Swiss Beatles Fan Club

17 mai 2016


Disparition de Tony Barrow, le premier attaché de presse des Beatles


Tony Barrow, le premier attaché de presse officiel des Beatles, est décédé ce samedi 14 mai à l'âge de 80 ans dans sa maison à Morecambe, en Angleterre. Dans un communiqué de presse du début de la Beatlemania, il invente l'expression « Fab Four » et rédige pour le Beatles Monthly (magazine fondé en 1963). Il travaille avec le groupe de 1962 à 1968 date de la création de la société Apple Corps des Beatles. Barrow ouvre le premier bureau à Londres de la société NEMS Enterprises de Brian Epstein, le manager des Beatles. En tant que chef de presse et des relations publiques, il commence à promouvoir les carrières non pas seulement des Fab Four, mais aussi d'autres artistes de NEMS, de Cilla Black à Gerry & The Pacemakers, de Billy J. Kramer with the Dakotas aux Fourmost. En 1965 et 1966, Barrow voyage dans le monde entier avec le quartet musical le plus célèbre de la planète, responsable de la conduite de leurs conférences de presse. Le 27 août 1965, il accompagne les Beatles lors de leur rencontre historique chez Elvis Presley dans son manoir au 565 Perugia Way, Bel Air, à Los Angeles.

Tony Barrow écrit les notes de pochettes des trois premiers albums du groupe. Il participe à la réalisation d'un livret illustré de photographies tirées du film Magical Mystery Tour (1967) des Beatles, et d'une adaptation en bande dessinée que l'on retrouve à l'intérieur de l'album éponyme. Par la suite à titre individuel, il crée plusieurs sociétés d'affaires comme Tony Barrow Management représentant les intérêts d'artistes anglais comme les Kinks, également pour des américains comme David Soul, The Monkees, Tony Bennett ou The Jackson Five pour leurs tournées européennes. En 1980, Barrow choisit de revenir au journalisme indépendant et écrit plusieurs livres, comme John, Paul, George, Ringo & Me, son mémoire des années 1960. Sur le site des Beatles, un hommage a été rendu en qualifiant son rôle inestimable dans leur début de carrière. Paul McCartney sur Twitter a précisé le grand professionnalisme et la bonne humeur de la personne disparue.


Les paragraphes ci-dessous sont extraits du livre « The Beatles - L'histoire que l'on raconte... »
de David Pritchard et Alan Lysaght, aux Éditions du Camion Blanc, 2009.
FRDEUKESITUS

Tony Barrow

« J’ai rencontré les Beatles en tant que pigiste au Liverpool Echo. Je suis originaire de Liverpool, mais j’avais quitté la ville bien avant que les Beatles ne fassent leurs débuts au Cavern Club. Je travaillais à Londres, chez Decca. Brian Epstein est entré en contact, non pas avec le Tony Barrow qui rédigeait les notes des pochettes chez Decca, mais avec le Tony Barrow qui tenait la rubrique disques dans le Liverpool Echo. Il voulait que j’écrive un article sur les Beatles dans les colonnes du journal. Lorsqu’il venu me voir chez Decca, Brian avait apporté le disque souple d’un enregistrement effectué au Cavern. C’était absolument épouvantable. Bien sûr, cela restituait le son et l’ambiance électrique du Cavern Club, mais ne laissait rien entrevoir du potentiel des Beatles. Vraiment, c’est enregistrement était nul. Je l’ai plus ou moins fait comprendre à Brian. Je ne lui ai pas opposé de refus, cela n’entrait pas dans mes attributions. Mon rôle s’arrêtait à la rédaction des notes des pochettes de disques, je n’avais rien à voir avec la direction artistique. »

« Après le départ de Brian, j’ai appelé, sur l’interphone, non pas la direction artistique, mais le service des ventes. Je n’ignorais pas que Brian était le propriétaire d’un magasin de disques, et je supposais, à tort ou à raison, que les commerciaux de chez Decca ne refuseraient pas une audition à l’un de leurs clients. Ils se montrèrent effectivement intéressés. Je ne me souviens même pas de ce qu’il y avait sur ce disque souple. À coup sûr, ce devait être Some Other Guy, que les Beatles n’ont jamais sorti officiellement. À cette époque, je travaillais pour ainsi dire au noir, puisque je percevais un salaire chez Decca, et que j’utilisais leur machine à écrire et leur papier carbone pour écrire mes articles du Liverpool Echo. »

« Je ne me voyais pas faire la promotion d’un disque EMI depuis mon bureau chez Decca. C’est pourquoi j’ai demandé à Andrew Loog Oldham - futur manager des Rolling Stones - de s’en occuper. Nous étions fin 1962, lors de la sortie du premier single des Beatles. À l’époque, Andrew était un jeune publicitaire plein d’ambition, qui s’intéressait non seulement à la pop music, mais également au cinéma. Il travaillait avec un associé nommé Tony Calder. Tony venait justement de quitter le service de presse de Decca, et j’étais sûr qu’il avait emporté son super carnet d’adresses. J’ai donc passé un accord avec Andrew, de façon à ce que les Beatles puissent rencontrer tous les gens importants, les directeurs des magazines et journaux musicaux. Il ont fait le tour de Soho et de Shaftsbury Avenue pour voir ces personnes-là. Andrew se chargeait des présentations et j’écrivais les articles. J’ai ainsi rédigé les premiers comptes-rendus et les premières revues de presse. Ce n’est que l’année suivante que j’ai rejoint Brian pour travailler à plein temps, comme directeur de la publicité et attaché de presse chez NEMS. »

« Le dernier concert de la tournée (en 1966), au Candlestick Park de San Francisco, fut extrêmement émouvant. J'avais toujours un magnétophone à cassettes à portée de main, pour enregistrer les conférences de presse. Une fois de retour à Londres, je voulais être en mesure de les faire écouter aux journalistes, ainsi qu'à tous ceux qui n'avaient pas pu accompagner la tournée. Nous étions en route pour San Francisco, quand Paul (McCartney) m'a demandé : « Tu as ton magnéto, avec toi ? » J'ai répondu : « Oui, bien sûr. » Il m'a alors dit : « Fais-le tourner, ce soir, d'accord ? Enregistre le concert. » Je voyais où il voulait en venir, parce que les Beatles - et eux seuls - savaient qu'ils effectuaient leur dernière tournée. J'allais donc enregistrer l'ultime concert de leur carrière. »

« C'était une époque magnifique. Avec le recul, nous savons qu'elle restera unique, tout simplement parce que les Beatles ont été et ne sont plus. De temps à autre, on nous annonce un nouveau messie, qui va soi-disant révolutionner le monde de la musique, mais la vérité c'est que personne n'égalera ni ne remplacera jamais les Beatles. Sur le moment, bien entendu, nous avions, en quelque sorte, le nez collé à l'écran, nous étions trop près pour voir ce qui se passait. Ce n'est que quelques années plus tard que nous avons pu nous repasser le film de la Beatlemania, et ainsi nous rendre compte du gigantesque phénomène social qu'ont représenté les Beatles. Ce groupe a influencé toute une génération, à tous les niveaux - musical, vestimentaire, comportemental. Le passage à l'âge adulte s'est fait avec eux, et le pouvoir s'est déplacé. Il est passé de 40 à 25 ans. Les Beatles ont donné la parole à la jeunesse. Une génération entière à grandi à leur rythme, et adopté une nouvelle attitude, ainsi qu'une perspective différente. La révolution a commencé avec les Beatles. »|  |

Mémorial Information LivreFRDEUKESITUS