Swiss Beatles Fan Club

11 décembre 2014


A Hard Day’s Night : le premier film des Beatles en version restaurée


Le cinéma a contribué au succès des Beatles. Il a constitué un moyen efficace de diffusion de l’image des quatre de Liverpool. Le film A Hard Day’s Night s’inscrit dans un climat particulier, celui de la Beatlemania (1964). Richard Lester, cinéaste iconoclaste auteur alors de deux films, apporte à la production son goût pour l’absurde (le nonsense anglais), l’onirisme, l’éclatement de l’action, du rythme, des sons et son refus des adultes grincheux, hypocrites et pontifiants ; bref, il prône un cinéma de l’irrévérence et de l’insouciance. De leur côté, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr, revendiquent un naturel qui s’exprime dans leur musique : jeunesse et énergie du rock’n’roll, esprit potache, désinvolte et fantaisiste. La rencontre entre Lester et les Beatles ne pouvait que déboucher sur la réussite d’une comédie musicale d’un nouveau genre, à l'originalité débridée.

Nouvelle Vague

Pourtant, A Hard Day’s Night est loin d’être une simple publicité pour une marque en pleine ascension. Pour se documenter, Richard Lester avait passé avec les Beatles quelques jours à Paris, où ils se produisaient à l’Olympia. Le cinéaste avait découvert la pression que les fans exerçaient sur le groupe, la sensation d’enfermement qui était celle des quatre garçons passés en quelques mois des caves de Hambourg aux plus grandes salles de spectacle du monde occidental. Le film est une fugue qui voit les stars tenter de garder une longueur d’avance sur leurs poursuivants, dans l’espoir sans cesse frustré de garder un peu de la liberté et du désir qui les a conduits à devenir musiciens. Ce paradoxe est mis en scène avec justement beaucoup de liberté et de désir. Avec son directeur de la photo Gilbert Taylor (qui vient de travailler avec Stanley Kubrick sur Docteur Folamour), Lester applique les leçons de la Nouvelle Vague, utilisant des décors naturels, n’hésitant pas à jouer avec la lumière (contre-jours, surexpositions) pour mettre la mise en scène au diapason de la musique. Qui est très bien, vraiment.

Il ne faut pas oublier, aujourd’hui, que le succès des Beatles a représenté un mouvement populaire qui remettait en cause les valeurs traditionnelles chères aux Anglais des années soixante et opérait, du moins chez les jeunes, un certain brassage social. « Les personnes des places bon marché, tapez dans vos mains ! Les autres, contentez–vous de secouer vos bijoux... » ironisait John Lennon, en une apostrophe restée célèbre, lors d’un concert de gala en présence de la famille royale. C’est ainsi que, d’emblée, le film ridiculise le lord-maire de Liverpool, puis, plus tard, l’ambassadeur des États-Unis. Les institutions officielles connaissent le même sort (davantage encore dans Help !, leur film suivant paru en 1965).

Restauration

La société Janus Film a racheté les droits du film (à l’origine détenu par Miramax) et s’est tourné vers Criterion pour produire une version anniversaire en DVD et Blu-ray, éditée le 10 décembre, qui sera aussi projetée en salles de cinéma. A Hard Day’s Night a été restauré numériquement en haute résolution à partir des négatifs originaux ; le travail a été approuvé par le réalisateur du film, Richard Lester. Aux célèbres studios londoniens d'Abbey Road, la bande sonore a été remasterisée avec de petites retouches par Giles Martin (la fidélité du son de l'époque est préservée). Il a également réalisé le mixage en 5.1. Son père Sir George Martin, producteur et arrangeur des Beatles, a été nominé aux Oscars pour la musique du film. Doté d'un budget de 500 000 dollars, la parution cinématographique, le 6 juillet au Royaume-Uni et le 11 août 1964 aux États-Unis, a été un succès avec une recette de 12 millions de dollars, un an après sa diffusion.

Bonus

Nouveau master restauré 4K. > Nouveau mixage sonore 5.1. > A Hard Day's Night par les Beatles : interview du groupe durant la promotion du film. > Making of : l'équipe du film raconte le tournage pour les 30 ans du film, avec une performance inédite des Beatles. > Souvenirs de tournage : documentaire sur l'histoire du film et son succès (2002). > Les Beatles : des débuts à A Hard Day's Night : l'ascension des Beatles, de 1958 à 1964, par Mark Lewisohn, historien spécialiste du groupe. > Anatomie d'un style : analyse du langage filmique du film par Bobbie O'Steen (scénariste) et Suzana Peric (monteuse musicale). > Picturewise : retour en images sur la carrière de Richard Lester avec un entretien audio du réalisateur (2014). > Bande-annonce 2014 > Audio : Anglais (DTS 5.1), Anglais (DTS-HD 2.0), Français (DTS 5.1) > Sous-titres : Français. ||

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