Swiss Beatles Fan Club

12 octobre 2015


Sony en négociation pour la vente du catalogue des Beatles


La direction de Sony a affirmé, jeudi 8 octobre, être en négociation pour céder la part détenue par le géant japonais de l’électronique et des médias dans le capital de Sony ATV (Associated Television), le premier éditeur mondial de musique, confirmant une information du Wall Street Journal. Dans une note interne, le directeur général de Sony, Michael Lynton, estime qu’il est temps de revoir « notre statut de propriétaire ». La valeur de Sony ATV est estimée autour de 2 milliards de dollars (1,77 milliard d’euros).

Sony ATV possède notamment les droits sur la plupart des chansons des Beatles mais aussi de Michael Jackson, et, plus récemment, de Kanye West ou de Taylor Swift. Le capital de Sony ATV est aujourd’hui partagé à parité entre Sony Music et la société qui gère les droits de Michael Jackson. L’histoire de ce catalogue a déjà défrayé la chronique, puisque c’est sur les conseils de Paul McCartney que Michael Jackson avait fait l’acquisition des droits des Beatles, pour 47,5 millions de dollars, en 1985, au grand dam de l’artiste anglais, qui n’avait pas à l’époque les moyens de mener cette opération. Dix ans plus tard, le « King of Pop » avait décidé de former un catalogue commun avec Sony, un accord qui lui avait rapporté 100 millions de dollars.

Si la gestion des droits revient aujourd’hui sur le devant de la scène économique, c’est en raison de l’essor du streaming, l’écoute en ligne sans téléchargement de la musique, qui permet de faire remonter à la surface les fonds musicaux et de les mettre en valeur. Or, on ne trouve actuellement les titres des Beatles sur aucune plateforme de streaming, que ce soit sur Spotify, Deezer ou Apple. L’Américaine Taylor Swift a également émis des réserves sur le streaming, pointant l’absence de retombées financières de ce nouveau mode de consommation musicale.

En 2012, Sony avait également acheté EMI Music Publishing qui détient le catalogue de la Motown ou bien encore Police et Queen, moyennant 2,2 milliards de dollars. Pour l’instant, on ignore les intentions du groupe japonais concernant cet actif, complémentaire de Sony ATV. Seule certitude : le géant tokyoïte détient un catalogue de plus de 2 millions de chansons, dont 750 000 dans Sony ATV. Sa part de marché est évaluée à 30 %.

Les acheteurs potentiels des 50 % de Sony ATV détenus par le groupe d’électronique sont nombreux. Le plus évident est Universal Music Group, le numéro un mondial de la musique, propriété de Vivendi, qui s’est renforcé sur ce terrain depuis dix ans. Mais Warner Music, l’autre grande major, pourrait aussi être intéressée. Ces négociations ne concernent pas en revanche le label Sony Music Entertainment, qui continue de développer des artistes et de vendre de la musique, sous forme physique (CD, vinyle) ou numérique. Le découplage entre les deux activités s’est accéléré dans les années 2000. Il n’est aujourd’hui pas rare qu’un artiste soit en contrat chez une major ou un label indépendant et que les droits de ses chansons anciennes soit détenus par son précédent éditeur. Jusqu’à présent, l’édition musicale était plutôt la partie cachée des grands deals musicaux. Les enjeux du streaming lui donnent une plus grande acuité. ||

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