Swiss Beatles Fan Club

4 juin 2015


La légende Paul McCartney arrive en France

Alors qu’il revient en France pour deux concerts exceptionnels, l’ancien membre des Beatles a reçu la rédaction de Paris Match pour parler de son actualité, mais aussi de son passé de légende. L’an passé, une bronchite l’avait cloué au lit et obligé à annuler ses concerts prévus de longue date au Japon et en Corée du Sud. Mais aussitôt remis sur pieds, Paul McCartney n’eut qu’une idée en tête : honorer sa dette et remonter le plus vite possible sur les planches. Avant l’interview, son manager prévient : « Ne lui parlez pas des Beatles ou de sa vie privée, il ne vous répondra pas ! De toute façon, en vingt minutes, il vous faudra aller vite. » McCartney n’entend visiblement pas les consignes de son équipe et prendra le temps nécessaire pour répondre à toutes les interrogations. Trente-trois minutes plus tard, sa parole reste toujours un événement, surtout à la veille de ses deux concerts en France, vendredi 5 juin au Vélodrome de Marseille et jeudi 11 juin au Stade de France, où, promis juré, il chantera « Michelle » et toutes les autres.

Vous avez démarré cette semaine une nouvelle tournée européenne. 
Comment choisissez-vous les chansons que vous interprétez ?
La première chose à laquelle je pense, c’est : < Si moi j’étais dans le public de Paul McCartney, qu’est-ce que j’aimerais l’entendre chanter ! > Cela me permet d’établir une première liste. Puis je me demande : < Vu que je suis Paul McCartney, qu’est-ce que j’ai envie de chanter, au-delà des titres les plus attendus ? > Puis j’en parle avec mon groupe, qui propose lui aussi toujours de bonnes idées. Et c’est comme ça qu’on arrive à presque 40 morceaux chaque soir. Je cherche aussi à interpréter deux ou trois chansons qui sont moins attendues, que le public ne connaît pas forcément. C’est une cerise sur le gâteau.

Aujourd’hui, vous donnez l’impression, comme Bob Dylan,
de vous être lancé dans une tournée sans fin. Est-ce le cas ?
Probablement, oui. Si vous considérez le temps que j’ai passé sur scène avec Wings ou les Beatles, les concerts ont toujours été une partie importante de ma vie. Alors, oui, aujourd’hui, je n’ai pas l’intention de m’arrêter. Je m’entends bien avec mon groupe, j’aime chanter devant les gens et j’ai la chance d’avoir un public qui a encore envie de m’entendre. Alors pourquoi faire autre chose ? C’est ce qu’il y a de plus naturel pour un musicien. Si vous analysez simplement les choses, mon travail, c’est d’écrire des chansons, de les enregistrer et de les jouer en public. C’est tout.

Est-ce plus plaisant à 72 ans qu’à 20 ans ?
C’est aussi plaisant. Et c’est même parfois plus plaisant, pour être honnête.

Est-ce que la vie en tournée peut être mieux que la réalité ?
Evidemment ! Tous les musiciens vous le diront. En tournée, je suis dans une bulle, on prend soin de moi à chaque instant, on réserve les hôtels pour moi, on s’assure qu’ils sont confortables, on arrange mes transferts. Vous ne vous souciez pas des problèmes d’aéroport, toute la machine est mise à votre service. Et chaque fois que cela se termine, c’est comme une petite dépression. Cela m’étonne toujours un peu quand je dois réserver moi-même une chambre d’hôtel... Tout est tellement plus simple quand on vous met dans une bulle… [Il rit.]

Pouvez-vous mener une vie normale ? Sortir sans être reconnu, aller au restaurant, au cinéma ?
Cela m’arrive, oui. Et même si les gens me reconnaissent, ils savent, la plupart du temps, qu’il y a une limite à ne pas franchir. Je fais tout pour avoir une vie privée qui soit vraiment privée. Donc, oui, je vais au cinéma, j’achète du pop-corn. Quand je le raconte à mes amis, ils ne veulent pas me croire. Pourtant, c’est vrai ! Je vais aussi faire mes courses moi-même, en ville ou au supermarché. C’est d’ailleurs l’endroit où l’on m’aborde le plus souvent, on me demande une photo. Et je réponds toujours : < Je suis désolé, je ne peux pas, car vous devez forcément savoir combien c’est compliqué pour un homme de faire du shopping ! > [Il rit.] Dans ces moments-là, je ne me vois pas comme le mec ultra célèbre qui va monter sur scène. C’est le meilleur moyen pour rester « normal ». Vous savez, il existe un endroit à Saint-Tropez où vous pouvez faire une photo avec un singe. Si j’accepte d’être photographié dans un supermarché ou ailleurs, je me sens vraiment comme le singe. Mais je n’écarte jamais les gens, on discute, on se serre la main, j’essaie de conserver des relations humaines le plus saines possible. |  |

A découvrir la totalité de l'interview à paraître ce jeudi dans le No 3446 de Paris Match. 

Paul McCartney - Canal+ TV - 2007