Swiss Beatles Fan Club

21 juillet 2015


Première rétrospective française des œuvres de Yoko Ono
au Musée d'art contemporain de Lyon en 2016


Yoko Ono exposée en France ? « L'artiste inconnue la plus célèbre du monde », comme la qualifiait John Lennon, aura droit à 82 ans à sa première rétrospective française du 9 mars au 10 juillet 2016 au Musée d'art contemporain (MAC) de Lyon, a annoncé ce lundi la direction de l'établissement : « Tout le monde la connaît, mais personne ne sait ce qu'elle fait », s'amusait lui-même l'ancien membre des Beatles. Yoko Ono est certes avant tout connu pour avoir été sa femme. Mais le monde de l'art multiplie les hommages ces dernières années, pour dire que Yoko Ono est aussi une artiste majeure, pionnière dans le développement de l'art conceptuel sous toutes ses formes.

Ainsi après une rétrospective à Francfort en 2013, une autre au Guggenheim de Bilbao en 2014 ou l'éminent musée d'art moderne (MoMA) de New York qui lui consacre sa première exposition entièrement dédiée depuis le mois de mai 2015, ce sera au tour du MAC Lyon de lui ouvrir ses portes en 2016. L'exposition, baptisée Yoko Ono : lumière, réunira sur 3 000 m2 des œuvres à « pratiquer, voir et entendre » composées par l'artiste expérimentale entre 1952 et 2016. Ses 64 ans de création couvrent différents champs : film, son, architecture, environnement...

Ayant grandi au Japon et aux Etats-Unis, dès l'âge de 14 ans, Yoko Ono se destine à l'art avec notamment l'écriture, montrant déjà une attirance très nette vers l'avant-gardisme, ce qui ne fait pas l'unanimité de ses professeurs. Elle fréquente le milieu théâtral, entamant aussi des études de philosophie. Elle suit également des cours de lettres et de chant et découvre des compositeurs d'avant-garde tels que Arnold Schönberg. Elle est alors très influencée par la Beat Generation et adopte le style qu'on lui connaît : habillée de noir avec les cheveux lâchés. 

Une pionnière de l'art conceptuel

Yoko Ono entre en scène dans les milieux avant-gardistes new-yorkais à la fin des années cinquante, une décennie avant sa rencontre avec John Lennon. Très influencée par son mentor, le compositeur et plasticien John Cage, elle rejoint le mouvement d'art contemporain qu'il a inspiré, Fluxus, qui vise à abolir les barrières de la création artistique et de la vie. Son fondateur George Maciunas, qui influencera fortement Yoko Ono pour ses performances artistiques, admire son travail et, avec enthousiasme, s'occupera de promouvoir ses travaux artistiques.

Dès ses débuts, elle s'ingénie à déconstruire l'art tel qu'on le conçoit à l'époque dans les musées, à interpeller, à militer pour la paix et pour l'égalité des sexes, souvent par le biais de performances devenant une créatrice inclassable. Entre 1964 et 1972, l'artiste japonaise réalise plus d'une soixantaine de films. Ainsi en 1965, dans Cut Piece présenté au Carnegie Hall de New York, elle invite le public à la dénuder sur scène en découpant ses vêtements aux ciseaux. En 1967, Yoko Ono tourne Four qui acquiert une certaine notoriété par le scandale des postérieurs qu'il met en scène. Au-delà de ce qui pourrait apparaître comme une provocation nourrie de l'esprit et de l'utopie des années 1960, ce court métrage affirme un principe visuel très construit et le titre Four détermine le cadrage de la composition sur ces fesses paradoxalement dématérialisées en un quadrillage abstrait. A la question posée par le magazine Paris Match en avril 2014, à savoir si elle se considère comme une artiste du présent plus que du passé, elle a répondu ainsi : « Je n’ai jamais essayé d’être moderne. J’ai simplement fait ce en quoi je croyais. » |  |

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