Swiss Beatles Fan Club

14 décembre 2016


Le jour du premier voyage sous LSD des Beatles


C’est le 28 août 1964 que les Beatles font l’expérience de la drogue, après le premier concert au Forest Hills Stadium de New York. Ce jour-là le quatuor de Liverpool rencontre la star américaine Bob Dylan qui les initie au cannabis. Depuis cette première expérience, les substances psychoactives vont prendre une place très importante dans la vie des Fab Four. Au cours des années 60, la prise de LSD est à l’origine d’une nouvelle forme de musique (psychédélique), mais d’un genre en particulier. En effet, il s’agit de percevoir différemment et sans limites toutes les musiques existantes. Cette façon folle et débridée de jouer autrement a pour conséquences les distorsions sonores, l’usage de nouveaux instruments, les nombreuses improvisations, et les solos de guitares plus longs que d’habitude dans des ambiances planantes ou électriques. La perception visuelle est elle aussi influencée puisqu'elle produira des clips musicaux d'un genre nouveau.

Le premier trip sous acide des Beatles était un accident. La rencontre des Beatles avec le LSD remonte au printemps 1965, lorsque John Lennon et George Harrison, accompagnés de leurs épouses Cynthia Lennon et Patti Boyd, ont été invités à dîner dans la maison de leur dentiste. John Riley – le dentiste en question – et sa petite amie Cyndy Bury avaient préparé au groupe un délicieux repas. Après cela, les invités étaient restés pour le café. John Riley voulait être le premier à faire découvrir le LSD aux Beatles. Le produit a été fabriqué dans une ferme au Pays de Galles. Ce n'est qu'après avoir englouti leur café que John Riley a avoué à Lennon que les morceaux de sucre contenaient du LSD – une nouvelle drogue très puissante, aux incroyables pouvoirs hallucinogènes. Lennon a dit : « Putain, pourquoi t'as fait ça ? »

George Harrison, lui, se souvenait parfaitement de cette scène : « Le dentiste a dit quelque chose à John et ce dernier s'est tourné vers moi pour me dire qu'on venait tout juste d'ingérer du LSD. Je ne savais pas ce que c'était alors que je me suis dit que ce n'était pas grave. » « Ce type nous demandait de rester, a poursuivi George, mais l'endroit commençait à devenir sordide. On aurait dit qu'il cherchait à tout prix à ce qu'un événement se produise chez lui. Il pensait qu'on allait finir par faire un gang bang et que lui aussi allait pouvoir s'envoyer en l'air. À mon avis, c'était la raison principale de son invitation. » Cynthia Lennon était beaucoup plus sensible aux effets secondaires. « C'était comme si on s'était retrouvé au milieu d'un film d'horreur, la pièce semblait de plus en plus grande... », a-t-elle confié. Bien des années après ce méfait, elle n'avait toujours pas pardonné. Elle précisera à Steve Turner pour la rédaction de son livre The Gospel According to the Beatles (2006) : « Quand vous allez pour le dîner chez votre dentiste, vous ne pouvez imaginer qu'un homme professionnel fassent quelque chose comme ça. »

Les deux membres des Beatles et leurs épouses ont fini par prendre congé de John Riley pour trouver refuge au Ad Lid Club de Londres, où les effets de la drogue se sont alors pleinement fait sentir. John Lennon se souvenait : « On était fou, on avait complètement perdu la tête. On voyait un feu dans l'ascenseur mais en réalité il s'agissait seulement d'une petite lumière rouge. » Alors que John commençait à péter les plombs, George vivait la chose différemment : « Je me sentais extrêmement bien, comme si Dieu était présent et que je pouvais le voir dans chaque brin d'herbe. » La nuit prit fin dans la maison de George à Esher. John pouvait alors reconsidérer son opinion sur l'acide. « Mon Dieu, c'était terrifiant et fantastique, affirmait-il. La maison de George ressemblait tout simplement à un immense sous-marin. » Quelques mois plus tard, lors de la seconde tournée des Beatles aux États-Unis, John et George ont décidé de reprendre du LSD pendant leur temps libre à Los Angeles. Harrison confiait : « John et moi avions décidé de faire goûter le LSD à Paul et Ringo parce qu'on ne parvenait plus à les comprendre. Nos différends étaient trop importants, nous n'arrivions plus à les suivre, le LSD nous avait totalement transformés. ». McCartney a refusé catégoriquement à cette occasion.

Cependant, à la fin du printemps 1967, Paul McCartney admettait ouvertement avoir pris du LSD, en bavardant avec un journaliste qui le questionnait à ce sujet. La citation est apparue dans le magazine britannique Queen, puis réimprimée pour celui du Life américain dans l'édition du 16 juin 1967, cette phrase a fait scandale : « Prendre du LSD m’a ouvert les yeux. Nous n’utilisons qu’un dixième de notre cerveau. Imaginez ce que nous pourrions accomplir si nous pouvions puiser dans cette partie cachée. Cela signifierait un nouveau monde ! ». Trois jours plus tard, le Beatle - la première star du rock à reconnaître publiquement sa consommation de LSD - est interviewé par la chaîne de télévision ITV. « Un journaliste m’a posé la question, explique-t-il. Soit je disais un mensonge, soit je disais la vérité. J’ai choisi la vérité. » À la question : « Ne pensez-vous pas que cela va encourager vos fans à consommer de la drogue ? », il répond posément : « Je ne pense pas que cela fera une différence. Ils ne vont pas en consommer parce que je l’ai fait […] Ceux qui vont les encourager, ce sont les journaux, et vous, la télévision, qui propagez la nouvelle. J’aimerais mieux que vous ne le fassiez pas […]. Si vous la fermez à ce sujet, je la fermerai aussi. ». Un peu plus d'un mois après cette controverse, les Beatles signaient une pétition dans le Times pour la légalisation de la marijuana.
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