Swiss Beatles Fan Club

7 juillet 2015


Paul McCartney parle de sa frustration après la mort de John Lennon

Dans une interview vérité accordée au magazine britannique Esquire, l’ex-membre des Beatles, Paul McCartney, est revenu sur ses débuts, la célébrité, sa musique et sa tournée qu’il poursuit actuellement en Europe. Le musicien confie notamment comment, après l'assassinat du chanteur, le 8 décembre 1980, il s'est senti relégué dans l'ombre de celui-ci. Une ombre écrasante : déjà adulé de son vivant, John Lennon accède, après sa mort, au statut de légende. Affecté, évidemment, par ce drame, Paul McCartney avoue en toute sincérité avoir ressenti une certaine frustration après sa mort. La frustration d’avoir été sans cesse comparé à lui, mais aussi que son travail, comme celui de George Harrison et Ringo Starr (les deux autres membres du groupe), ait été minimisé au profit de Lennon.

Une histoire de crédits

« Quand nous étions jeunes, nous nous demandions comment créditer nos chansons. J’étais en retard à une réunion avec Brian Epstein (le manager mythique des Beatles). John et lui s’étaient mis d’accord pour les créditer Lennon et McCartney, dans cet ordre. Ce que j’ai mis en question. On a donc opté pour alterner nos noms, une chanson sur deux. Ça ne s’est jamais fait. Pas grave, c’est une belle marque. » Sauf que certaines chansons créditées ainsi n’ont été écrites par Lennon. D’autant qu’aujourd’hui, comme s’en plaint McCartney, la technologie joue des tours : « Aujourd’hui, il n’y a jamais assez de place sur les iPad. Donc, le premier nom est important. Quand je regarde les chansons, elles sont créditées ‹ écrite par John Lennon et... › Non ! Il n’a pas écrit ces paroles ! » Qui aurait pu se douter qu’Apple aurait ajouter de l’huile sur le feu de la légendaire rivalité des deux musiciens de Liverpool ? Cependant, le célèbre bassiste omet de préciser que le premier album des Beatles paru en 1963 comporte la mention McCartney/Lennon pour les chansons écrites par le duo et sur ses publications Wings Over America (1976) et Back in the U.S. (2002), l'artiste a fait créditer les quatre reprises Beatles par Paul McCartney et John Lennon...

« Après la séparation des Beatles, nous étions tous égaux en quelque sorte. George a fait un disque, John aussi, j’ai fait le mien et Ringo le sien […] Mais quand John a été tué, en plus de la pure horreur de l’événement, le truc sous-jacent c’était : Ok, maintenant John est un martyr. Un JFK [John Fitzgerald Kennedy, ndlr]. Et donc ce qui est arrivé, c’est que j’ai commencé à être un peu frustré du fait que les gens disaient : ‹ les Beatles, c’était lui ›. Et moi, George et Ringo, on pensait : ‹ Attendez, il y a même pas un an nous étions tous égaux  », explique Paul McCartney à Esquire.

Et d’ajouter : « Oui John était celui qui avait de l’esprit. John a fait un travail super. Et après les Beatles il a aussi fait un travail génial, mais il a aussi fait du travail pas si génial. Maintenant, le fait qu’il soit un martyr l’a élevé au même niveau qu’un James Dean, et au-delà. Même si je ne me souciais pas de ça – j’étais même plutôt d’accord – j’ai compris qu’il y allait avoir un certain révisionnisme. Ça allait être : ‹ John était l’élu ›. C’était le truc. »

Des rancœurs envers Yoko Ono

Défendant sa place au sein des Beatles, Paul McCartney dénonce notamment l'attitude de Yoko Ono, la compagne de John Lennon au moment de son assassinat, soupçonnée d'être à l'origine de la séparation du groupe. Si le musicien a pu compter sur ses amis pour le rassurer « Ne t’inquiète pas, lui disaient-ils. Les gens savent [la vérité] », Yoko Ono, la veuve de John Lennon, elle, tenait un discours différent, qui l’a longtemps agacé, et semble encore le faire : « Yoko apparaissait dans la presse, et je lisais, et ça disait [avec l’accent comédie de Yoko] «  Paul n’a rien fait ! Tout ce qu’il a fait c’est louer le studio… › Va te faire voir ma chère ! Aujourd'hui, les gens savent que tout cela n'est pas vrai. », lance-t-il dans son interview à Esquire

Et pour cause : musicien le plus riche de Grande-Bretagne, parmi les plus gros vendeurs de disque du siècle, Paul McCartney a réussi à prouver son talent de manière incontestable. Peut-être davantage que John Lennon, dont l'image d'humaniste s'étiole à mesure que le traumatisme de sa mort s'éloigne. Malgré cela, « Macca » continue à avancer avec le fantôme du chanteur, dont il salue la mémoire chaque fois qu'il foule les planches. Depuis 2001, pas un concert ne se passe sans qu'il entonne la chanson Here Today, écrite en 1982, et dans laquelle il s'adresse à Lennon en ces termes : « Si je disais que nous nous connaissions bien, quelle serait ta réponse ? Si tu étais là aujourd'hui, te connaissant, tu dirais que des mondes nous séparent. » Mais à présent, le musicien est heureux de voir que les gens ont compris que les Beatles étaient l’aventure d’un groupe. |  |

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