Swiss Beatles Fan Club

4 décembre 2014


Bobby Keys, le saxophoniste des Rolling Stones, est décédé.
Plusieurs collaborations avec les Beatles.

Pour les amateurs de rock et dans l’histoire du genre, il restera comme « le » saxophoniste américain des Rolling Stones, avec lesquels il collabora régulièrement à partir de la fin des années 1960 jusqu’aux derniers concerts de la partie européenne de leur tournée « 14 on Fire », en juillet 2014. Bobby Keys est mort, mardi 2 décembre, à son domicile à Franklin (Tennessee), à l’âge de 70 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué.

Né le 18 décembre 1943, à Hurlwood et élevé à Slaton, deux banlieues de Lubbock (Texas), Robert Henry Keys, fils d’un militaire dans l’armée de l’air, apprend la musique sur le tas au sein de l’orchestre qui accompagne l’équipe de football du lycée. On lui attribue un saxophone baryton, instrument qu’il continuera de pratiquer à l’occasion, alors qu’il passera vite au ténor, avec lequel il produit une sonorité rauque, avec du grain. Il rejoint des formations locales, se perfectionne à l’écoute des musiciens de rhythm’n’blues de passage, avant de jouer dans le groupe qui accompagne le chanteur Bobby Vee au début des années 1960.

Quarante-cinq ans dans l'ombre des Rolling Stones
 
A partir du milieu des années 1960, il gagne sa vie comme musicien de studio. C’est à l’occasion de séances pour l’album The Original Delaney & Bonnie & Friends (1969) de Delaney et Bonnie Bramlett à Los Angeles, qu’il est sollicité par les Stones, qui sont dans les parages en répétitions. Il posera une partie soliste sur la chanson Live With Me. Elle fera partie de l’album Let It Bleed (1969) et marque le début d’une collaboration quasi ininterrompue de quarante-cinq ans. Avec le trompettiste Jim Price, Bobby Keys fait partie de la section de vents qui accompagne les Stones en tournée au début des années 1970 – dont le fameux STP Tour (Stones Tour Party), nom officieux du parcours d’une cinquantaine de concerts aux Etats-Unis à l’été 1972, marqué par une consommation de drogues en tous genres, de filles, d’alcool et de destructions variées.

Dans les années 1970, outre son avènement auprès des Stones – interrompu entre 1975 et 1978, au prétexte cocasse, vu l’état du groupe alors, que sa dépendance à l’héroïne le rend peu fiable –, il est présent sur plusieurs albums réputés. Avec Joe Cocker et Leon Russell pour Mad Dogs and Englismen (1970). Sur les publications d'Harry Nilsson : Nilsson Schmilsson (1971), Son of Schmilsson (1972) et Pussy Cats (1974) produit par John Lennon. Cosmic Wheels, de Donovan. Bien que mieux connu en tant que musicien de session, Bobby Keys a sorti deux albums dans les 1970 : un instrumental éponyme réunissant Ringo Starr, George Harrison, Eric Clapton et Jack Bruce en 1972, puis Gimme the Key (1975) sur le label de Ringo Starr O ' Records Bague.

Plusieurs collaborations avec les Beatles

Le musicien a plus d'une fois joué avec les membre des Beatles après leur séparation. On le retrouve notamment sur l'emblématique triple album All Things Must Pass (1970), de George Harrison. Plusieurs collaborations avec John Lennon, d'abord en single sur Power to the People (1971), puis sur les albums Some Time in New York City (1972), Walls and Bridges (1974), et Rock 'n' Roll (1975). Paru en album pirate sous le nom de A Toot and a Snore in '74, Bobby Keys participera entre autres avec John Lennon, Paul McCartney et Stevie Wonder, dans une jam session impromptue et débridée, qui n'aura qu'un seul mérite, d'avoir réuni musicalement les deux ex-Beatles pour la dernière fois. Il sera aussi le compagnon de débauche et de perdition de John Lennon (séparé de Yoko Ono), aux côtés de Harry Nilsson, lors de son fameux « Lost Weekend ».

A partir de 1980, Bobby Keys ne quittera plus les Rolling Stones avec lesquels il concentre l’essentiel de son activité, sur disque et sur scène. Chaque soir, il rejoue, quasi notes pour notes, sa partie sur Brown Sugar. Et lorsqu’il s’éloigne de ces prestigieux employeurs, c’est essentiellement pour accompagner Keith Richards dans sa carrière parallèle solo ou l’autre guitariste des Stones depuis 1975, Ron Wood. Il officie aussi, à la fin des années 1980, comme directeur musical du Woody’s on the Beach, un club de Miami dont Ron Wood sera le propriétaire durant quelques années. Il avait aussi monté un groupe à l’activité ponctuelle, Bobby Keys and the Suffering Bastards. En janvier 2012, son autobiographie Every Night’s A Saturday Night (« Chaque nuit est un samedi soir ») avait été publiée par Counterpoint aux Etats-Unis. |  |

Discographie