Swiss Beatles Fan Club

19 juillet 2017


Interview d'Andy Babiuk, auteur du livre
Beatles Gear : The Ultimate Edition


Troisième partie de l'interview d'Andy Babiuk par Mike Levine pour Audiofanzine.

Parlons un peu du matériel de scène des Beatles.
On voit des vidéos d'eux en concert avec tout le monde en train de hurler.
Est-ce qu'ils avaient des retours de scène? Comment faisaient-ils pour s'entendre chanter ?


Il n'y avait jamais de retours de scène. Vous chantiez, et vous n'entendiez que ce qui vous revenait de la sono ou de l'acoustique de la salle. Ils étaient bons, c'est tout. Ils avaient fait tellement de concert ensemble, et ils avaient l'habitude des harmonies, et de bien faire tout ce qu'ils faisaient.

Les retours n'existaient pas à l'époque ?

Non, il n'y en avait pas. C'est marrant, parce que dans mon bouquin sur les Rolling Stones j'insiste sur le fait que ce sont les Stones qui ont inventé le retour de scène. Ils ont été le premier groupe à emmener une sono en tournée et à expérimenter avec un retour. C'était lors de leur tournée en 1969. Ce n'étaient pas les retours d'aujourd'hui avec le caisson incliné, c'était un caisson normal dirigé vers leurs chevilles. On peut le voir notamment quand ils ont joué à Altamont, il y avait des baffles dirigés vers leurs chevilles. Au début ils utilisaient des baffles et les mettaient avec les amplis. Ils ne se rendaient pas compte que ça allait provoquer du larsen avec les micros. Ils ont été le premier groupe à le faire. Mais ce ne fut pas avant 1969, donc avant ça personne ne faisait ça. La seule fois où les Beatles l'ont fait, c'est quand ils ont joué sur le toit.

Je me demande comment ça faisait d'être dans le public à un concert des Beatles.

Je n'ai jamais vu les Beatles jouer en live, mais je rencontre plein de gens qui me disent qu'eux ont vécu ça. Je leur dis : « Super, vous les avez vus en live. Je sais que c'était excitant et tout, mais est-ce que vous les entendiez vraiment ? » Et la moitié des gens disent qu'ils n'entendaient rien, juste les cris. Et l'autre moitié me dit : « Ouais, on les entendait. On entendait les cris, mais on pouvait entendre le groupe jouer. On ne les entendait pas très bien, mais on les entendait jouer. » Je pense que tout était une question de perception.

Il y a quelque chose dans le livre sur le concert au Shea Stadium,
avec l'ingénieur du son en charge de la sonorisation qui parle de la sono,
elle était toute petite pour un lieu aussi vaste : seulement quelques canaux...


Au mieux, on dira qu'elle était primitive. À l'époque, on n'utilisait pas de systèmes de sono pour la musique. Quand les Beatles ont joué au Shea Stadium, il n'y avait jamais eu de concerts de cette importance là-bas. Jamais. Alors pourquoi un système énorme avec un gros volume sonore, et pourquoi mettre un micro pour chaque élément ? Qui pouvait même simplement y penser ? Là-bas, tout ce qu'il y avait c'étaient des matches de foot ou de base-ball. Tout ce dont il y avait besoin en matière de sono, c'était que l'annonceur puisse se faire entendre. Du coup, quand ils jouaient dans une patinoire, ou dans un stade de football ou de base-ball, ils chantaient littéralement dans la même sono que l'annonceur utilisait pendant les matches.

Incroyable !


C'est parce qu'il n'y avait pas de sonorisation en live. Personne ne l'avait fait avant eux. Et c'est intéressant parce que les Rolling Stones faisaient exactement la même chose. Sauf que les Stones ont continué à jouer en live après 1966-67, et alors que la technologie évoluait ils ont pu la mettre à profit pour améliorer leur configuration en live. Les Stones ont vraiment fait faire un bond en avant à tout ça.
||

Boutique Information

The Beatles au Crosley Field de Cincinnati (États-Unis, 21 août 1966).