Swiss Beatles Fan Club

31 juillet 2015


Yoko Ono a dévoilé une tapisserie à New York
pour célébrer les 40 ans de la Green Card de John Lennon

Le 7 octobre 1975, le juge fédéral Irving Kaufman qui présida les auditions de John Lennon en vue d'une extradition, rejeta la tentative du gouvernement de l'expulser des Etats-Unis vers son pays natal sur le fondement qu'il avait plaidé coupable en Angleterre à la possession de haschisch. Après des auditions largement médiatisées, Kaufman estima que Lennon avait été désigné à l'extradition pour des raisons politiques, et lui permit de demeurer aux Etats-Unis sur ce que des observateurs qualifièrent de technicité. Kaufman critiqua le labyrinthe des dispositions de la loi relative à l'immigration et à la naturalisation. John Lennon recevra sa Green Card, le 27 juillet 1976, document d'identification permettant aux citoyens non-américains de s'installer et de travailler légalement aux Etats-Unis sans besoin de visa.

Pour célé­brer le 40e anniversaire de cette décision juridique, un événe­ment était orga­nisé, le mercredi 29 juillet, sur Elis Island à New York. Un lieu qui n’a rien d’anec­do­tique puisque sur cette île située au large de Manhat­tan se trouve le musée natio­nal de l’Im­mi­gra­tion qui explique comment au XXe siècle les étran­gers venus du monde entier étaient filtrés avant de poser le pied sur le sol améri­cain. Yoko Ono, la veuve de John Lennon, entou­rée de nombreux invi­tés parmi lesquels Bono et The Edge du groupe U2, ont dévoilé une imposante tapis­se­rie rendant hommage au Beatle assas­siné à New York en 1980. Mesu­rant envi­ron 7 mètres par 3 mètres, elle repré­sente Manhat­tan sous la forme d’un grand sous-marin jaune, référence à la chanson culte du groupe de Liverpool, Yellow Submarine. C’est John Lennon en personne qui dirige l’in­sub­mer­sible dont les phares éclairent entre autre la Statue de la Liberté. De plus, le Conseil de la ville de New York a proclamé le 29 juillet : « Jour de John Lennon ». Une certification sous forme de diplôme a été remise à Yoko Ono.

La musique de John Lennon en soutien à Amnesty International

Cette tapis­se­rie a été comman­dée par Bill Shipsey, le fondateur d'Art for Amnesty, à la fois pour célébrer le précieux « papier vert » de Lennon et pour remercier son épouse. Yoko Ono a collaboré à plusieurs reprises avec Amnesty International. Notamment en 2003 pour la campagne Imagine, elle céda les droits pendant deux ans de la célèbre chanson à l'organisation des droits de l'homme. Elle en fera de même en 2005, octroyant les droits sur les reprises des chan­sons que Lennon a compo­sées dans la période post-Beatles pour le soutien au Darfour sous l'appellation « Make Some Noise » et la publication d'un album de reprises en 2007 avec la participation de U2, REM, The Black Eyed Peas, Lenny Kravitz, The Cure, Duran Duran ou encore Aerosmith. Ces soutiens à Ammesty International ont permis de récolter plus de 5 millions de dollars.

Lors de la cérémonie officielle, Bono a prononcé un discours en déclarant que c’était un moment très symbolique qui permettait de mettre en perspective les différents moyens d’être un immigrant. Il a noté que sur la tapis­se­rie, John Lennon fait le même signe que celui qu’il a réalisé devant la Statue de la Liberté, un cliché réalisé en 1974 par le photographe Bob Gruen témoigne de l'instant. Yoko Ono de son côté s’est souve­nue de cette période au cours de laquelle le chan­teur d’Imagine se battait pour rester aux Etats-Unis et qu’il savait combien il était impor­tant de déli­vrer son message de paix dans l’Amé­rique de Nixon. Elle a confié que son époux était alors « fier et heureux » d’avoir obtenu son permis de résident perma­nent et de rappeler que « John a dû se battre pour arriver ici, se battre pour être réellement accepté ici. » |  |