Swiss Beatles Fan Club

20 août 2018

«Imagine» de John Lennon et Yoko Ono de retour au cinéma

«Imagine» de John Lennon et Yoko Ono de retour au cinéma

À partir du 17 septembre prochain dans les salles du monde entier, un incontournable pour tous les fans des Beatles et en particulier ceux de son fondateur : Imagine de John Lennon et Yoko Ono sera de retour sur grand écran. Le film a été réalisé en 1972 autour de l'album du même nom, dont la chanson la plus célèbre est sans aucun doute le single éponyme classé troisième de la liste des 500 meilleures chansons du magazine Rolling Stone. Imagine de John et Yoko a spécialement été « dépoussiéré » image par image à partir du négatif original et remasterisé pour cette réédition. La bande originale a également été entièrement remixée à partir des sources audio multipistes d'origine pour une définition en Dolby Atmos et 7.1 Surround. Le travail sonore est l'œuvre de Paul Hicks. L'ingénieur du son britannique a remporté trois Grammy Award, dont l'un pour la remasterisation du catalogue des Beatles et deux pour l'album « Love ». Il joue dans thenewno2, le groupe formé par Dhani Harrison, le fils de George.

La nouvelle monture 2018 distribuée par Eagle Rock Entertainment propose 15 minutes de bonus exclusif avec les chansons remixées de « How Do You Sleep ? » et « Oh My Love », donnant l’illusion d’être dans le studio avec le groupe formé de John Lennon, George Harrison, Nicky Hopkins (clavier des Rolling Stones), Alan White (batteur de Yes) et Klaus Voormann (bassiste de Manfred Mann et proche ami des Beatles à Hambourg). On y trouve également une première version de « Oh Yoko ! » filmée dans leur chambre d'hôtel aux Bahamas en 1969, juste avant le Bed-In For Peace de John et Yoko. Produit et réalisé par le couple Lennon, le film a été tourné aux Ascot Sound Studios construits en 1970 dans leur demeure de Tittenhurst Park à 40 kilomètres de Londres et à New York. Des invités de marque font leur apparition dans ce long-métrage autobiographique comme Andy Warhol, Miles Davis ou Fred Astaire. Cette projection 2018 s'accompagne en octobre d'un coffret de quatre CD et deux audios Blu-ray appelé Imagine : The Ultimate Deep Listening Experience, plus Imagine John Yoko, un livre décliné en trois éditions racontant l'histoire de l'enregistrement de l'album. D'autres informations seront communiquées prochainement. ||

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17 août 2018

Aretha Frankin : la reine immortelle de la soul

Aretha Frankin : la reine immortelle de la soul

Difficile de croire qu’Aretha Franklin a poussé son dernier souffle. Que l’âme de la « reine de la soul » a quitté son corps. Qu’elle s’est éteinte chez elle jeudi, près de Detroit, à 76 ans, paisible et entourée des siens, finalement vaincue par la maladie. Aretha morte ? C’est comme si une église s’écroulait, pas seulement la New Bethel Church que dirigeait son père, le révérend C. L. Franklin, l’église où elle grandit, mais l’église qu’était Aretha, quoi qu’elle chante. Aretha qui affirmait si puissamment la vie et la foi dans chaque note, Aretha qui avait le gospel dans la chambre d’écho de sa voix formidable, qu’il s’agisse de servir le blues, le rhythm and blues, le jazz, le rock, la musique pop. Aretha, quoi ! Aretha ! Aretha tout court. Celle que Janis Joplin appelait Aretha, celle qu’Amy Winehouse appelait Aretha, celle que les Julie Driscoll, Rhiannon Giddens, Tami Neilson, Rihanna, Janelle Monae et Beyoncé pleureront en l’appelant encore et toujours Aretha, ne répondra plus qu’à travers ses enregistrements et les films de ses performances. On repassera le métrage époustouflant de son passage à l’Olympia de Paris en 1968, avec les meilleures versions des « Respect », « Chain of Fools » et « Baby I Love You ». On fera tourner l’album Aretha Live at Fillmore West, de 1971, avec les 13 minutes de « Spirit in the Dark ». On reverra le clip de sa version de « Jumping » Jack Flash, avec un Keith Richards très, très heureux. Et le clip de « Freeway of Love », avec le regretté Clarence Clemons au saxo. On jouera en boucle sa performance de l’hymne gospel « My Country 'Tis of Thee » à l’inauguration de Barack Obama en 2009. On aura la gorge serrée en la voyant, amaigrie, lors de sa dernière prestation, le 7 novembre 2017, à l’occasion du gala de l’Elton John Aids Foundation.

On en témoignera, elle y avait encore ces moments où sa voix soulevait les gens du plancher : ces cris libérateurs issus du gospel, on les aura chéris jusque dans ses spectacles moins impressionnants des dernières années. On ne rappellera pas trop sa dernière présence à la salle Wilfrid-Pelletier à Montréal en 2008, où elle finit par lancer faux cils et perruque… On préférera de loin le moment où elle met le doigt sur le plexus de Matt « Guitar » Murphy et se met à chanter « Think » en plein snack-bar (et en pantoufles !) dans le film The Blues Brothers : c’est l’Aretha qui ne s’en laisse imposer par personne, la force de la nature. Pareillement impossible de penser à sa version de (« You Make Me Feel Like) A Natural Woman », la chanson de Carole King, sans revoir la séquence du film The Big Chill. Oui, littéralement, le grand frisson. On aurait bien pu ne jamais les avoir, ces morceaux essentiels de son répertoire de la dernière moitié des années 1960, ni la suite. Elle avait beau être née Aretha Louise Franklin à Memphis, Tennessee, le 25 mars 1942 d’un ministre du culte et d’une pianiste accomplie (Barbara Siggers), elle avait beau avoir été bercée par les James Cleveland, Mahalia Jackson et Clara Ward, elle avait beau avoir côtoyé Sam Cooke au temps des Soul Stirrers, le chemin qui mène de fille de pasteur à reine du soul ne fut pas aussi naturel qu’il y paraît. C’est souvent le destin des très grandes interprètes quand on peut tout chanter, on nous fait chanter un peu tout. C’est ainsi qu’Aretha Franklin, d’abord remarquée par le fameux découvreur John Hammond (qui visa juste de Dylan à Springsteen), se retrouva chanteuse jazzy-pop de cabaret chez Columbia, où on lui fit enregistrer, d’« Unforgettable » à « Walk on By » en passant par « Misty », des chansons qui ne lui permettaient pas de donner sa pleine mesure. Six ans passeront jusqu’à la signature chez Atlantic : c’est alors, et seulement alors, que le patron Jerry Wexler lui trouve le bon studio, les bons musiciens et des chansons d’amour nourries par le gospel : « I Never Loved a Man (The Way I Love You) », enregistrée à Muscle Shoals en Alabama, marque le véritable début d’une série de succès qui constituent, en parallèle aux disques sortis des studios Stax à Memphis, les pièces de résistance de la musique soul. Rien que sur le premier album d’Aretha chez Atlantic, paru au début de 1967, il y a « Baby I Love You » et « (You Make Me Feel Like) A Natural Woman ». Elle est sacrée reine du soul, et le restera.

Tout ce qu’elle touche, dès lors, devient émouvant, de « Eleanor Rigby » des Beatles à « The Weight », titre emblématique du groupe The Band, du « Bridge over Troubled Water » de Simon et Garfunkel au « Border Song (Holy Moses) » d’Elton John. Au début des années 1970, elle est au sommet de son art d’interprète et, telle un Marvin Gaye, devient symbole vivant de la lutte pour l’affranchissement de la culture afro-américaine : les titres de ses albums Spirit in the Dark, Young et Gifted and Black, sont là-dessus éloquents et porteurs. Et ensuite ? Le répertoire est moins mémorable, mais la présence d’Aretha Franklin demeure incontournable, et entre les tournées, elle cumulera doctorats honorifiques, hommages et récompenses prestigieuses. En plus de sa centaine de chansons qui se sont retrouvées, au fil des ans, au Top 100 du Billboard et de ses 18 trophées Grammy, elle est la première femme intronisée au Rock’n’Roll Hall of Fame, lauréate de la Presidential Medal of Freedom, et il existe déjà une rue à son nom, l’Aretha Franklin Way, à Detroit. Mais Aretha Franklin aura surtout insufflé à quiconque l’a entendue chanter le désir impérieux de la liberté. Avec la recommandation d’y penser à deux fois avant de trahir sa propre vérité. « You better think (think) / Think about what you’re trying to do to me / Yeah, think (think, think) / Let your mind go, let yourself be free / Oh, freedom (freedom), freedom (freedom) // Oh, freedom, yeah, freedommmmmm ! » Faites jouer la chanson, pour voir. Ni écran ni plafond de verre qui puissent résister à ça. Même si Aretha est partie, sa voix est encore et toujours la génératrice de l’âme des vivants. Une immortelle de la chanson nous a quittés.

Hommage des Beatles

« Prenons un instant pour être reconnaissant pour la magnifique vie d'Aretha Franklin, la reine de nos âmes, qui nous a tant inspirés depuis toutes ces années », a déclaré Paul McCartney. « Elle nous manquera, mais le souvenir de sa grandeur comme musicienne et comme être humain restera pour toujours avec nous ». Ringo Starr : « Que Dieu bénisse Aretha Franklin, la reine de la soul et paix et amour à sa famille ». ||

InformationMémorial

« Let It Be » (The Beatles) par Aretha Franklin (1970).
« Eleanor Rigby » (The Beatles) par Aretha Franklin (Fillmore West, San Francisco, 3 juillet 1971).

16 août 2018

Sean Lennon et James McCartney : un selfie dans la vie

Sean Lennon et James McCartney : un selfie dans la vie

S'ils se connaissent - forcément - depuis l'enfance, Sean Taro Ono Lennon, 42 ans, et James Louis McCartney, 40 ans, n'ont jamais collaboré à des projets musicaux communs. Aussi, les retrouver sur un très joli portrait, une guitare sous le bras pour James, avec une belle nature en arrière-plan, ça génère tout de suite un cocktail de nostalgie, d'émotion et, pourquoi pas, de spéculations. Surtout quand Sean, facétieux et énigmatique, se contente de poster un simple « Peekaboo » (coucou) en légende... Si Sean Lennon n'avait que 5 ans quand son père a été assassiné le 8 décembre 1980, plus tard, il a énormément collaboré avec sa mère Yoko Ono, artiste inclassable et touche-à-tout. Demi-frère du chanteur et photographe Julian Lennon, Sean, musicien et producteur, a sorti trois albums en son nom propre parmi lesquels le très remarqué Friendly Fire (2006) et de nombreux disques en collaboration avec différents groupes et artistes, et il a également signé des musiques de films. De son côté, James McCartney est l'unique fils de Paul et Linda McCartney, né après ses sœurs Heather, Mary (photographe) et Stella (célèbre créatrice de mode). Musicien, adepte de la méditation transcendantale comme son père et les autres Beatles, il mène une vie assez discrète et a beaucoup prêté main forte aux projets artistiques de ses parents. Il a travaillé sur certains albums de son père comme Flaming Pie (1997) et Driving Rain (2001) et sur Wide Prairie (1998), une compilation d'enregistrements de sa mère, sortie six mois après sa mort. Il a lui-même enregistré deux EP (mini-albums), puis deux albums en 2013 et 2016. En 2012, interrogé par la BBC sur la possibilité de former une sorte de « next generation » (prochaine génération) des Beatles, James McCartney avait confié : « Je ne pense pas que ce soit quelque chose que Zak [ ndlr : Zak Starkey, batteur, fils de Ringo Starr ] ait envie de faire. Peut-être que Jason [ autre fils de Ringo Starr, également batteur ] serait d'accord. Pour ma part, j'y serais prêt. Sean semblait partant, Dhani [ fils de George Harrison ] aussi. Je serais heureux de le faire. » Il a ajouté que le sujet avait alors déjà été discuté entre les garçons. Depuis, chacun vit sa vie... ||

15 août 2018

Enchères : la Mini de Paul McCartney et la Mercedes de John Lennon

Enchères : la Mini de Paul McCartney et la Mercedes de John Lennon

La vente aux enchères annuelle de Worldwide Auctioneers à Auburn, en Indiana aux États-Unis, se déroulera le 1er septembre prochain au pavillon Cord L-29 du National Auto & Truck Museum. Cette manifestation réunira 100 véhicules de collection anciens et récents, suscitant sans doute beaucoup d’intérêt auprès des amateurs du groupe rock britannique The Beatles, puisque deux véhicules vedettes qui ont appartenu à des membres de cette formation y seront offerts : la Morris Mini Cooper S De Ville 1965 de Paul McCartney et la Mercedes-Benz 300TD 1979 de John Lennon. Ces voitures proviennent de la collection de la famille Godbey, propriétaires du musée Sarasota Classic Car de Floride. Elles seront offertes sans prix de réserve. La voiture de McCartney est sans doute la plus attirante des deux. Cette Morris Mini Cooper S De Ville 1965 avait été préparée par Harold Radford Coachbuilders, un carrossier londonien qui embourgeoisait les Mini, de 1963 à 1975. Sa dotation comprend deux projecteurs additionnels logés dans la calandre, un toit coulissant Webasto et des feux arrière empruntés aux Aston Martin de l’époque. L’intérieur se démarque de celui d’une Mini de série par les lève-vitres électriques, un volant en bois Moto-Lita à trois branches, une sellerie de cuir et des boiseries décoratives.

Cette voiture est une des quatre Mini commandées par le manager des Beatles, Brian Epstein, pour ses protégés. Trois d’entre elles provenaient de Radford et la quatrième de Hooper, un autre carrossier. Comme les trois autres, la voiture de McCartney est équipée du 4-cylindres transversal de 1,3 L (1 275 cc) à double carburateur de série des Cooper. Ce moteur de 63 ch entraîne les roues avant par le biais d’une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports. On a vu cette voiture, qui a une carrosserie Vert armoise californienne, dans le film Magic Mystery Tour de 1967. Le commissaire-priseur précise qu’elle a subi une restauration cosmétique et que son moteur a été remis à neuf en 2001. Aucune valeur n’a été avancée pour cette puce mignonne. On peut s’attendre toutefois à un prix de vente dans les six chiffres, du moins si l’on se fie aux résultats obtenus l’an dernier par lors d'une vente de la maison londonienne Bonhams, qui a vendu la Mini Cooper S Radford de Ringo Starr à l’ex-Spice Girl, Geri Halliwell, pour environ 170 000 dollars.

La Mercedes-Benz 300TD 1979 de John Lennon, quant à elle, n’est assurément pas aussi sexy. Mais puisqu’elle a appartenu à cette célébrité, elle suscite beaucoup d’intérêt parmi les collectionneurs. Son 5-cylindres turbodiesel de 3,0 L, qui se contente de 87 ch, n’a rien pour la distinguer. D’ailleurs, Yoko Ono, la conjointe de Lennon, l’avait sans doute commandé pour sa vocation utilitaire. Et pourtant, cette 300TD très ordinaire est devenue l’artefact d’une saga après avoir été maintes fois citée par un des biographes de Lennon : le journaliste Frederic Seaman. Embauché par le chanteur en février 1979 pour être son assistant, il l’a accompagné jusqu’à son décès tragique, survenu en décembre 1980. Puis, il publie The Last Days of John Lennon : A Personal Memoir en 1991, l’ouvrage dans lequel il fait de nombreuses références à cette Mercedes. Après la mort de Lennon, plutôt que de sombrer dans l’oublier, la 300TD est devenue un symbole du chanteur dans les musées où elle a été exposée, à Nashville, Toronto et enfin Sarasota. Elle a même été l’objet d’un épisode de la série Lost and Found diffusé par le canal History, en décembre 2000. Depuis 2005, elle aurait reçu de nouvelles roues et serait toujours aussi agréable à conduire, assure le commissaire-priseur. Parions que lors de l’encan, elle sera l’objet d’une chaude lutte entre collectionneurs dont l’issue sera un prix de vente faramineux, étant donné que la valeur moyenne de cette voiture gravite autour de 10 500 dollars selon la compagnie d’assurances états-unienne Hagerty — du moins, une 300TD qui aurait appartenu à un quidam ! ||

Photos : à gauche, la Morris Mini Cooper S De Ville de Paul McCartney et à droite, la Mercedes-Benz 300TD de John Lennon. Pour découvrir le catalogue, consultez le lien ci-dessous.

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14 août 2018

La renaissance de l'ashram des Beatles à Rishikesh

La renaissance de l'ashram des Beatles à Rishikesh

Difficile d'imaginer que ces austères loges décrépies ont hébergé John, Paul, Ringo et George. Mais c'est une chance de pouvoir à nouveau visiter l'ashram indien où les Beatles connurent il y a 50 ans une de leurs périodes les plus fécondes. C'est ici, dans ce qui était la retraite du sémillant gourou Maharishi Mahesh Yogi aujourd'hui colonisée par la jungle, qu'a été composée la majorité de l'Album Blanc, un des chefs d'œuvre du plus célèbre groupe britannique du XXe siècle. « Avant, les gens entraient en douce, ce qui pouvait être dangereux », se rappelle le journaliste Raju Gusain, qui a joué un grand rôle dans la réhabilitation, très partielle, du site de Rishikesh, ville verdoyante arrosée par le Gange au pied de l'Himalaya (nord). « On pouvait y voir des traces de léopards et des bouses d'éléphants », poursuit-il. « Nous avons érigé une clôture pour tenir à l'écart les animaux de la réserve de tigres voisine. » C'est en février 1968 que les Beatles vinrent dans ce coin reculé. Quelques mois plus tôt, ils avaient perdu leur emblématique manager Brian Epstein décédé d'une surdose de barbituriques et les tensions étaient palpables au sein du Fab Four. Après avoir suivi à l'été 1967 une initiation à la méditation transcendentale au Pays de Galles, les quatre se laissent convaincre par Maharishi Mahesh Yogi (1917-2008) de le suivre avec leurs compagnes et d'autres dans sa retraite de Rishikesh.

L'accouplement de deux singes

Loin de l'Angleterre et de la vie accélérée à laquelle ne peuvent échapper ces stars planétaires, les Beatles parviennent dans la sérénité indienne à recoller les morceaux, lors d'une des phases les plus créatives de leur histoire artistique. Près de 50 chansons y sont composées, parmi lesquelles « I'm So Tired » ou « The Continuing Story of Bungalow Bill ». Le groupe est accompagné du musicien Donovan, de Mike Love des Beach Boys, de l'actrice Mia Farrow ou encore de la sœur cadette de cette dernière, la recluse Prudence. Toute à sa méditation, cette dernière passe ses journées cloîtrée, suscitant l'inquiétude de ses acolytes, et donnant à John Lennon l'idée de sa chanson « Dear Prudence ». La faune de Rishikesh aurait aussi inspiré à John « Everybody's Got Something to Hide Except Me and My Monkey », où il serait aussi question de l'héroïne et de Yoko Ono. En voyant deux singes s'accoupler dans la nature, Paul a lui eu l'idée du très efficace « Why Don't We Do It in the Road » tandis que la présence de Mike Love contribue à la naissance de « Back in the U.S.S.R. », pastiche de « California Girls » des Beach Boys. À l'exception de Ringo Starr, dont l'estomac goûte peu la cuisine locale et qui ne reste que 10 jours, chaque membre du groupe apprécie cette bienvenue coupure indienne et les séances de méditation.

Comme une plume qui flottait

« Je me sentais comme une plume qui flottait au-dessus d'un tuyau d'air chaud », racontera plus tard Paul McCartney. « Je l'avais dit à Maharishi qui m'avait répondu, en pouffant : « " Oui, c'est bien ! " » Ajit Singh, propriétaire d'un magasin de musique qui existe toujours dans la localité voisine de Dehradun, n'a rien oublié du séjour des Beatles, lui qui avait réparé la guitare de John et joué pour les 25 ans de George Harrison. Ce monsieur de 86 ans a des étoiles dans les yeux à l'heure de se remémorer ce thé offert dans sa boutique en toute simplicité à ces stars. « Ils étaient très polis, pas du tout hautains ou quoi », raconte-t-il. « Ca m'avait impressionné. Je dis toujours que c'était des gens bien. » L'ambiance se tendit cependant au bout de quelque temps, en raison notamment de rumeurs d'avances sexuelles de Maharishi faites à Mia Farrow et son désir évident de faire de l'argent sur le dos de ses éminents élèves. Paul partit au bout de cinq semaines, George et John après deux mois. Interrogé sur les raisons de ce départ par Maharishi, Lennon lui aurait répondu : « Vous devez le savoir si vous êtes si cosmique. » En attendant, les Beatles ont indéniablement contribué à la célébrité de Rishikesh auprès des Occidentaux, et à la popularité de la méditation. Maharishi eut même les honneurs de la couverture de magazine Time.

Prudence est venue jouer

Son ashram continua de prospérer avant de décliner, puis d'être abandonné en 2001. Sous ces latitudes, la nature revint très vite, des morceaux de bâtiments furent dérobés et des graffitis apparurent. L'endroit a cessé d'être négligé à partir de 2016 quand des passages ont été débroussaillés et certains bâtiments partiellement rénovés. Il faut aujourd'hui payer une entrée -600 roupies (7,50 euros) pour les étrangers, 150 pour les Indiens- pour accéder au site qui compte un café, une petite exposition de photos et des panneaux d'information. « Grand fan des Beatles », Atta Curemann, touriste américaine de 68 ans, espère que la réhabilitation du lieu n'ira pas plus loin. « La première fois que nous sommes venus il y a quatre ou cinq ans, c'était abandonné et nous avons dû payer un bakchich pour entrer », raconte-t-elle à l'AFP. « Mais j'espère qu'ils ne rendront pas l'endroit trop mignon et parfait parce qu'on veut pouvoir sentir son histoire. » Récemment, c'est Prudence elle-même qui est venue, raconte Raju Nautiyal, un ranger de la Rajasthan Tiger Reserve qui a aidé à l'aménagement du site. « J'avais l'habitude de chanter " Dear Prudence " et, un jour, Prudence est venue jouer ˚, sourit-il dans un jeu de mot sur la première phrase de la chanson (« Dear prudence, won't you come out to play »). ||