Swiss Beatles Fan Club

8 avril 2016


Yoko Ono : Yes, I’m a Witch Too


Yes, I’m a Witch Too, résume le travail d’une vie, c’est comme ça que l’on pourrait définir cette compilation sortie le 18 février dernier, jour du 83e anniversaire de Yoko Ono. En effet, l’album reprend beaucoup de la carrière de l’artiste japonaise. En 2007, elle avait lancé une création collaborative où des musiciens de renom avaient remixé des pièces tirées du foisonnant catalogue de la chanteuse. Intitulé Yes, I’m a Witch, le disque sur lequel ont participé Peaches, Le Tigre, les Flaming Lips, Porcupine Tree et autres importantes pointures de l’indie rock international. L'édition 2016 est la suite de l’opus 2007, avec des reprises de cette précédente compilation mais aussi d’autres titres d’anciennes parutions.

On peut de nouveau parler d’une œuvre collaborative, puisque dans chaque chanson un artiste autre que Yoko Ono est venu mettre son empreinte, tels que Peter Bjorn and John, Death Cab for Cutie, Portugal. The Man ou Moby. Un mélange des genres tout à fait appréciable, même si les transitions des chansons peuvent paraître parfois radicales. Un album qui pourrait réconcilier ceux qui n’avaient en tête que l’idée de Yoko Ono est juste l’artiste contemporaine exposant des photos de parties intimes sur des murs, ou celle du Plastic Ono Band qui hurlait en tapant frénétiquement sur des tambours.

Dans cette création dédiée au remix, on oscille entre rock, psychédélisme, electro, indie, house, dance, ou même dubstep. Le début commence en douceur avec Walking on Thin Ice, une collaboration avec Danny Tenaglia, une chanson très riche musicalement parlant, mais aussi très douce, qui pourrait rappeler l’âge d’or du trip hop des Hooverphonic ou Portishead. Le chant quant à lui fait penser plutôt à la froideur de la chanteuse islandaise Bjork. Le passage entre cette première chanson et les sons électroniques de Forgive Me My Love donne une bonne idée de ce que l’on peut attendre du reste de l’album. Dans ce second morceau, elle collabore avec le groupe de rock alternatif Death Cab for Cutie qu’on retrouve étonnement dans un genre qui ne lui ressemble pas du tout, un des deux singles promotionnels de l’album. Ce remix rappellera le dernier titre, Hell in Paradise, modifié par Moby.

L’album est rempli de référence au passé en reprenant toute la carrière musicale de l'artiste japonaise depuis No Bed for Beatle John à Wouldnit en passant évidemment par Walking on Thin Ice qui est déjà apparu plusieurs fois dans les publications de Yoko Ono. On pourra citer des chanson comme Mrs. Lennon qui rappelle le combat pour la paix qu’elle mène toujours, Catman pour les origines asiatique de l’artiste ou encore Warrior Woman qui peut évoquer l’album Electronic Sound de George Harrison introduisant les Beatles aux musiques électronique avec des sons très crus et métalliques. Sans oublier sa propre filiation avec son fils Sean Lennon à travers le titre Dogtown qu'il a composé spécialement pour cette nouvelle publication.

Yes, I’m a Witch Too est une modernisation du corpus chansonnier de Yoko Ono ; une belle manière de revisiter l’œuvre musicale de cette artiste plus grande que nature. Qu’on l’aime ou non, elle n’a jamais craint de sortir des sentiers battus. En remettant ses chansons dans les mains de créateurs aussi respectés, ça en dit assez long sur l’ouverture d’esprit de l'octogénaire et le jugement artistique sûr dont elle sait faire preuve. Même si les chansons, toutes composées par Yoko sont remixées et parfois sonnent plus dans le style de l’artiste qui a fait le remix, ce qui est le cas pour Give Me Something reprise pas les Sparks par exemple, on se retrouve quand même avec un choix de titres plus ou moins accessible à tout le monde ce qui permet de créer la balance de l’album qui mérite une vraie attention, plusieurs écoutes même pour en découvrir toute la subtilité, et ainsi comprendre un peu mieux ce qui a un jour séduit John Lennon. |  |

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