Swiss Beatles Fan Club

27 août 2015


Cinquantième anniversaire du film Help ! des Beatles

Le 25 août 1965, alors la « Beatlemania » bat son plein, le film Help ! réalisé par Richard Lester sort dans les salles de cinéma. La princesse Margaret assiste, le 29 juillet, à la première mondiale au théâtre du London Pavilion. Trois chansons issues de la bande-son du film vont marquer l’histoire : la chanson éponyme du film, composée en urgence par John Lennon dans laquelle il appelle au secours pendant sa dépression, Ticket to Ride, considéré par le musicien comme le titre précurseur du hard rock. Paul travaille pour sa part, tout au long du tournage, sur un nouveau titre qu'il rejoue sans arrêt dès qu'il est proche d'un piano. « Nous avons passé près de quatre semaines en studio pour le tournage de Help !, se souvient Lester. Il y avait un piano dans le studio, et il jouait sans cesse ce Scrambled Eggs (Oeufs brouillés). C'est devenu tellement intolérable que je suis allé lui dire : Si tu joues encore une fois cette chanson, je fais enlever le piano. Finis-la ou abandonne ! ». Cette chanson deviendra finalement Yesterday, la plus diffusée et reprise au XXe siècle (près de 3 000 fois).

Si Help ! est une œuvre de pure fiction, leur premier film A Hard Day’s Night (Quatre garçons dans le vent) publié en 1964, est quant à lui un faux documentaire, produit en noir et blanc par le même cinéaste Richard Lester, qui a connu un succès international et a été nominé deux fois aux Oscar. La production de cette première réalisation a coûté 560 000 dollars pour 7 millions de dollars de bénéfice. Help ! a nécessité 1,5 million de dollars de budget pour 6 millions de dollars de recette. L’explication de la différence de charges est en relation avec le salaire doublé des membres des Beatles et que le film est cette fois-ci en couleur avec des séquences tournées non plus uniquement en Angleterre, mais en Autriche et aux Bahamas.

Les Beatles pas satisfaits du résultat

A sa sortie, Help ! reçoit généralement des critiques positives, mais ne remporte pas le succès comparable à celui qu'avait rencontré leur précédent long métrage. Le côté burlesque, absurde et frénétique de l'intrigue sera d'un certain côté considéré comme le précurseur de la future comédie britannique des Monty Python, Monty Python's Flying Circus. Les Beatles eux-mêmes, bien qu'étant satisfaits du résultat, n'apprécièrent pas particulièrement le film, estimant avoir été relégués au rang de figurants dans leur propre film. « Lorsqu'on a vu le film, on a été consterné, dira Harrison, mais certains ne l'étaient pas. Ce n'est qu'une bande dessinée en mouvement, juste une série d'événements. » Après la première, Lennon avoue ses doutes : « Help ! est en film ce qu'Eight Days a Week est en disque. Beaucoup de gens ont aimé le film et beaucoup de gens ont aimé ce disque. Mais aucun des deux ne correspondait à ce que nous voulions. Ils étaient fabriqués. Le film ne nous a pas nui, mais nous n'avions aucun contrôle dessus. Pour une raison ou une autre, on s'est trompés. J'ai aimé tourné ce film, j'en suis assez satisfait mais je n'en suis pas fier. Ça ira. L'image est très bonne. Il y a de bons acteurs, pas nous, on ne joue pas la comédie, on fait ce qu'on peut. Je pense qu'au cinéma il y a pour nous plein de possibilités qui n'ont pas été exploitées. Il nous a fallu faire trois ou quatre disques avant de trouver notre couleur sonore. Je suppose qu'il en sera de même pour les films.

Le producteur Walter Shenson se dira « désolé que John soit de cet avis. Ça m'aurait été facile de m'incliner devant les Beatles pour des questions de goût, car je ne voulais rien qui puisse choquer les 11-12 ans. Les garçons étaient très progressistes, en avance sur la mentalité moyenne. J'aurais très bien pu les laisser faire un film surréaliste. » Même le réalisateur Richard Lester se montre désinvolte dans la presse. « Il n'y a rien de neuf dans Help !. Il n'y a aucun regard porté sur notre époque. C'est une aventure de BD. »

Par la suite, le groupe hésitera à se lancer dans un autre projet cinématographique. En effet, Help ! est considéré comme le dernier « vrai » film du groupe. Ils attendront deux ans avant de se retrouver ensemble devant les caméras pour le téléfilm Magical Mystery Tour aux critiques mitigées de l'époque. Entre temps, ils refuseront de tourner dans une adaptation d'un roman western de Richard Condon A Talent For Loving, dans lequel les Beatles doivent incarner quatre pionniers fraîchement débarqués de Liverpool. Lors d'une conférence de presse en août 1965, Lennon dément que A Talent For Loving sera leur prochain film car « Paul et moi n'écrirons rien qui porte ce titre. » Lennon suggère même un jour d'acquérir les droits du Seigneur des anneaux, mais les héritiers de Tolkien refusèrent de leur en vendre les droits. L'engagement contractuel du groupe envers United Artists continuera cependant en 1968 avec la sortie du remarquable dessin animé Yellow Submarine et prendra fin en 1970 avec le documentaire Let It Be, témoignage de la séparation des Beatles.|  |

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