Swiss Beatles Fan Club

24 mai 2017


Manchester, la ville du rock frappée par un attentat


Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est à Manchester que le terrorisme a encore frappé, à la sortie d’une des plus grandes salles de concert d’Europe. Manchester est LA ville du rock, et de la fête, en Angleterre. La cité industrieuse située à 260 km au nord-ouest de Londres, cultive à merveille cet état d’esprit. Comme lors des attentats de Paris, le 13 novembre 2015, la jeunesse, celle qui aime la musique et la fête, a été visée par l'attentat qui a fait au moins 22 morts et environ 60 blessés, lundi 22 mai lors d'un concert d'Ariana Grande.

Tout commence dans les années 1960. Alors que les Beatles secouent la ville voisine de Liverpool, Herman’s Hermits réveille Manchester, surnommée « Cottonpolis » au XIXe siècle, en raison de son importante industrie cotonnière. No Milk Today, chante Peter Noone. Et la jeunesse se prend à rêver d’un avenir meilleur. Mais la véritable déflagration survient une décennie plus tard. Le 4 juin 1976, les Sex Pistols donnent un concert au Lesser Free Hall. Il n’y a que 42 personnes dans la salle. C’est le choc : comment, dans l’Angleterre pré-Thatcher, des jeunes mal élevés, des voyous - des punks, au sens littéral - osent-ils défier l’ordre établi ? C’est là, parmi ce maigre public, que naissent les Buzzocks, The Fall, Joy Division, The Smiths. Autant de groupes qui seront les fers de lance du rock anglais dans les années 1980.

À la fin de cette décennie de folie, Manchester invente la fusion entre le rock et la dance, sous l’impulsion de groupes comme New Order, The Stones Roses, Happy Mondays ou The Charlatans. À l’Hacienda, club ouvert par Tony Wilson, le patron du label Factory Records, on danse jusqu’au bout de la nuit sur la musique house importée des États-Unis. « Madchester », comme on la surnomme rapidement, devient la ville de tous les excès : drogues, alcool, sexe. Rapidement, la britpop (James, Oasis) supplante l’acid-house. L’esprit prolo demeure : on danse jusqu'au petit matin, on conspue le rival liverpuldien, et on va au stade supporter les Red Devils de Manchester United et d’Alex Ferguson. C’est ce qu’il reste de cette Angleterre prolétarienne, festive, insouciante qu’on a aussi voulu assassiner lundi soir. L'Histoire nous rappelle qu'à travers les jours sombres, le royaume de la reine Elizabeth II est toujours resté debout, fier et solidaire !
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Swiss Beatles Fan Club adresse toutes ses pensées
aux familles endeuillées ainsi qu'aux blessés.


Information


Herman's Hermits, « No Milk Today », 1966.