Swiss Beatles Fan Club: La contre-culture des années 60 exposée à Londres

4 janvier 2017

La contre-culture des années 60 exposée à Londres

La contre-culture des années 60 exposée à Londres

On ne mesure sans doute pas assez aujourd’hui l’impact réellement révolutionnaire que la mini-jupe a eu sur nos sociétés dans les années 60. Mais le Victoria & Albert Museum de Londres, si. Il a aligné celles de la styliste Mary Quant et celles portées par le mannequin Twiggy pour faire entrer le visiteur dans sa grande exposition You Say You Want a Revolution ? Records and Rebels 1966-1970 qui se tient jusqu'au 26 février 2017. Un choix habile pour illustrer l’esprit de la culture pop : du style, de l’impertinence et du consumérisme. Avec son titre emprunté à une chanson des Beatles, Revolution, l’exposition « des disques et des rebelles » fait entrer au musée la culture pop, en faisant la part belle, logiquement, au Swinging London, mais sans oublier Mai 68 en France et la lutte pour les droits civiques des Noirs comme le mouvement hippie aux États-Unis.

La bande son des sixities

« C’était un nouveau monde. Une génération se croyait universelle, et capable de tout changer, de penser différemment, de lancer de nouvelles idées, de croire en des utopies », souligne Geoffrey Marsh, commissaire de l’exposition avec Victoria Broackes. Pour rendre compte de la période foisonnante d’un « changement social venu d’un petit groupe de personnes », les commissaires ont fait le choix de la profusion. Pas moins de 350 objets se déployant dans les grandes salles du musée, des photos, des costumes de scène, des affiches, des instruments de musique, des robes et des meubles, des livres, et surtout, surtout, des vinyles, du sol au plafond, sur les murs, dans les vitrines, dans des bacs… Ces 33 tours de l’époque sont accompagnées d’une bande son exceptionnelle que le visiteur entend au casque, avec en bonne place, les Beatles, Bob Dylan, Donovan, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Simon & Garfunkel et bien d'autres.

Dans la salle consacrée à Mai 68, on peut entendre Paris mai de Nougaro et Paris je ne t’aime plus de Léo Ferré. Deux costumes s’y font face, la combinaison spatiale très dénudée portée par Jane Fonda dans Barbarella de Vadim, et un uniforme complet de CRS, avec son casque et son lourd bouclier. « Un Français sur trois a moins de 20 ans en 1968 », rappelle un cartouche. « Le côté révolutionnaire de cette jeunesse est plus reconnu aujourd’hui en France qu’en Angleterre. Si en France, on se souvient de l’époque comme d’un grand moment de débats, au Royaume-Uni, on se remémore seulement une “ période bizarre  », assure Geoffrey Marsh.

Les Beatles en vedette

Aimant les contrastes, les commissaires ont choisi de placer face à face les manuscrits de paroles de chansons des Beatles. On ne saurait rêver plus différent : d’un côté Yesterday de Paul McCartney, avec son écriture propre et sans rature, et son titre nettement souligné ; de l’autre Tomorrow Never Knows de John Lennon, écrit à grandes lignes désordonnées, avec presque autant de lignes biffées de grands traits noirs très appuyés que de phrases gardées. Le légendaire groupe de Liverpool tient la place d’honneur, grâce à de très nombreux prêts de Yoko Ono, dont les costumes portés sur la célèbre pochette du Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, le manuscrit des paroles de Lucy in the Sky with Diamonds par Lennon, les illustrations originales au psychédélisme ultra-coloré d’Alan Aldridge et le sitar de George Harrison. L’exposition se termine à l’écoute du titre emblématique Imagine de John Lennon.
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