Swiss Beatles Fan Club

8 janvier 2015


Prise de position de Swiss Beatles Fan Club :
solidarité avec les victimes de l'attentat terroriste contre Charlie Hebdo

Liberté d'expression

Swiss Beatles Fan Club s’associe à la solidarité des nations et des peuples en témoignage aux victimes de l’attentat terroriste, du 7 janvier 2015, contre la rédaction du journal français de Charlie Hebdo. Nous ne pouvions rester dans le silence car à travers notre plateforme, nous avons toujours relaté les différentes campagnes soutenues par les membres de la famille Beatles. Des causes multiples dont les principes fondamentaux de la démocratie et la liberté d’expression. Le 15 décembre 1969, John Lennon et Yoko Ono lancèrent une campagne d'affichage en faveur de la paix au Viêt Nam en guise de vœux de Noël. Douze villes américaines et onze capitales du monde voient leurs murs ornés du slogan « War is over ! If you want it » (La guerre est finie ! Si vous le voulez). Swiss Beatles Fan Club a pris l'option de nous inspirer graphiquement de cette revendication pacifique pour illustrer notre publication.

En quête de liberté

Après avoir été tenus par une réserve, voir au silence comme beaucoup d'artistes de cette époque, John Lennon et George Harrison ont manifesté leur désir de pouvoir s’exprimer contre la guerre du Viêt Nam. Ce fut le cas, notamment le 22 août 1966, lors d’une conférence de presse à la veille d’un concert des Beatles, à New York. En 1968, Paul McCartney évoque la militante afro-américaine Angela Davis comme étant la personne à laquelle il pensait en composant sa chanson Blackbird parue sur le White Album. Les paroles s'inspirent du combat des Noirs américains pour leurs droits civiques en Amérique.

Les Beatles ont inspiré positivement des générations, mais aussi des peuples à travers leur quête de liberté comme la Russie où la musique du groupe de Liverpool fut censurée et toute personne en possession d'un album était passible de prison. Après son assassinat, le 8 décembre 1980, John Lennon est devenu un héros pacifiste pour beaucoup de jeunes tchèques. Le mur Lennon est devenu une orientation politique pour les jeunes de Prague (la plupart des musiques pop occidentales ont été interdites par les communistes, et des musiciens tchèques ont même été emprisonnés pour les avoir jouées). Dans l'année 2014, des messages de soutien aux protestataires de Hong Kong qui se battent en faveur de l'instauration de la démocratie y avaient été inscrits et un autre mur en l'honneur de l'auteur-compositeur-interprète derrière les succès Give Peace a Chance, Come Together et Imagine a fait son apparition dans cette région administrative chinoise.

Plus populaire que Jésus


Une interview de John Lennon intitulée « Comment vit un Beatle ? » par la journaliste Maureen Cleave, une proche du groupe, paraît dans le London Evening Standard du 4 mars 1966. Les Beatles sont alors au sommet de leur popularité mondiale, et il déclare : « Le christianisme disparaîtra. Il s'évaporera, décroîtra. Je n'ai pas à discuter là-dessus. J'ai raison, il sera prouvé que j'ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus, désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, le rock 'n' roll ou le christianisme […]. » Ce qui passe complètement inaperçu au Royaume-Uni - et même ailleurs dans un premier temps - finit par devenir un véritable scandale, quelques mois plus tard, aux Etats-Unis, dès lors que ces propos sont repris, amplifiés et déformés sur une station de radio de l'Alabama ; il y est suggéré que les disques des Beatles soient brûlés, en représailles de ces paroles jugées blasphématoires. La « Bible Belt » américaine ne tarde pas à mettre ces propos en application. Ils reçoivent des menaces du Ku Klux Klan et craignent réellement pour leur sécurité, alors qu'ils se produisent dans des stades dans des conditions qui restent détestables. 

Paul McCartney tente bien de tourner l'affaire en dérision, en déclarant « Il faut bien qu'ils les achètent avant de les brûler ! », mais le mal est fait, et le malaise profond. Ainsi, à l'aube de leur ultime tournée, le 11 août 1966 à Chicago, John Lennon est obligé de se justifier devant les médias américains : « Si j'avais dit que la télévision était plus populaire que Jésus, j'aurais pu m'en tirer sans dommage […] Je suis désolé de l'avoir ouverte. Je ne suis pas anti-Dieu, anti-Christ ou antireligion. Je n'étais pas en train de taper dessus ou de la déprécier. J'exposais juste un fait, et c'est plus vrai pour l'Angleterre qu'ici [aux Etats-Unis]. Je ne dis pas que nous sommes meilleurs, ou plus grands, je ne nous compare pas à Jésus-Christ en tant que personne, ou à Dieu en tant qu'entité ou quoi qu'il soit. J'ai juste dit ce que j'ai dit et j'ai eu tort. Ou cela a été pris à tort. Et maintenant, il y a tout ça… » 

Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir
 

Le 29 août 1966, au terme du concert au Candlestick Park de San Francisco, les Beatles décident d’arrêter les tournées. Cette rupture avec la scène musicale ouvrira l’époque de la production d’albums majeurs en studio. Avec la chanson Revolution, John Lennon amorce ainsi son engagement politique. D’autres titres en solo découleront de son action pour la paix, comme Give Peace a Chance et Power to the People. Les paroles d'Imagine ont été inspirées à Lennon, par l'espoir d'un monde en paix, sans aucune cause pour laquelle  de quoi tuer ou mourir, dont il dira lui-même : « Ce n'est pas un nouveau message : avec Give Peace a Chance, nous ne sommes pas déraisonnables, nous disons juste « donnez une chance à la paix ». Avec Imagine, nous disons « Pouvez-vous imaginer un monde sans pays ou religions ? » C'est le même message, encore et encore. Et c'est positif ». Lennon commenta aussi que la chanson était « antireligieuse, antinationaliste, antinorme et anticapitaliste, mais qu'elle était acceptée parce qu'elle était enrobée de sucre ».

Au lit pour la paix

Les Bed-ins for Peace (« Au lit pour la paix ») sont les deux événements médiatiques tenus par John Lennon et Yoko Ono, à Amsterdam et à Montréal au printemps 1969. En pleine guerre du Viêt Nam, ils profitent de l'exposition de leur mariage pour protester contre les guerres et font ainsi la promotion de la paix en recevant au pied du lit les caméras du monde entier.

Dans son premier album post-séparation des Beatles, John Lennon / Plastic Ono Band (1970), le titre Working Class Hero exprime de plus en plus un ressentiment de son auteur vis-à-vis des « religions » qui manipulent les masses. La chanson God revient sur un constat polémique (« Dieu est un concept par lequel nous mesurons notre douleur ») pour terminer sur une liste de personnages emblématiques qui ont marqué l’Histoire dont une énumération de dieux issus de diverses religieux dont il ne croit plus. Avant de conclure qu’il ne croit « qu’en Yoko et lui ». Il referme finalement le journal des années 1960 en déclarant que « le rêve est terminé » (« The dream is over »). Le 31 août 1971, le couple Lennon part s'installer à New York.

Censure et pression


Par ses prises de position, John Lennon subira les foudres de l'administration Nixon qui n'hésitera pas à exercer différentes pressions pour le faire taire. Le 16 mars 1972, l'ex-Beatles reçoit son ordre d'expulsion du territoire américain. Toutefois, il parvient à rester grâce à son avocat Leon Wildes et au soutien de nombreuses personnalités, via une pétition signée entre autres par Bob Dylan, Fred Astaire et même John Lindsay, alors maire de New York. Après plusieurs tentatives de renvoi, il reçoit finalement sa carte de résident permanent en juillet 1976. 

L’album Some Time in New York City (1972) marque l’apogée de l’engagement de John Lennon et Yoko Ono. Toutes les chansons traitent d'un problème de société, qu'il s'agisse de la condition des femmes, du traitement des prisonniers aux Etats-Unis ou encore du conflit nord-irlandais. Lorsque l'album sort, il subit plusieurs fois la censure, qu'il s'agisse de celle de son single, Woman Is the Nigger of the World, ou de sa pochette sur laquelle Nixon danse nu avec Mao Zedong. Les critiques, particulièrement en Amérique, n'apprécient pas non plus le ton trop engagé de l'album, et la présence de Yoko Ono empire souvent leur vision négative de l'album. L'échec commercial pousse Lennon à cesser d'écrire des chansons trop politisées. 

Les « U.S.A. contre John Lennon » (The U.S. vs. John Lennon) est un film documentaire américain réalisé par David Leaf et John Scheinfeld en 2006, qui raconte l’histoire du musicien anglais et son évolution entre le groupe des Beatles jusqu’à son activisme pacifique durant les années 1960 et 1970. La réalisation retrace en particulier les pressions faites par les Etats-Unis pour le réduire au silence durant la présidence de Richard Nixon. Le film est sorti en Grande-Bretagne le jour du 26e anniversaire de l’assassinat de John Lennon.

Pussy Riot 

Le groupe Pussy Riot, fondé en 2011, organisait à Moscou des performances artistiques non autorisées pour promouvoir les droits des femmes en Russie. Le collectif s’opposa aussi à la campagne du Premier ministre Vladimir Poutine en vue de l’élection présidentielle. A la suite d'une exhibition jugée profanatoire (« prière punk ») dans une église orthodoxe, trois membres des Pussy Riot sont condamnées, le 17 août 2012, à deux ans d'emprisonnement en camp de travail pour vandalisme et incitation à la haine religieuse. Le 22 mai 2013, Paul McCartney écrit à Vladimir Poutine afin de lui demander de libérer les détenues. Le 22 juillet avec Yoko Ono, il se joint à la liste de 100 personnalités dans une pétition d'Amnesty International. Ekaterina Samoutsevitch est libérée en septembre 2012. Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina retrouvent la liberté en décembre 2013.