Swiss Beatles Fan Club

14 janvier 2015


Huit chansons des Beatles dans des productions cinématographiques

Cinquante ans après la Beatlemania, l'influence des Beatles est toujours présente dans la musique et le cinéma. La comédie A Hard Day's Night ressort justement dans les salles. Le 7e art a contribué au succès des « Fab Four » de Liverpool. Il a constitué un moyen efficace de promotion et de diffusion de leur image. Mais, en dehors des réalisations consacrées à leur histoire, certains films ont parfaitement su utiliser leurs chansons... |  |

Il était une fois en Amérique

Yesterday Album : Help ! 1965
Synopsis

Morceau phare des Beatles, Yesterday a également été utilisé dans le classique de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique (1984) pour établir, en moins d'une minute, la délicate et douloureuse jonction entre deux époques.

Au début de la scène, nous sommes en 1933. Noodles, l'antihéros tragique composé par Robert de Niro, se trouve à la gare de New York. Il a tout perdu, il est poursuivi et cherche à fuir. Au guichet, il demande un aller-simple et accepte une destination au hasard : Buffalo. L'un des thèmes musicaux composé par Ennio Morricone retentit alors que Noodles s'attarde à l'entrée des voies où le mur est peint aux couleurs de Coney Island.

Une minute plus tard, nous entendons Yesterday dans une version instrumentale et découvrons brutalement que plusieurs décennies ont passé : Noodles apparaît sous nos yeux, vieilli, le visage fermé. Le décor est le même sauf que la fresque murale franchi une minute auparavant est beaucoup plus « peace and love ». Avec Yesterday, c'est toute la douleur de ce temps qui a passé qui s'exprime en quelques secondes seulement, faisant de cette scène un moment particulièrement marquant, qu'on ait déjà vu ou non le film (dans les deux cas, son impact est différent). Il était une fois en Amérique s'apprête à ce moment-là à regarder les évènements d'hier, ceux qui ont amené Noodles jusque-là, 35 ans plus tôt.


Bowling for Columbine 

Happiness Is a Warm Gun Album blanc 1968
Synopsis 

Récompensé en 2002 par le Prix du 55e anniversaire du Festival de Cannes de 2002, l'Oscar du meilleur film documentaire et le César du meilleur film étranger, Bowling for Columbine a marqué les esprits. Dans son troisième film, aussi encensé que critiqué, Michael Moore dénonce la culture des armes aux Etats-Unis en partant du massacre survenu au lycée de Columbine en 1999. Entrecoupé d'interviews et de narrations, la réalisation comporte également deux séquences de montage en musique. La première survient après 20 minutes et déploie la chanson de John Lennon, Happiness Is a Warm Gun, dont le titre lui avait été inspiré par la couverture d'un magazine sur les armes à feu.

Pendant plusieurs minutes, on voit alors à l'écran plusieurs scènes qui célèbrent les armes, qui les ramènent à un quotidien ou qui montrent la violence brute qui les accompagnent, que ce soient par l'intermédiaire d'une vente d'arme, de scènes de tir, d'assassinats dont celui de Maritza Martin, tuée en pleine interview par son ex-mari ou des suicides en direct à la télévision de l'homme politique Budd Dwyer et de Daniel V. Jones, un homme souffrant du sida mais également d'un cancer.


Yes Man 

Can't Buy Me Love Album : A Hard Day's Night 1964
Synopsis

Dans Yes Man (2008), la musique joue un rôle très important. Alors que le héros incarné par Jim Carrey a déjà entamé sa route vers le « oui », il pénètre par effraction la sécurité du Hoollywood Bowl de Los Angeles en compagnie de sa dulcinée, Zooey Deschanel. Dans ce lieu mythique où les Beatles se sont produits à plusieurs reprises, le voilà qui entame Can't Buy Me Love a capella, accompagné par Deschanel. Une version très courte mais interprétée magistralement par Carrey dont la joie et l'enthousiasme transpirent à l'écran.

The Social Network 

Baby, You're a Rich Man Album : Magical Mystery Tour 1967
Synopsis

Après deux heures de grand cinéma, David Fincher offre la meilleure fin et la meilleure chanson possible à The Social Network (2010) : Baby, You're a Rich Man des Beatles. Alors que Mark Zuckerberg a conquis le monde avec son Facebook, éliminé ses ennemis et qu’il est devenu l’un des hommes les plus riches du monde, il se retrouve à rafraichir la page Facebook de son ancienne petite amie, inlassablement, de manière compulsive, pour voir si elle l’accepte en «ami». Alors qu’est-ce que ça fait d’avoir gagné la mise ? Et maintenant ? « How does it feel to be - One of the beautiful people ? - Now that you know who you are - What do you want to be ? (…) - Baby you're a rich man »

La Famille Tenenbaum 

Hey Jude Single 1968
Synopsis

Wes Anderson aime les histoires qui commencent comme on commence un livre. C'est ainsi qu'il choisit de démarrer La Famille Tenenbaum (2001) sur un livre qui s'ouvre et qui va nous être lu par un narrateur facétieux (alias Alec Baldwin). En moins de sept minutes, l'enfance des trois petits Tenenbaum, Chas le génie de la finance, Margot la prodige littéraire et Richie l'as du tennis, va nous être contée. Un prologue de moins de sept minutes durant lequel la version revisitée de Hey Jude par la Mutato Muzika va se faire entendre tout du long et où l'enfance des trois génies va passer des sommets de la réussite à l'annonce de leur futur échec... Du pur Wes Anderson !

La folle journée de Ferris Bueller 

Twist and Shout Ecrit par Phil Medley et Bert Berns 1961
Album : Please Please Me 1963
Synopsis

Véritable classique de la comédie américaine des années 80, La folle journée de Ferris Bueller (1986) a accordé une place essentielle à la version de Twist and Shout chantée par les Beatles (version enregistrée après celles des Top Notes et des Isley Brothers). Au cours de sa folle journée de sèche intégrale, Ferris (interprété par Matthew Broderick) atterrit à la Parade de Von Steuben et finit debout sur un char à mimer les chansons qui passent lors de la fête. C'est alors qu'au son de Twist and Shout, la magie opère et toute la foule chante et danse au rythme de la chanson de Ferris. Et voilà que durant plus de deux minutes, tout Chicago est en totale osmose musicale !

Avec cette scène, le réalisateur John Hughes a non seulement rendu hommage à sa chère ville de Chicago mais aussi aux Beatles dont il était fan. Et sa mission a été plus que remplie puisque grâce au film - et à Back to School sorti la même semaine et qui utilisait la version des Isley Brothers - le titre des Beatles est immédiatement réapparu dans les charts américains !


Pleasantville 

Across the Universe Album collaboratif : No One's Gonna Change Our World 1969
Album : Let It Be 1970
Synopsis

C'est à la toute fin de Pleasantville (1998) que l'on peut entendre Across the Universe. Mais, ici la version originale des Beatles laisse sa place à une magnifique version signée spécialement pour le film par Fiona Apple. Interprété par Tobey Maguire, David a retrouvé son monde et gagné en maturité. Alors que sa mère réalise qu'il est devenu un homme, la version de Fiona Apple prend le pas et nous ramène dans la petite ville de Pleasantville où tout est désormais coloré et où chaque personnage n'évolue plus dans une existence figée mais pleine d'émotion... Fiona Apple a également tourné un clip d'Across the Universe, réalisé dans le restaurant de Pleasantville par Paul Thomas Anderson, son compagnon de l'époque.

Il était une fois le Bronx 

Come Together Album : Abbey Road 1969
Synopsis

On ne rigole pas avec Sonny. Dans Il était une fois le Bronx (1993), premier film réalisé par Robert de Niro, ce gangster interprété par Chazz Palminteri incarne la classe mais aussi l'incontrôlable. Sonny en jette et est autant admiré que craint. Alors, quand il se rend à son bar préféré, sa « cool attitude » s'accompagne d'un morceau de circonstance, Come Together, dont les premières notes retentissent alors que Sonny remarquent que des motos sont garées devant. Et ça, c'est inhabituel. Sonny le prend avec philosophie jusqu'à ce que les bikers attablés à l'intérieur, complètement inconscients, manquent de respect à l'établissement et au barman. Erreur fatale. C'est toute la fierté de Sonny qui est ébranlée : les chiens sont lâchés. Le titre écrit par John Lennon s'accélère alors au rythme de la bagarre, avant d'être arrêté net au profit d'un autre morceau lorsqu'un biker atterrit brutalement sur le jukebox.