Swiss Beatles Fan Club: Les 50 ans de « Sgt. Pepper » dans le magazine « Rock & Folk »

25 mai 2017

Les 50 ans de « Sgt. Pepper » dans le magazine « Rock & Folk »

Les 50 ans de « Sgt. Pepper » dans le magazine « Rock & Folk »

Avec la banane d’Andy Warhol et la braguette des Rolling Stones, nous tenons avec Sgt. Pepper l’une des plus mythiques pochettes de disque pop. La chose est connue. Devenue coussin, magnet, t-shirt, mugs, et encadrée chez plein de gens rock, aussi. C’est dire son importance ! Graphiquement cette pochette colorée et végétale, arty, érudite et vaguement ésotérique (quelle signification donner à la présence de tous ces personnages et qui sont-ils ? Huit Beatles dont quatre en cire... Des instruments d’une autre musique que le rock et ces supposés messages sur la mort de Paul McCartney...) marque le passage des Beatles dans l’âge adulte, de la maturité et de leur maîtrise artistique totale et globale.

La période à moustaches et à rouflaquettes. La période hippie et celle du LSD aussi. Les pochettes des précédents Rubber Soul et Revolver permettaient encore une assimilation au groupe chéri. Il était possible de le copier, d’essayer de lui ressembler. D’avoir des coupes de cheveux à la Beatles, de tenter de trouver leur blouson de daim. De chanter faux les paroles en français de Michelle, également. De fantasmer sur la chemise de John Lennon au dos de Revolver, sur les lunettes de fumeur de Ringo Starr ou de voir George Harrison vaguement déguisé en cow-boy sur le collage de Klaus Voormann au recto. Cette période si gracieuse du groupe de Liverpool.

Mais là, avec ce Sgt. Pepper, impossible d’en faire autant. Car enfin, même dans ces années de plein emploi au cœur des si fameuses Trente Glorieuses, dur de postuler à quoi que ce soit d’autre que tuba ou tambour dans la fanfare du village, attifé de la sorte. Le groupe ne tournant plus, il s’éloigne symboliquement des années 60 pour inventer les années 70, avant d’arrêter à peine celles-ci atteintes. Tentant au passage de devenir anonymes en pleine lumière. Comme des Daft Punk emplumés et habillés en laquais. Nous fêtons donc ces jours-ci, les 50 ans de ce qui n’est peut-être pas le meilleur album des Beatles, mais à coup sûr, du plus connu. Paul McCartney n’avait pas 25 ans, George Harrison 24, Ringo Starr 26 et John Lennon pas encore 27...
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Extrait de l'éditorial du magazine « Rock & Folk », No 598, juin 2017. En vente dans les kiosques.

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