Swiss Beatles Fan Club

20 janvier 2017


Paul McCartney poursuit en justice Sony/ATV Music Publishing
pour récupérer les droits d'auteur des Beatles


Paul McCartney a déposé plainte mercredi 18 janvier à New York contre la société d’édition musicale Sony/ATV Music Publishing pour s’assurer les droits sur certaines chansons des Beatles, une bataille qui pourrait être lourde de conséquences pour l’industrie du disque. Le joyau de Sony/ATV est constitué de deux cents chansons cosignées John Lennon et Paul McCartney, les deux principaux auteurs-compositeurs des Beatles. Tous les morceaux célèbres, à quelques exceptions près, y sont. Le montant exact des revenus en jeu relève du secret-défense mais, sur les vingt chansons les plus rentables de Sony/ATV en 2015, quatre venaient des Fab Four. Sachant que les premières places sont occupées par des tubes récents, à commencer par ceux de Rihanna.

Selon la plainte, le chanteur britannique a demandé à Sony/ATV Music Publishing de reconnaître sa volonté de récupérer les droits sur des chansons qu'il a composées à l'époque avec John Lennon, mais « les accusés ont refusé de fournir une telle confirmation ». Les Beatles en ont perdu les droits en 1970. Quarante-cinq ans plus tard, le chanteur ne décolère pas. Il le confiait encore il y a quelques années au Daily Express : « Ce qui n’est vraiment pas agréable quand je suis en tournée, c’est que je dois payer pour avoir le droit de jouer mes chansons. À chaque fois que je joue Hey Jude, je dois payer quelqu’un. »

Depuis 2009, Paul McCartney évoque régulièrement une obscure clause de la loi américaine sur les copyrights – ou droits d’auteur. « Dans dix ans environ, une grande partie du catalogue me revient, légalement », répète-t-il. Selon la loi américaine sur la protection des droits d’auteur (« Copyright Act ») de 1976, les artistes peuvent prétendre à la récupération des droits de leurs œuvres trente-cinq ans après l’année de leur première édition, ou jusqu’à cinquante-six ans pour des œuvres datant d’avant 1978. En 2018, cela fera cinquante-six ans que le célèbre groupe de Liverpool a publié son premier single, Love Me Do.

Une affaire similaire a opposé en décembre 2016 le groupe de pop anglais Duran Duran à sa société d’édition, détenue par Sony/ATV Music Publishing, devant la justice britannique. La formation voulait récupérer les droits de certains de ses anciens tubes, comme Rio ou A View to a Kill, chanson du générique du James Bond Dangereusement vôtre. Les juges ont alors estimé que la loi américaine ne s’appliquait pas en Grande-Bretagne. Le groupe japonais Sony a racheté en septembre 2016 les parts détenues par Michael Jackson dans leur société commune Sony/ATV. C’est en 1985 que Michael Jackson avait acheté ATV Music Publishing, qui comprenait les titres du groupe mythique britannique, pour 41,5 millions de dollars, à la barbe de Paul McCartney, qui n’avait pu renchérir. À l’époque, cet investissement avait été considéré comme un des plus intelligents et des plus rentables de l’histoire de la musique.
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