Swiss Beatles Fan Club

29 novembre 2015


Journée du souvenir en hommage à George Harrison


Il était surnommé The Quiet One, « le Beatle calme ». La traduction « Beatle en retrait » lui correspond davantage. Il fut le premier à prendre ses distances avec la machine « Fab Four », à s’aérer l’esprit ailleurs et à aérer leur musique dans le même mouvement. Le recul du temps amenuise l’écart de perception entre la valeur d’Harrison et ses deux illustres aînés, John Lennon et Paul McCartney. George Harrison connaît une belle réussite artistique et commerciale au début de sa carrière solo, avec son triple album All Things Must Pass. Il se lance également dans le cinéma, en fondant en 1978 la société de production HandMade Films, qui produit notamment le film des Monty Python, La Vie de Brian, dans lequel il fait une brève apparition. Un cancer des poumons lui est diagnostiqué en 1997. Il y succombe le 29 novembre 2001, déjà fragilisé par une tentative d'assassinat dont il a été victime en 1999 dans sa propriété. Quatorze ans après sa mort, il est encore considéré par le public comme l'un des grands artistes de son époque.

La cadet des Beatles était, au début de l’aventure, le seul des trois capable de se saisir d’un solo de guitare et à réellement jouer d’un instrument. C’est en exécutant à la perfection Raunchy, un R & B d’un certain Bill Justis, que le tout jeune George, quinze ans, montra à John Lennon, en 1958, qu’il était digne d’intégrer les Quarrymen, noyau dur de ce que deviendraient les Beatles. Cette avance sur le plan instrumental, il la conserva jusqu’au bout de la carrière du groupe. Harrison était celui qui mettait du relief dans les morceaux des Beatles conçus pour être joués sur scène ou sans overdub. Harrison occupe la onzième place du classement des plus grands guitaristes de tous les temps du magazine Rolling Stone. Lennon est cinquante-cinquième.

Inventeur de la world music

George Harrison est souvent qualifié d’inventeur de la world music ou d’importateur de la musique indienne en Europe. Il a joué un rôle clef dans la couleur du disque qui a fait rentrer les Beatles dans l’âge adulte, Rubber Soul, sixième production studio, enregistrée en 1965. Un jour que Lennon testait sa dernière composition, Norwegian Wood, le groupe sentait qu’il lui manquait quelque chose pour décoller. « J'ai pris le sitar […], racontera Harrison. Je n'avais pas réfléchi à ce que j'allais faire avec. Ça a été très spontané. » Les Beatles n’en avaient pas encore conscience, mais ils venaient de mettre le doigt dans l’engrenage qui feraient d’eux des arrangeurs magistraux.

En composant Something pour l’album Abbey Road en 1969, George Harrison a réalisé « la meilleure chanson signée Lennon-McCartney ». La formule, signée Franck Sinatra, est jolie et recevable. Mais c’était une boulette : le roi des crooners avait reconnu dans ce morceau signé Harrison le prodigieux sens mélodique propre au duo Lennon-McCartney. Il ne s’est publiquement corrigé qu’en 1978. Le premier Beatle à avoir publié sous son nom un disque au caractère fondamentalement expérimental est George Harrison. Il fit paraître le 1er novembre 1968, Electronic Sounds, presque trois quarts d’heure de sons d’avant-garde improvisés sur le synthétiseur Moog à peine inventé. C'est avant The Beatles (vite surnommé l’« Album Blanc ») et Unfinished Music No.1 : Two Virgins de John Lennon et Yoko Ono.  

Le premier concert de charité de l’histoire du rock

Le concert monté, assumé et incarné par George Harrison pour venir en aide au Bangladesh sinistré fit beaucoup pour cette notoriété mondiale. Donné le 1er août 1971 au Madison Square Garden de New York, il est considéré comme le premier concert de charité de l’histoire du rock. « Ces concerts confirment le nouveau statut d’Harrison, hissé au rang d’aristocrate du rock, écrit Peter Doggett dans le livre Come Together, consacré aux Beatles après leur séparation. Bob Dylan véhiculait certainement davantage de mystère, les Rolling Stones davantage de charisme mais Harrison s’avérait être le Beatle le plus couronné de succès, peut-être même la personnalité musicale la plus influente de l’époque. »

Revenu au premier plan en 1987 après une bonne dizaine d’année de traversée du désert artistique, Harrison fut à l’origine, un an plus tard, d’un super-groupe au casting proprement ahurissant : lui-même, Bob Dylan, Roy Orbison, Jeff Lynne et Tom Petty. Bienvenue chez les Traveling Wilburys. En 1994, il collaborera quand même avec les deux autres survivants des Beatles pour arranger deux maquettes de Lennon, Real Love et Free as a Bird, pour le projet Anthology. En 2011, le réalisateur américain Martin Scorsese consacra plusieurs mois de sa carrière à percer la personnalité du Beatles le plus insaisissable, avec la complicité de tous les témoins légitimes pour le faire : Paul McCartney, Ringo Starr, sa femme Olivia et leur fils Dhani, Phil Spector, Eric Clapton, le producteur Jeff Lynne et autres intimes moins connus. ||

Information