Swiss Beatles Fan Club

30 mars 2016


Les Beatles : une source d'inspiration pour les créateurs


L'influence des Beatles ne se limite pas à la musique. Du graphisme à la mode, les pochettes de leurs albums et leur look étudié continuent d'inspirer les créateurs. Un sous-marin jaune qui navigue dans des eaux arc-en-ciel, un passage piéton d'une rue londonienne devenu une attraction touristique, une galerie de personnages fantasques réunis autour d'une grosse caisse sur fond de collage pop art... Autant qu'un son, lorsque l'on évoque les Beatles c'est un univers visuel qui vient à l'esprit, celui des années 1960, psychédélique et arty, que les Fab Four sont parvenus à incarner.

« Vêtements, coiffure, instruments, pochettes d'album, l'univers des Beatles était complet. Leur manager Brian Epstein a joué un rôle majeur dans ce dispositif dans lequel tout était pesé, calculé ; c'est lui qui les a convertis au look soigné avec complet veston », note le graphiste et affichiste Michel Bouvet, organisateur de la Fête du graphisme. « Plus que des musiciens, c'étaient des artistes très curieux de l'art de leur époque, notamment Paul McCartney qui était féru de photographie », ajoute Julius Wiedemann, qui a pu mesurer l'impact des Beatles dans son ouvrage Illustration Now ! (Ed. Taschen). Un groupe très grand public qui a su rester en prise avec la création artistique avant-gardiste.

Un imaginaire halluciné qui inspire

« À l'époque, tout jeune, je lisais la presse anglaise et j'étais fasciné par le graphisme de ces albums d'une audace inédite en France. Des lettres dégoulinantes, inspirées du style nouille [le surnom de l'Art nouveau donné en référence aux nombreuses arabesques, ndlr], presque hallucinatoires, hypnotiques », se souvient l'écrivain Michka Assayas, auteur du Nouveau Dictionnaire du rock (Ed. Robert Laffont). La fin des sixties, ultraféconde, est portée par un mouvement sociétal joyeux et vibrionnant dont les Beatles furent le parangon. « L'imaginaire halluciné des Beatles a essaimé dans toute la création visuelle. Aujourd'hui encore, graphistes et illustrateurs piochent dans ce réservoir éclectique », explique Julius Wiedemann.

Si certains pompent cette imagerie au premier degré (les baskets sous-marin jaune de la collection Vans x The Beatles sorties au printemps 2014), d'autres ont su digérer cette écrasante influence et s'inspirer avec succès de ce foisonnant imaginaire. C'est le cas de l'agence française Leg qui décline, depuis 2002 pour les publicités Eurostar, l'imagerie du célèbre groupe anglais à grands renforts de détournement d'Abbey Road et de sosies low cost.

L'album Abbey Road (1969) figure d'ailleurs en tête de leurs albums les plus parodiés. Des Red Hot Chili Peppers à Kanye West en passant par Blur ou George Benson, tous se sont amusés à la détourner comme pour le support marketing des athlètes britanniques lors des Jeux olympiques de Londres 2012. « Leur musique a séduit des millions de gens et ils en ont profité pour initier leur public à l'avant-garde. La mythique pochette de Revolver (1966) fut ainsi réalisée par Klaus Voormann, un de leurs amis graphistes avant-gardiste. Et Peter Blake, éminence du pop art, a réalisé l'incroyable pochette de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967). Grâce à eux, les pochettes d'album sont devenues de véritables moyens d'expression pour les graphistes », rappelle Michka Assayas qui note aussi qu'ils ont très vite cherché à se renouveler.

Changement radical de style avec White Album (1968) dont la pochette réalisée par Richard Hamilton est uniformément blanche avec le nom The Beatles simplement embossé. « Cette rupture a priori étonnante affirme qu'en la matière tout est désormais possible, note le graphiste et affichiste Michel Bouvet. Ils ouvrent le champ des possibles tout en coupant l'herbe sous le pied de leurs contemporains... » L'illustrateur Yann Legendre ajoute : « Lorsqu'on ose la rupture, que l'on comprend son époque grâce à un entourage ouvert et artistique, alors se crée une alchimie. Cette période fondatrice de la pop culture nous imprègne encore aujourd'hui, surtout dans une période où le vintage nous rassure. »

Apple embarque dans le sous-marin jaune

Steve Jobs ne s'y était pas trompé. Au printemps 2010, alors qu'il prépare le lancement de l'application iBooks, la nouvelle librairie numérique d'Apple, il souhaite offrir aux abonnés un ouvrage iconique et avant-gardiste, incarnation de la révolution permanente que voudrait véhiculer Apple. Son choix se porte sur le livre Yellow Submarine. Il se prête idéalement à l'iBook : les illustrations de ce conte animé halluciné de 1968 y prennent vie autour de documents multimédias d'époque et d'animations interactives qui reprennent les papillons, étoiles de mer et autres créatures marines inventées par l'artiste allemand Heinz Edelmann, le directeur artistique de ce film ovni de la culture pop. |  |

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