Swiss Beatles Fan Club

1 novembre 2016


Au cœur de l'histoire du « Lost Weekend » :
le livre El fin de semana perdido de John Lennon d'Ivan Moldes


Ivan Moldes présente El fin de semana perdido de John Lennon John Lennon’s Lost Weekend »), le récit définitif de l'un des chapitres les plus fascinants mais peut-être aussi le moins bien connu de la biographie du musicien britannique. La séparation de John et Yoko, en septembre 1973, a été à l'origine de la période la plus créative de Lennon post-Beatles. Au cours des dix-huit mois où ils étaient séparés, Lennon a enregistré et sorti deux 33 tours, produit un album pour Harry Nilsson ainsi qu'un titre pour Mick Jagger, participé à un opus de Ringo Starr, collaboré avec Elton John et David Bowie sur des morceaux qui ont atteint le sommet des hit-parades américains. Il obtient également son premier et seul numéro un outre-Atlantique de son vivant avec Whatever Gets You Thru the Night, qui pousse Lennon à honorer son pari de rejoindre Elton John sur scène pour sa dernière prestation majeure, le 28 novembre 1974 au Madison Square Garden de New York. L'ultime apparition est le 18 avril 1975 lors d'une soirée de gala télévisée en hommage à Sir Lew Grade.

Dernier enregistrement de Lennon et McCartney

Ces mois-là, appelés par Lennon comme « The Lost Weekend » en référence au film de Billy Wilder, constituent non seulement la période la plus productive et la plus réussie de sa carrière solo, mais aussi, sur un plan personnel, il a renoué avec son fils Julian et son vieil ami Paul McCartney. Un rapprochement entre les deux artistes qui est resté secret mais qui a fini en jam session avec même, au cours de ces rencontres, l'évocation d'une éventuelle reformation des Beatles. La séance enregistrée est parue en 1992 sous le titre A Toot & A Snore et, bien que musicalement ce n'est pas très fructueux, cet événement et la bande musicale ont une importance historique s'agissant de la dernière fois où les deux anciens membres des Beatles se sont retrouvés ensemble en studio. Le lendemain, la famille McCartney a rendu visite à Lennon dans sa maison de Santa Monica où il habitait avec Keith Moon, Ringo Starr et Harry Nilsson pendant qu'ils enregistraient l'album Pussy Cats, une production signée John Lennon. Tous étaient réputés sous l’appellation des « Hollywood Vampires » aux côtés d'Alice Cooper et Mickey Dolenz (ex-Monkees), parce qu'on pouvait rarement les voir aux heures de la journée.

Une période trouble aussi pour John Lennon qui fut expulsé du Troubadour non pas une, mais deux fois du club de Los Angeles fréquenté par les célébrités d'Hollywood. La première pour avoir placé une serviette hygiénique sur son front pendant un concert d'Ann Peebles, et la seconde pour avoir chahuté les Smothers Brothers pendant leur concert de come-back. « J'avais trop bu et je hurlais », raconte Lennon plus tard. « C'était ma première soirée au Brandy Alexander - c'est du Brandy (Cognac) avec du lait. J'étais avec Harry Nilsson qui n'avait pas la même notoriété que moi, quel clodo. Il m'a poussé à en faire plus. Alors qu'habituellement, j'ai toujours quelqu'un qui me dit : « Ok Lennon, ferme-là ! »

Au cœur de l'histoire

Un récit passionnant dans lequel les stars qui ont marqué les jours les plus extravagants du rock sont des personnages principaux. Avec comme toile de fond, les abus effectués par l'administration Nixon et le scandale du Watergate qui a conduit à la démission d'un président américain, fait unique dans l'histoire. Le livre est divisé en deux sections. Première partie : « Los Angeles », avec les nuits les plus folles en ville et le détail de ce qu'il s'y est réellement passé. La seconde partie : « New York », la cité où Lennon cherchait refuge dans un processus d'autodestruction dans lequel il se perdait. La narration est présentée sous la forme d'un journal qui le suit tout au long de ces 18 mois et qui aide à comprendre le contexte de ces chapitres si singuliers de la vie de Lennon.

Cet ouvrage est le deuxième livre de l'auteur après Los Beatles y sus héros musicales The Beatles and their musical heroes »). Il a une bonne expérience musicale en tant que musicien et a aussi composé pour le label Universal Music Publishing. Il s'est spécialisé dans la littérature musicale en rédigeant des textes et traduisant des livres en espagnol comme John de Cynthia Lennon, The Treasures of Pink Floyd par Glenn Povey ou Dictionary of Rock par Roy Shuker. Pour l'écriture de El fin de semana perdido de John Lennon, Ivan Moldes a interviewé plus de vingt personnes qui ont vécu ces jours-là, y compris sa petite amie officielle de cette période, May Pang, ainsi que des musiciens ayant participé à Walls & Bridges tels que le saxophoniste Ron Aprea au sein de la section cuivre des Little Big Horns, comme s'amusait Lennon à les appeler durant la session. ||


Remerciements à Philippe Etzi du site français Lucy in the web pour la contribution du texte ci-dessus. Il est également cité dans l'ouvrage d'Ivan Moldes publié actuellement en espagnol.

Boutique Information
John Lennon en compagnie de Harry Nilsson, expulsion du Troubadour, Los Angeles, 12 mars 1974.
Ivan Moldes et May Pang, Liverpool, 2015.
Elton John et John Lennon, New York, 1974.
John Lennon et Harry Nilsson, pochette album « Pussy Cats », Record Plant Studios, New-York, 1974.