un million de copies vendues. C'est durant leur séjour parisien qu'ils apprennent la bonne nouvelle. C'était l'une des conditions pour qu'ils franchissent l'Atlantique. 

Les Beatles arrivèrent en force avec des scènes d'hystérie

Malgré quelques appréhensions liées à leur séjour, au succès espéré, celles-ci furent rapidement balayées par la réception qu'ils reçurent à l'aéroport JFK qui de mémoire, n'avait jamais vu cela. Les Beatles arrivèrent en force avec des scènes d'hystérie égales à celles qu'ils avaient connues au Royaume-Uni. Sitôt débarqué, le groupe est embarqué dans une conférence de presse, suivie par deux-cents journalistes, qui se déroule dans une ambiance surexcitée, voire chaotique, dans un des salons de l'aéroport. A la question « Pouvez-vous nous chanter quelque chose ? », la réponse de John Lennon : « Non ! L'argent d'abord ! ». Pour sa part, Ringo Starr, lorsqu'on lui demande s'il aime Beethoven, se fend d'un « C'est un grand ! J'aime beaucoup ses poèmes .» Humour décalé, les Beatles ne tardent pas de susciter l'enthousiasme.

Un programme chargé les attend avec trois passages au célèbre Ed Sullivan Show sur la chaîne de télévision CBS, dont le premier le 9 février. Il sera suivi par 73 millions de téléspectateurs (40% de population américaine) et le second par plus de 70 millions de personnes; un concert au Coliseum de Washington; deux au Carnegie Hall de New York. Pendant les quelques jours de vacances, ils travaillent sur la composition de leur futur album
‹ A Hard Day's Night ›. Fort du retentissant succès rencontré pendant leur premier séjour, les Beatles reviendront au mois d'août pendant 1 mois pour une tournée marathon de plus de 30 concerts dont 3 au Canada.

Les quatre musiciens retrouvent l'Angleterre, le 22 février, où 10
'000 fans en folie les accueillent à l'aéroport d'Heathrow. En deux semaines, l’objectif est atteint et les Beatles ont conquis les américains, ils sont les nouveaux rois du Monde ! « Nous savions que l’Amérique ferait de nous des vedettes mondiales ou nous détruirait. En définitive, elle nous a faits ». C’est ce qu’a déclaré Brian Epstein, le manager des Beatles après le succès phénoménal qu’a rencontré le groupe aux Etats-Unis et au Canada en 1964. Une réussite également commerciale dont le chiffre d’affaire des produits dérivés est de plus de 50 millions de dollars. |  |

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Aéroport JFK > Conférence de presse