Swiss Beatles Fan Club

25 novembre 2014


Streaming et YouTube :
John Lennon bientôt supprimé de la plateforme ?

YouTube se lance à son tour sur le marché juteux du streaming musical. En gestation depuis des mois, le projet de créer un service d'écoute en ligne capable de concurrencer Spotify ou Deezer à l'échelle mondiale vient de se concrétiser le 17 novembre dernier. Baptisé « Music Key », le site est actuellement disponible dans six pays : Espagne, Etats-Unis, Finlande, Italie, Irlande, Portugal et Royaume-Uni. Mais l'arrivée d'un nouvel acteur sur ce secteur très concurrentiel fait déjà grincer des dents, dont celles d'Irving Azoff.

« Les droits des artistes sont bafoués »

Une fois encore, c'est la faible rémunération des artistes qui est pointée du doigt. Un débat qui fait rage ces derniers jours suite à la décision prise par Taylor Swift de retirer l'intégralité de sa discographie des platesformes Spotify et Deezer. Irving Azoff possède autant de poids, si ce n'est plus, que la popstar américaine dans l'industrie du disque. Le patron de Global Music Rights (GMR), qui vise à protéger les droits des auteurs et des compositeurs, estime que la croissance du streaming marché et, in extenso, l'évolution des modes de consommation de la musique, doit s'accompagner d'une revalorisation des royalties reversés aux artistes. « La façon dont les fans écoutent les chansons de leurs artistes favoris évolue chaque jour. Le bafouement des droits des auteurs dans le secteur digital ne doit plus être toléré. », dénonce-t-il, en insistant plus particulièrement sur les droits des compositeurs - souvent oubliés dans l'équation.

Dans un nouveau rapport rendu public il y a quelques jours, l'ADAMI (Société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes) s'est insurgé contre le partage inégal des ressources issues du secteur. Sur un abonnement standard de 9,99 euros par mois payé par un internaute, les artistes ne touchent que 0,46 euro (à se répartir entre tous les artistes écoutés) alors que 6,54 euros vont aux intermédiaires, les producteurs et les plateformes. Le reste est partagé entre le droit d'auteur (1 euro) et la TVA (1,99 euro), selon l'étude menée, qui corrobore les propos tenus par l'agent artistique. Selon Irving Azoff, l'arrivée de Music Key ne fera que renforcer cette injustice. L'homme entend donc mener des négociations musclées pour faire falloir son point de vue, et pour cela, menace de retirer de toutes les platesformes de Google les catalogues de 42 artistes, dont ceux de The Eagles, Van Halen, Pharrell Williams et... John Lennon. Au total, 20 ' 000 morceaux pourraient être retirés de YouTube. Affaire à suivre ! |  |