Swiss Beatles Fan Club

21 avril 2015


Ringo Starr entre au Rock and Roll Hall of Fame

Il aura fallu attendre 2015 pour voir enfin une des plus grandes stars de la musique entrer dans le Rock and Roll Hall of Fame. Probablement pas le plus emblématique membre des Beatles, mais tout de même. Ringo Starr, 74 ans, a été intronisé le samedi 18 avril par Sir Paul McCartney, un de ses acolytes au sein du plus célèbre groupe au monde. Il était le seul Beatle à ne pas avoir son nom inscrit à la prestigieuse institution de la musique. C’est désormais chose faite pour Ringo Starr, le batteur des « Quatre garçons dans le vent », qui rejoint ainsi son groupe et John Lennon, Paul McCartney et George Harrison au panthéon du rock mondial.

Dans son discours, le musicien aux 18 albums solos a dit que c'était « un grand honneur ». « La presse me demandait : < Pourquoi as-tu attendu si longtemps ? > Ça ne dépendait pas de moi. On doit être invité. Et apparemment je l'ai été, et j'adore ! » Au magazine Rolling Stone, Ringo Starr a confié qu'il « ne savait pas que George et John y étaient ». Pour lui, cette récompense « est une reconnaissance. Ça veut dire qu'enfin les quatre sont dans le Rock and Roll Hall of Fame, alors que nous étions le plus grand groupe de pop du monde ». Après son récit retraçant sa carrière, le batteur du mythique groupe britannique a interprété Boys avec les punks de Green Day, qui entraient aussi au Temple de la renommée du Rock and Roll, suivi de It Don't Come Easy avec Joe Walsh (guitariste des Eagles) avant que tout le monde reprenne ensemble With a Little Help from My Friends et I Wanna Be Your Man.

Le remplaçant de Pete Best, tout premier batteur des Beatles, a été aussi salué dans le discours d’intronisation de Paul McCartney. Son ancien partenaire de jeu a continué les louanges : « Ringo était un musicien professionnel. Nous, on faisait des trucs. Lui portait la barbe – c’est professionnel – et un costume – c’est très professionnel. Lui s’asseyait au bar pour siroter du bourbon-limonade. On n’avait jamais vu quelqu’un comme ça. C’était ça, être un musicien adulte. » Le bassiste s’est aussi souvenu de comment Richard Starkey Jr. – son vrai nom – a obtenu le poste derrière les fûts des « Fab Four » : « Nous répétions What’d I Say de Ray Charles et la plupart des batteurs n’arrivaient pas à suivre. Et Ringo y est arrivé. Je me rappelle le moment où j’ai vu le visage de John et George, on se disait tous : < Bordel, c’est quoi ça ? ! > C’était le véritable début des Beatles. »

Dans une interview donnée à Rolling Stone avant la cérémonie, Yoko Ono a souligné l’importance de Ringo Starr au sein du groupe anglais : « Personne ne le croira, mais Ringo a été le membre le plus influent des Beatles (...). John [Lennon] avait ses hauts et ses bas. Mais Ringo a toujours été très doux. Et il croyait réellement au < peace and love >. »

Ringo Starr – qui tient son pseudonyme des bagues qu’il porte à ses doigts – est l’interprète de quelques belles chansons des Beatles et auteur d'Octopus’s Garden. Après la séparation de la formation en 1970, au faîte de leur succès, Ringo a décidé lui aussi de prendre la chance de devenir leader d'un groupe (Ringo Starr & His All-Starr Band, 1989). Il a réalisé plusieurs succès radiophoniques, dont les deux titres It Don't Come Easy et Photograph écrits en collaboration avec George Harrison. Lui qui était un musicien quelque peu sous-estimé pour son jeu de batterie sommaire (mais efficace), il est devenu le premier Beatle à connaître le succès commercial en solo. Par la suite, il a vécu une carrière solo en dents de scie.

Ringo Starr a dû attendre la dernière fournée des élus au Rock and Roll Hall of Fame, en compagnie de Green Day, Joan Jett and the Blackheart et Lou Reed à titre posthume. Dans son interview à Rolling Stone, Yoko Ono s’est d’ailleurs demandée pourquoi il avait fallu attendre si longtemps. Le mausolée de la musique pop (où sont élus chaque année les artistes ayant plus de 25 ans de carrière) avait ouvert ses portes aux Beatles en 1988, à John Lennon en 1994, à Paul McCartney en 1999 et à George Harrison en 2004. |  |