Swiss Beatles Fan Club

10 février 2014



Le 9 février 1964, les Beatles provoquent un séisme culturel
qui va secouer profondément l'Amérique

Dimanche 9 février 1964, 20 heures. Comme tous les dimanches soir, l'Amérique a rendez-vous dans son salon et devant sa télé avec les stars de la chanson, du cinéma et du music-hall. C'est l'heure du Ed Sullivan Show, diffusé sur la chaîne CBS en direct de New York. La semaine précédente, le duo Sammy Davis Jr./Ella Fitzgerald était l'invité de l'émission de variétés la plus populaire du pays.

Ce soir, l'austère Ed Sullivan a programmé le magicien Fred Kaps, l'imitateur Frank Gorshin et la troupe de la comédie musicale Oliver
!. Surtout, le présentateur est fier d'accueillir ce dimanche le groupe dont le single ‹ I Want to Hold Your Hand › est numéro un des classements du pays. Son nom : The Beatles.

John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ont atterri deux jours plus tôt à l'aéroport JFK, récemment rebaptisé en l'honneur du président défunt. « Ils étaient très heureux de traverser l'Atlantique, se souvient, pour le journal L'Express, le photographe Harry Benson, qui les accompagnait. Il y avait aussi une forme d'appréhension et d'angoisse. Kennedy avait été assassiné trois mois plus tôt et ils craignaient l'acte d'un déséquilibré. Le dimanche de l'enregistrement, je me rappelle la foule à la sortie de leur hôtel. A l'entrée des artistes, Ed Sullivan nous a salués, une perruque de Beatles sur la tête. Forcément, je lui ai tiré le portrait.
 » 6'000 fans se sont aussi déplacés au croisement de Broadway et de la 53e Rue pour accueillir les Anglais. 50'000 personnes ont réclamé des places dans les gradins du Studio 50, qui compte... 728 sièges.

Mesdames et Messieurs, les Beatles
!

A l'antenne, l'animateur mentionne le télégramme de félicitations envoyé par Elvis Presley à l'attention des Beatles. Une page de réclame plus tard, il entame sa mémorable introduction : « Hier et aujourd'hui, notre théâtre a été pris d'assaut par des centaines de journalistes et de photographes venus de tout le pays. Cette ville n'a jamais vu un enthousiasme tel que celui suscité par ces jeunes venus de Liverpool, qui se font appeler les Beatles. Ce soir, ils vont vous divertir deux fois. Maintenant, puis dans la seconde moitié de notre show. Mesdames et Messieurs, les Beatles! Ramen... » 

Les derniers mots sont inaudibles. Les hurlements du public féminin couvrent tout, y compris la musique. Dans une ambiance électrique, de folie, les Beatles jouent ‹ All My Loving ›, ‹ Till There Was You ›, ‹ She Loves You ›, ‹ I Saw Her Standing There › et ‹ I Want to Hold Your Hand ›.

Une légende tenace veut que, pendant leur passage télévisé, aucun crime n'ait été commis à New York. Une chose est sûre : 73 millions de téléspectateurs dans 23
'240'00 millions de foyers soit 40% de la population américaine ont assisté à l'événement. Ce qui représente 86% de tous les téléviseurs allumés à l'heure du direct. Il faut aussi ajouter une grande partie du Canada. Hors retransmissions sportives, ce record d'audience, reste à ce jour, l'un des plus importants de l'histoire de la télévision. Certains médias iront jusqu'à dire que cet événement télévisuel a redonné le moral à l'Amérique encore profondément traumatisée, 77 jours après l'assassinat du Président Kennedy.

L'impact sur la culture américaine est si forte qu'on parlera d'« invasion britan­nique ». Un véritable tremblement de terre culturel. Les Beatles encourageront toute l'Amérique à se pencher sur ses racines musicales, et éveilleront de nombreuses vocations. Dans leur sillage, une flopée de groupes anglais s'engouffreront dans la brèche ouverte par John, Paul, George et Ringo. |  |

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