Swiss Beatles Fan Club

1 février 2015


Le film A Hard Day’s Night des Beatles 
révèle Ringo Starr comme acteur de la Nouvelle Vague


Le 10 décembre 2014, en parallèle de son arrivée en Blu-ray remasterisé et remixé, la société française de distribution Carlotta ressortait en salles A Hard Day’s Night (Quatre garçons dans le vent lors de sa sortie en France en 1964). Premier film évènement des Beatles il est devenu un petit classique au niveau du film musical pop ou rock. C’est aussi la révélation de Richard Lester, cinéaste singulier qui reste toujours peu étudié, figure inclassable d’américain anticonformiste installé en Grande-Bretagne.

Mais la signification du film porte bien au-delà de son acte fondateur : les premiers pas cinématographiques des Beatles. A la fois cinéma vérité et cinéma distancié, A Hard Day's Night met en scène une journée et demie dans la vie du groupe anglais alors que ses musiciens, John, Paul, George et Ringo sont attendus à Londres pour jouer dans une émission de radio. On est alors en pleine « beatlemania », ce phénomène culturel d'une ampleur jamais constatée, auquel seuls Charlot et Mickey Mouse pourraient être comparés.

Ringo Starr est l'homme qui parvient à donner un visage aux Beatles sur grand écran, dans A Hard Day's Night mais aussi, plus tard, dans Help !, du même Richard Lester. C'est sur lui que se concentrent les plus impressionnants gros plans du film. C'est toujours Ringo qui énonce ses célèbres néologismes, jeux de mots et jeux sur la langue, qui définissent son emploi de clown à défaut d'asseoir son statut de musicien. Le batteur fait sortir les Beatles des salles de concert, radios et magasins de disques pour les imposer sur les écrans de la planète.

Le cerveau derrière A Hard Day's Night s'appelle George Ornstein, un producteur qui avait orchestré les sorties anglaises et américaines des premiers James Bond et avait compris que la Grande-Bretagne, après avoir perdu son empire, pouvait encore promouvoir un art de vivre. Lorsque A Hard Day's Night entre en production en mars 1964, juste après la tournée américaine triomphale du groupe, il s'agit de vendre le phénomène. Rien à voir avec la carrière parfois sirupeuse d'Elvis Presley, qui jouait, au gré des circonstances, un Indien ou un rockeur dans une prison 5-étoiles. Le premier film des Beatles est conçu sur mesure.

Il est frappant d'observer, avec le recul, comment Ringo Starr s'impose en acteur de la Nouvelle Vague. A l'image des personnages incarnés par Belmondo dans A bout de souffle et Aznavour dans Tirez sur le pianiste, le batteur vit dans un film. Jamais dans la vie. Sentiment renforcé par les moniteurs, écrans et caméras omniprésents dans la réalisation de Lester. Même le nom Ringo Starr participe de cette mise en scène et semble prédestiné au cinéma. ||

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