Swiss Beatles Fan Club

19 janvier 2017


Réédition de The Beatles en BD en partenariat avec Deezer


Tout comme les écrits, les chansons mythiques restent, imperméables au temps, fredonnée jusqu’à la fin des jours. Mais qu’en est-il des histoires qui flottent au vent, s’étiolant au fil du bouche-à-oreille ? Elles se perdent irrémédiablement si on ne les actualise pas de temps en temps. Fidèles au format qui a fait leur succès, les Éditions Petit à Petit rééditent The Beatles en BD, un ouvrage de 252 pages qui fait la part belle aux dessins de 25 auteurs, aux anecdotes qui entourent les dix ans d’existence du groupe légendaire tout en piochant dans leur discographie. Un livre où se joint également la musique puisque des playlists ont été créées pour l’occasion sur Deezer et sont accessibles en scannant les QR Codes disséminés au fil des pages et de la partition de vie des quatre garçons dans le vent. Une innovation par rapport aux précédentes éditions (un recueil du même acabit en 2008 chez Petit à Petit suivi, quelques années plus tard, d’une trilogie sélective aux anciennes Éditions Fetjine).

Une vingtaine d’anecdotes ont été choisies par Michels Mabel et scénarisée par Gaet’s, parfois rocambolesques (comme la rumeur de la mort de Paul ou la vendetta massive des Américains contre les Beatles à la suite d’une interview de John reprise par la presse à scandale) mais permettant surtout d’avancer à vitesse de croisière, des prémisses à la fin d’une époque plus que formidable, d’un disquaire obscur de Liverpool à un claquement de porte fatal dans les studios d’Abbey Road. À chaque épisode, un dessinateur différent à la main, faisant trait avec l’esprit et l’atmosphère qui traversent les Beatles. L’innocence des premiers pas en compagnie de Lu-K, la turbulence et la frénésie des premières scènes par Vox, A hard Day’s Night sous le crayon de Victor Giménez ou encore la période hallucinogène rendue par Piero Ruggeri et Filippo Neri.

Un voyage aux confins de l'histoire

Sans y perdre le style qui fait leur identité, les dessinateurs, tous dans le même bateau ou dans un sous-marin jaune, se révèlent habiles pour reconstituer en l’espace de quatre planches le climat régnant entre les Fab Four, de l’âge d’or de la collaboration Lennon-McCartney au démantèlement. On croise des figures connues (Yoko Ono qui poussa la mésentente à son paroxysme mais ne signa, a priori, pas la fin des Beatles ; Elvis Presley et une jam légendaire ; le guide ou imposteur, c’est selon, Maharishi Mahesh Yogi, responsable de l’orientalisation des Beatles ; le maître-picker de John, Donovan ; Mike Love, le premier leader des Beach Boys. Dans ces années 60 qui suintent tous les possibles quand on a l’audace et la fougue de les accomplir, les auteurs semblent à l’aise et dans leur élément.

Tous valent le coup d’œil : l’éclat féminin d’une belle rencontre hambourgeoise par Anne-Sophie Servantie, Ludivine Stock rend les honneurs au Cavern Club ; Amandine Puntous plongée dans les souvenirs et dans la froideur d’un Londres hivernal ; Romuald Gleyse dans la chaleur d'Abbey Road témoin de la naissance d’un mythe ; Julien Lamanda retranscrit toute la ferveur populaire du phénomène ; Efix en mode patchwork ; Lapuss « so french » ; Pierre Braillon quand il s’agit d’écraser le sol du Kennedy Airport ; Ben Lebègue Dylanesque ; Anthony Audibert pianissimo ; Bloop immortalise Elvis en caricature ; Akita mangaka-démoniaque ; Laurent Houssin aux confins du psychédélisme ; Richard Di Martino en mode Sergeant Pepper ; Martin Trystram pour un voyage mythique en Asie ; Clément Baloup pour faire ressentir l’instabilité amenée par Yoko Ono ; Edwina Cosme pour mettre des couleurs sur le White Album ; Patrick Lacan pour enterrer prématurément Paul ; Virginie de Lambert insinue le début de la fin ; Joël Alessandra qui scelle le destin du groupe et, enfin, Odile Santi réussit à refermer ce livre.
||

Boutique Information