Swiss Beatles Fan Club

30 juillet 2015


Les œuvres de Yoko Ono présentes à la Monnaie de Paris
pour l'exposition Take Me (I’m Yours)

Après s’être transformée, à l’occasion de sa réouverture en octobre 2014, en usine de chocolat avec la Chocolate Factory de Paul McCarthy, puis en Musée d’Art Moderne – Département des Aigles de Marcel Broodthaers, la Monnaie de Paris invite, une nouvelle fois, les visiteurs à redécouvrir ses espaces grâce à un projet artistique hors norme qui transforme ses salons XVIIIe siècle en un lieu d’échange libre et inventif, destiné à bouleverser les rapports traditionnels entre l’art et son public. Vingt ans après son immense succès à la Serpentine Gallery de Londres, l’exposition Take Me (I’m Yours) conçue par Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist est récréée du 16 septembre au 25 octobre 2015. Avec plus de trente projets, la manifestation gagne en ampleur et en latitude. Le concept initial est revisité par les artistes ayant participé à la première édition, auxquels s’ajoutent de nouvelles collaborations.

Lieu d’interaction entre les visiteurs et les artistes

Take Me (I’m Yours) place le visiteur au centre du dispositif en l’invitant à s’emparer des œuvres et contribuer ainsi à leur dissémination. Dans la Salle Guillaume Dupré, Christian Boltanski rend hommage à Felix Gonzalez-Torres. Les piles de posters de l’artiste américain sont tenues à disposition du public. En référence à sa première contribution, Christian Boltanski réactive son œuvre Dispersion et installe des tas de vêtements que les visiteurs peuvent emporter dans un sac en papier imprimé. Le duo d’artistes britanniques Gilbert & George crée des badges, alors que Hans-Peter Feldmann recouvre les murs d’une salle avec les effigies de la Tour Eiffel imprimées sur des cartes postales que le public peut décrocher.

En dialogue avec l’activité industrielle de la Monnaie de Paris, Heman Chong s’empare des métaux issus de la production des médailles et monnaies pour les disperser à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, tandis que Angelika Markul introduit dans l’exposition une imprimante 3D pour reproduire un Os de bonheur en continu durant la manifestation. Maria Eichhorn investit l’espace de la librairie pour y incorporer les livres recommandés dans la bibliographie commune rédigée par les commissaires de l’exposition. Jef Geys édite le numéro spécial de son journal Kempens Informatieblad qu’il dédie aux « Questions des femmes ». L’artiste brésilien Paulo Nazareth crée une série d’affiches et de pamphlets qui sont mis à disposition du public, tout comme les photographies de Wolfgang Tillmans.

Invitation à rédiger des messages de paix

Le principe d’échange monétaire est appliqué par Fabrice Hyber qui, en collaboration avec les ateliers de la Monnaie de Paris, réalise un « écu » bicolore, la véritable « monnaie » de l’exposition. L’œuvre peut également devenir un service. Les Preliminary Prospectuses d’Andrea Fraser prennent la forme de documents officiels, tandis que Christine Hill dispose ses œuvres dans un distributeur de snacks, Rirkrit Tiravanija réalise un salon de lecture rassemblant tous les Point d’ironie réalisé par agnés b, alors que Yoko Ono leur propose d’acquérir une de ses capsules remplies d’air, « la seule chose que nous partageons ». Le public est également sollicité pour laisser une trace visible dans l’espace de l’exposition. Un arbre à vœux (Wishtree), pièce maîtresse de Yoko Ono, est placé dans l’escalier d’honneur et les visiteurs sont invités à rédiger des messages de paix.

Dans les murs de la dernière manufacture dans le centre de Paris, l’exposition permet de revenir sur le mythe de l’unicité de l’œuvre d’art et de questionner ses modes de production. A l’image des monnaies, les œuvres sont vouées à la dispersion. Lieu d’interaction entre les visiteurs et les artistes, cette exposition se caractérise par sa forme ouverte et évolutive avec, au moment du finissage, la disparition des œuvres due à leur dissémination totale. Au-delà des circuits économiques habituels, Take Me (I’m Yours) propose un modèle basé sur l’échange et le partage, et soulève ainsi la question de la valeur d’échange de l’art, chère à la Monnaie de Paris. |  |

Le finissage de l’exposition sera l’occasion d’une intense semaine de performances et d’actions orchestrées lors de la Foire Internationale d'Art Contemporain (Fiac) du 20 au 25 octobre 2015 et du lancement de la Biennale de Bourg-Lastic conçue par Bertrand Lavier.

Information