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10 mai 2016


Yoko Ono offre son œuvre Freight Train
au Musée d'art contemporain de Lyon


En 2014, l’artiste islandais Erró avait créé la surprise en offrant Le Surfeur d’argent au Musée d’art contemporain de Lyon (France). Yoko Ono, elle aussi, a donné une œuvre, plus discrètement, lors de l’installation de la rétrospective qui lui est consacrée jusqu'au 10 juillet 2016. Depuis son inauguration le 8 mars dernier, l'exposition Yoko Ono : lumière de l'aube a déjà accueilli plus de 20 000 visiteurs en 25 jours d’ouverture. Le public retrouve une centaine d’ouvrages sur plus de 3 000 m².

La guerre et l’humanisme sont présents dans l’ensemble de l'œuvre de Yoko Ono, comme Freight Train, ce wagon de 28 mètres qui ne manque pas d’évoquer certains des épisodes les plus tragiques de notre histoire récente, criblé d’impacts de balles, d’où émergent des rayons de lumières et des sonorités musicales. L'artiste japonaise avait souhaité avoir un wagon datant de la Seconde Guerre mondiale, pour faire de sa création « un mémorial destiné à toutes les injustices du XXe siècle » et « un manifeste de résistance, de guérison et d’espoir pour le futur ».

Tel morceau d’histoire ne se trouve plus, c’est donc un wagon plus contemporain qui a été acheminé depuis Angers par transport spécial jusqu’à une carrière à Hauteville-Lompnes, où des tireurs d’élite ont finalisé le travail. Il a ensuite été installé, en pleine nuit, à la Cité internationale, grâce à la collaboration des TCL (réseau des transports en commun lyonnais) et à deux grues de 80 tonnes. Le Freight Train est une œuvre datant de 1999, l'original n'a pas pu être délocalisé en France. Pour respecter la quiétude des résidents se trouvant à proximité, le volume sonore est réglé bas en journée et stoppe entre 21 h 30 et 10 h 30.


Ci-dessous, interview parue le 5 mai 2016 dans le journal Le Progrès, Lyon, France.

Vous vous attendiez à ce cadeau ?
Thierry Raspail, directeur du musée. « Cela a été une vraie surprise. Je sais par son entourage que Yoko Ono est quelqu’un de généreux, mais elle n’y avait jamais fait allusion. »

Qu’est ce qui l’a motivée, à votre avis ? 
« Je pense qu’elle était contente d’avoir une exposition en France. Il n’y en a pas eu tant que cela, dans un musée dont elle connaît les collections et avec une rétrospective originale : des œuvres pas figées que l’on peut modifier. Je pense aussi que les événements de Paris l’ont marquée. »

Quelle est la particularité de « Freight Train » ?
« Il a été inspiré par un fait-divers tragique : la mort en 1987 de plusieurs Mexicains qui essayaient de traverser la frontière des États-Unis dans un train de marchandises. Elle le transforme en symbole, c’est un monument, un hommage à ces phénomènes de résistance, de façon positive. J’avais attiré son attention sur cette œuvre. Souvent, les commissaires d’exposition s’attachent à montrer les premières œuvres, des années 59 à 62. Après la mort de John Lennon, elle a développé des œuvres de type social autour des femmes, de la paix, des agressions du monde… »

Peut-on évaluer sa cote ?
« Même si elle n’est pas dans le top 20, les œuvres de Yoko Ono sont rares et chères. Mais quand une œuvre rentre dans un musée de France, on ne peut plus la revendre (comme dans les pays anglo-saxons). »

Où allez-vous l’installer ?
« Pour l’instant, on la laisse en place. L’association qui gère la Cité internationale est favorable à la constitution d’un jardin de sculptures. Il faut voir comment elle cohabite avec le voisinage (de bureaux) : on a baissé le son et la lumière s’arrête à 22 heures. Il y a une réflexion large sur ce secteur : avec la montée en puissance de la Confluence, on a perdu un peu d’audience. »

Yoko Ono viendra- t-elle comme annoncé initialement autour de la mi-mai ?
« Je n’ai aucune information directe. Je sais qu’elle avait envie de venir. Je me demande si elle est rétablie. » (Elle n’avait pu assister à l’inauguration, en mars, pour cause de grippe sévère.)
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Afin d’éviter la file d’attente qui se forme les week-ends, le Musée d'art contemporain de Lyon conseille de privilégier les matins (le week-end, le musée ouvre à 10 h), entre 12 h et 14 h et les fins d’après-midi (le week-end jusqu’à 19 h).

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