Swiss Beatles Fan Club

30 décembre 2015


Lemmy Kilmister, fondateur de Motörhead, à rejoint les ténèbres


Figure emblématique du rock et considéré comme un des pionniers du heavy metal (de rock 'n' roll selon son auteur), le décès de Lemmy Kilmister le lundi 28 décembre, mythique bassiste de Motörhead, marque la fin du groupe, a estimé son batteur Mikkey Dee et de confirmer au quotidien Expressen : « Motörhead, c'est fini, c'est clair. Lemmy incarnait Motörhead. » « Nous ne ferons plus de tournées ou autres. Et il n'y aura plus de disques. Mais la marque survit, et Lemmy continue de vivre dans le cœur de chacun », a ajouté le musicien qui avait rejoint le groupe en 1992. Cette disparition survient un mois après celle de Phil « Philthy Animal » Taylor, ex-batteur du groupe, qui avait 61 ans. Il fut membre de Motörhead entre 1975 et 1984 et entre 1987 et 1992.

Mikkey Dee a salué le courage d'un homme qui aura chanté et joué de la basse atteint d'un cancer foudroyant. « Il était terriblement émacié, il dépensait toute son énergie sur scène et après il était très, très fatigué. (...) C'est incroyable qu'il ait pu même jouer », a-t-il raconté. La maladie n'avait été diagnostiquée que le samedi 26 décembre, deux jours après son 70e anniversaire et l'avant-veille de sa mort. Il est décédé chez lui auprès de sa famille. Selon ses proches, il sera enterré la semaine prochaine à Los Angeles.

La mort de l'artiste a suscité tristesse et consternation parmi les musiciens anglo-saxons. « C'est le pionnier de l'underground » affirme Tony James (Generation X, Carbon/Silicon). Ozzy Osbourne, James Hetfield, Alice Cooper, Henry Rollins, tous sont d'accord sur le fait que Lemmy est un précurseur. Plus punk que les punks, il a posé les premières pierres du heavy metal, avec Hawkwind et Motörhead, a pris le relais d'Elvis, de Little Richards et de Jerry Lee Lewis (ses trois favoris) et a poussé tous les potards au maximum (réglés sur 11). Au début, il y avait Lemmy. Il était au Cavern Club de Liverpool quand les Beatles ont débuté et a vu naître et mourir des empires. Sans lui, les choses ne seraient définitivement pas les mêmes. Plus qu’un homme, Lemmy incarnait l’essence du rock 'n' roll, l’un des derniers représentants d’une génération dont la vie était rythmée des excès en tout genre. Aujourd’hui, l’immortalité a perdu son plus bel ambassadeur.

« Le meilleur groupe du monde reste The Beatles.
J’ai pu les voir à Liverpool, au Cavern Club, avant la folie. Cela a changé ma vie. »

Journal suisse « 24 heures », Montreux Jazz Festival, 2007.

Citations

En 1961, Lemmy avait 16 ans. Il fait le voyage de Anglesy jusqu’à Liverpool pour aller voir les Beatles jouer au Cavern Club. Il apprécie particulièrement l'attitude sarcastique du groupe, et notamment celle de John Lennon. Il s’est alors mis à jouer de la guitare au son de leur album Please Please Me. On sait depuis toujours que les Beatles furent l’une de ses plus grosses influences. Lemmy avait pour eux une admiration qui est restée intacte toute sa vie : « Il y a tellement de groupes qui se sont formés grâce à eux, c’est incroyable. Ils étaient le premier groupe de rock purement prolétaire. Ils venaient du monde ouvrier, tu sais, et donc tous les gosses pouvaient devenir aussi célèbres que les Beatles. Tu ne verras plus jamais de groupes comme les Beatles. Ils étaient au sommet et ils ont balayé tout ce qu’il y avait autour d’eux. » (Motörhead Overkill, Joel McIver, 2011)

Le respect qu’éprouvait Lemmy pour les Beatles vient du fait qu’ils sont issus d’une des villes les plus difficiles d’Angleterre. Dans son ouvrage Motörhead : La Fièvre de la ligne blanche paru en 2004, il écrivait : « Les Beatles étaient aussi des durs. Brian Epstein les a nettoyés pour la consommation de masse, mais ils étaient tout sauf des lopettes. Ils étaient de Liverpool, c’est comme Hambourg ou Norfolk en Virginie – une ville dure, un port, avec tous ces dockers et ces marins prêts à vous défoncer la gueule si vous les regardiez de travers. Ringo venait de Dingle, une sorte de foutu Bronx. J’ai jamais vu un endroit aussi dur dans ma vie. Les Rolling Stones étaient les fils à maman – ils étaient tous les étudiants des environs de Londres. Ils ont été crever de faim à Londres, mais c’était un choix, pour se donner une sorte d’aura d’irrespectabilité. J’ai aimé les Stones mais ils n’ont jamais approché les Beatles – pas pour l’humour, pas l’originalité, pas pour les chansons, pas pour le look. Tout ce qu’ils avaient, c’était Mick Jagger dansant partout. Pour être honnête, les Stones ont fait de bons disques mais ils étaient toujours merdiques sur scène, alors que les Beatles étaient top. »

« La seule chose dont j’accepte de me vanter, c’est de les avoir vus en concert un paquet de fois », déclarait-il à Rock & Folk en 2002. Notamment au mythique Cavern Club de Liverpool à leur époque la plus sauvage. Lemmy racontait même, toujours dans ce même magazine français en 2004, avoir vu John Lennon, pas encore converti à la non-violence, donner un coup de boule a un imprudent qui l’avait « traité de pédé ». En 2010, le leader de Motörhead s’était confié au magazine anglais NME à l’occasion des 30 ans de l’assassinat du fondateur des Beatles : « John Lennon était le trou du cul du groupe. Il était le membre le plus impopulaire au sein des Beatles car ils regardaient tout le temps les autres de haut. Le public a loupé ses livres. Si tu les lis, tu verras qu’il n’était pas le gentil garçon ‹ peace and love › que l’on connaît… » ||

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