Swiss Beatles Fan Club

31 mars 2015


Danny Collins, la lettre d'amour à John Lennon

Danny Collins, réalisé par Dan Fogelman (Un amour fou), raconte ce qui se produit quand une vedette du rock vieillissante trouve, 40 ans plus tard, une lettre que lui a envoyée John Lennon. « Le film est, d'une certaine manière, basé sur une histoire vraie », a dit en riant Dan Fogelman lors de la conférence de presse de présentation de son film qui s'est tenue récemment à Los Angeles. Car la genèse de ce long métrage est tout à fait particulière. Danny Collins est né alors que l'auteur de Un amour fou était devant l'écran blanc de son ordinateur en train d'essayer d'écrire son prochain film. « Le point de départ du long métrage est totalement véridique. [...] Je suis tombé sur l'une de ces nouvelles bizarres, de celles avec un titre super accrocheur qu'on s'empresse de lire. C'était quelque chose du genre < Un chanteur reçoit une lettre de John Lennon 40 années trop tard >. J'en ai immédiatement acheté les droits et j'ai écrit le scénario en une semaine. »

En 1971, John Lennon avait bien écrit une lettre manuscrite à l’un de ses fans, un jeune chanteur de folk britannique de 21 ans, Steve Tilston qui craignait que la gloire soit nocive pour le sens artistique et l’inspiration. L’ex-membre des Beatles avait par sa missive voulu le rassurer. Ce message écrit s’est, par la suite, perdu et Steve Tilston ne le recevra finalement qu’en 2005 après avoir été contacté par un collectionneur. Par contre, sous la plume de Dan Fogelman, le héros s'est transformé en Danny Collins, chanteur de rock sur le retour dont le succès est toujours en tête des palmarès et qui vit avec une jeune femme (Katarina Cas) de plusieurs décennies sa cadette.

Frank Grubman (Christopher Plummer), le gérant de cette vedette mondialement connue, arrive un jour avec une lettre écrite par John Lennon, l'idole de Danny, envoyée 40 ans plus tôt et « perdue » dans les affaires d'un journaliste peu scrupuleux et d'un collectionneur. La missive est une injonction à Danny de rester fidèle à lui-même et est assortie d'une invitation à appeler l'ex-Beatles pour discuter. Du coup, ce message a l'effet d'un électrochoc sur Danny, qui décide de traverser le pays pour finalement faire la connaissance de Tom (Bobby Cannavale), le fils qu'il a eu avec une groupie.
 
« Oui, j'ai vraiment écrit le scénario en pensant à Al, de préciser le cinéaste. Et, en plus, je l'ai écrit en intégrant toutes ces chansons de John Lennon, sans jamais penser au fait qu'il serait impossible [en raison du montant des droits d'auteur] de les utiliser. Quand on réalise un film, au moment du montage, on utilise n'importe quelles pièces musicales puisqu'on est seul devant la table de montage et qu'on ne montre le film qu'à sa femme et à des amis. On essaye, par contre, de ne pas trop le faire afin de ne pas s'attacher à des chansons qu'on n'a aucune chance de pouvoir utiliser. »

« Pourtant, c'est ce que j'ai fait en incluant 11 chansons de John Lennon ! [...] J'imagine que Yoko a compris, en voyant le film, qu'il s'agissait d'une lettre d'amour à John. [...] Elle a travaillé avec nous et j'ai finalement reçu un appel me disant que je pouvais utiliser toutes les pièces, ce que je n'aurais jamais imaginé ! », de raconter Dan Fogelman.

Al Pacino - qui a déjà croisé John Lennon -, quant à lui, n'a pas pu refuser le rôle de Danny Collins, personnage qu'il définit comme un « survivant » et qui lui ressemble parfois à s'y méprendre. « Je crois qu'il y a des moments dans la vie où l'on est prêt à entendre certains messages, qu'il s'agisse de rencontres ou, dans ce cas-ci, d'une lettre, et qui poussent au changement, a confié l'acteur. C'est l'idée d'incarner un personnage de mon âge qui m'a séduit. J'essaye, autant que faire se peut, de choisir des rôles qui vont, soit être des miroirs de certains aspects de ma vie, soit décrire des choses auxquelles je peux m'identifier. Je comprends ce rôle, mais ne l'aurais pas joué il y a 10 ans. J'étais prêt, mentalement et physiquement, à le faire. » |  |