Swiss Beatles Fan Club

29 mars 2016


Paul McCartney lance des procédures juridiques
pour récupérer les droits de ses chansons avec les Beatles


Depuis que son ami Michael Jackson avait mis la main sur les droits des chansons des Beatles via l’acquisition, en 1985, de la société d’édition ATV Publishing, Paul McCartney le disait à mots à peine couverts : il se sentait trahi. D’abord parce que c’était lui, Paul McCartney, qui avait suggéré en personne à Jackson la manne que pourrait représenter dans le futur les droits d’édition musicale. Mais aussi parce qu’il avait lui-même échoué, avec son comparse John Lennon, à racheter en 1969 le catalogue Northern Songs (leur premier éditeur), qui contient aujourd’hui tous leurs plus grands tubes. Ce catalogue fila à l’époque dans les valises… d’ATV Publishing.

Certains droits récupérables dès 2018

Depuis cette « trahison », l'ex-Beatle survivant n’avait donc qu’une chose en tête : récupérer un jour les droits de ses chansons. Et peu importe que Sony soit, depuis le 15 mars dernier, le nouvel et heureux propriétaire à 100 % du catalogue d’ATV Publishing, et donc de plus de 200 chansons des Beatles. Comme le révèle Billboard, McCartney a engagé les procédures bien avant ce récent rachat. Le 15 décembre 2015, il a en effet déposé des documents auprès du U.S. Copyright Office, l’organe qui régule la gestion des droits des artistes aux États-Unis, pour 32 de ses chansons. Car d’après le U.S. Copyright Act, une loi votée en 1976 aux États-Unis, les artistes peuvent prétendre à la récupération de leurs droits 56 ans après l’année de la première édition de leurs œuvres. Soit, pour certains des titres signés McCartney/Lennon, en 2018. La procédure impose toutefois aux candidats de se manifester au moins deux ans (et au plus dix ans) avant ce terme.

Si Paul McCartney est donc dans les clous, il n’est pourtant pas au bout de ses peines. Il ne peut, en théorie, racheter que les titres à son nom. Or, la plupart des titres des Beatles sont signés Lennon et McCartney. D’après une source interrogée par Billboard, seule la moitié du catalogue serait ainsi récupérable par Sir Paul, et uniquement pour leur exploitation aux États-Unis. Parmi les 32 titres listés par McCartney auprès de l’U.S. Copyright Office se trouveraient des enregistrements des Beatles effectués entre 1962 et 1964, ainsi que d’autres chansons telles que Come Together, Golden Slumbers, Carry That Weight, She Came In Through the Bathroom Window, dont les droits ne sont pourtant pas encore disponibles (car sortis entre 1969 et 1970), ou encore Don’t Let Me Down, The Ballad of John & Yoko et Get Back. Ils ne seront légalement récupérables qu’en 2025-2026. Mais McCartney prend sans doute les devants : il a aujourd’hui 73 ans, en aura 81 à ce moment-là, et peut-être moins d’énergie pour se battre.

Rattraper les erreurs de jeunesse

Qu’a-t-il vraiment à y gagner ? En termes financiers, le calcul ne porte pour le moment que sur l’exploitation de 32 chansons, cosignées, et seulement aux États-Unis. Potentiellement quelques millions de dollars à récupérer, certes, mais pas une fortune incommensurable d’autant que Sony, à qui Yoko Ono a fait allégeance, engrange de son côté la part des droits de John Lennon. Pour comprendre pourquoi McCartney se lance dans une telle entreprise, il faut se rappeler que les Beatles, dès leur premier deal en 1962 avec leur manager Brian Epstein, ont multiplié les erreurs – de jeunesse – et très mal assuré leurs revenus futurs. « Ils ont signé des contrats horriblement mal ficelés qui ont sous-évalué de manière monumentale leur valeur, et qui n’ont aujourd’hui toujours pas été clarifiés », explique dans les colonnes du Guardian le journaliste Eamon Forde, citant l’ouvrage du spécialiste Peter Doggett sur la question (You Never Give Me Your Money : The Battle for the Soul of the Beatles). Outre la frustration liée à la « trahison » Jackson et l’échec du rachat en 1969, McCartney tente probablement de « rattraper ses erreurs du passé et de faire la paix avec des affaires qui le rongent depuis un demi-siècle », écrit Eamon Forde. De manière assez symptomatique, sur son album live Back in the US sorti en 2002, il avait imposé de créditer les titres des Beatles des noms de McCartney/Lennon, et non l’inverse, comme depuis leurs débuts. Pour se justifier, il avait déclaré : « Il me paraît juste et approprié que des chansons dont John m’avait publiquement attribué la paternité, portent mon nom ». |  |

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