Swiss Beatles Fan Club: Andy Babiuk, auteur du livre Beatles Gear : The Ultimate Edition

18 juillet 2017

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Andy Babiuk, auteur du livre Beatles Gear : The Ultimate Edition

Saviez-vous que la première guitare de John Lennon était une Gallotone Champion acoustique qu'il avait commandée sur un catalogue, que George Harrison jouait une « 12 cordes » Framus Hootenanny sur Help ! ou encore que Ringo avait commencé à jouer sur un kit Ludwig Downbeat drum en 1963 ? La réponse est à coup sûr « oui » si vous avez lu le livre d'Andy Babiuk, Beatles Gear : The Ultimate Edition qui chronique l'histoire du groupe à travers leurs instruments et leur matériel, sur scène comme en studio. Éditée en langue anglaise par Backbeat Books (2015), la publication est l'archétype du livre de chevet : un pavé de 512 pages bourrées d'informations, d'anecdotes et de quantité de photos. C'est la seconde édition de l'ouvrage, largement complété par rapport à la première qui était sortie en 2001 outre-Manche. « J'ai travaillé en relation directe avec Olivia Harrison et avec Ringo » déclare Babiuk à propos de ses recherches pour cette nouvelle édition, « et McCartney a été très cool, et Yoko a été super. » Parmi ses autres sources figurent Geoff Emerick, les regrettés George Martin et Neil Aspinall, ainsi que bien d'autres. Babiuk possède un magasin de guitares custom du nom de Fab Gear situé à Rochester dans l'État de New York, et il a longtemps joué dans le groupe The Chesterfield Kings, dont il dit lui-même qu'il était largement inspiré des groupes de l'époque de la « British Invasion ».

Première des quatre parties de l'interview d'Andy Babiuk par Mike Levine pour Audiofanzine.

J'ai vraiment aimé la façon dont le livre parcourt l'histoire du groupe à travers son matériel.

Je voulais écrire une histoire des Beatles de leur point de vue en tant que musicien. Il faut raconter l'histoire du groupe, on ne peut pas se contenter d'une liste d'objets. J'étais très heureux que l'on puisse y inclure les pochettes des albums. Parce que c'est une autre façon d'offrir un aperçu de ce qui se passait et du matériel utilisé au cours des différentes périodes du groupe. On se souvient tous de ces disques et de leurs pochettes, et ça aide à se repérer en termes de chronologie.

Certains des premiers instruments utilisés par le groupe l'ont été du fait de la difficulté
de se procurer des instruments de marques américaines en Angleterre, c'est bien ça ?
Par exemple, le choix d'une basse Hofner par Paul.


La Hofner, c'était plutôt parce qu'ils étaient en Allemagne. Il faut se souvenir de la mentalité et de l'âge de ces gars à l'époque. McCartney était un ado. À un moment, c'était soit il quittait le lycée pour rentrer dans un truc du genre les Beaux-Arts ou autre, soit il partait avec ses potes pour boire des bières, draguer des nanas et jouer de la musique toute la journée en Allemagne pendant un mois. « On s'en fout, allez, éclatons-nous », c'était ça leur mentalité. Mais en plus, ils n'avaient pas d'argent. Ils vivaient tous dans une pièce, ensemble, avec une bougie. C'était un peu dingue. Hofner était une marque allemande. Ils étaient dans le centre-ville d'Hambourg, où il y avait plein de magasins de musique. Du coup, les Beatles avaient accès aux instruments qui y étaient disponibles. La basse « Violin » était unique du fait qu'elle était symétrique. McCartney lui-même l'a dit. La plupart des basses, Fender ou autres, étaient asymétriques.

Ah oui, c'est vrai, il fallait qu'il puisse l'inverser pour l'utiliser en tant que gaucher.

Il l'a vue et il a dit : « hé, on pourrait la mettre dans l'autre sens et ça reviendrait au même .» Je vous le garantis, et tous ceux qui ont connu cette époque me l'ont dit : en entrant dans un magasin de musique, vous n'aviez vraiment aucune chance d'y trouver un instrument pour gaucher. C'était impossible. Donc McCartney s'est dit : « hmmm, on est en Allemagne, c'est une marque allemande, peut-être est-ce qu'ils pourraient en fabriquer une en mettant l'électronique de l'autre côté ? » Le gars lui a dit « bien sûr que oui ». Il voulait juste assurer une vente. Il a appelé Hofner, « hé, on a une vente pour un modèle gaucher, vous pouvez en fabriquer un ? » « Oui, bien sûr ! ». Et c'était parti, c'est aussi simple que ça. Et en plus, elle n'était pas chère. C'était une basse fabriquée en Allemagne, elles n'étaient pas très recherchées. Personne n'en jouait.

Et pourtant Paul a joué avec sa Hofner
pour une bonne partie de l'histoire du groupe, c'est bien ça ?


Ouais, c'est ça. Et je pense que l'une des principales raisons c'est qu'elle était légère. Il me l'a dit. Vous pouvez la porter à l'épaule pendant deux ou trois heures sans que cela ne vous tire, elle ne pèse quasiment rien. Et puis un autre détail dans lequel vous vous retrouverez si vous êtes guitariste, c'est que quand vous avez un instrument que vous connaissez bien, vous aimez bien l'utiliser parce que vous le connaissez par cœur. Même pas besoin de regarder le manche, vous savez exactement où se trouve la cinquième case. C'est une question de sensations.
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