Swiss Beatles Fan Club

14 août 2018

La renaissance de l'ashram des Beatles à Rishikesh

La renaissance de l'ashram des Beatles à Rishikesh

Difficile d'imaginer que ces austères loges décrépies ont hébergé John, Paul, Ringo et George. Mais c'est une chance de pouvoir à nouveau visiter l'ashram indien où les Beatles connurent il y a 50 ans une de leurs périodes les plus fécondes. C'est ici, dans ce qui était la retraite du sémillant gourou Maharishi Mahesh Yogi aujourd'hui colonisée par la jungle, qu'a été composée la majorité de l'Album Blanc, un des chefs d'œuvre du plus célèbre groupe britannique du XXe siècle. « Avant, les gens entraient en douce, ce qui pouvait être dangereux », se rappelle le journaliste Raju Gusain, qui a joué un grand rôle dans la réhabilitation, très partielle, du site de Rishikesh, ville verdoyante arrosée par le Gange au pied de l'Himalaya (nord). « On pouvait y voir des traces de léopards et des bouses d'éléphants », poursuit-il. « Nous avons érigé une clôture pour tenir à l'écart les animaux de la réserve de tigres voisine. » C'est en février 1968 que les Beatles vinrent dans ce coin reculé. Quelques mois plus tôt, ils avaient perdu leur emblématique manager Brian Epstein décédé d'une surdose de barbituriques et les tensions étaient palpables au sein du Fab Four. Après avoir suivi à l'été 1967 une initiation à la méditation transcendentale au Pays de Galles, les quatre se laissent convaincre par Maharishi Mahesh Yogi (1917-2008) de le suivre avec leurs compagnes et d'autres dans sa retraite de Rishikesh.

L'accouplement de deux singes

Loin de l'Angleterre et de la vie accélérée à laquelle ne peuvent échapper ces stars planétaires, les Beatles parviennent dans la sérénité indienne à recoller les morceaux, lors d'une des phases les plus créatives de leur histoire artistique. Près de 50 chansons y sont composées, parmi lesquelles « I'm So Tired » ou « The Continuing Story of Bungalow Bill ». Le groupe est accompagné du musicien Donovan, de Mike Love des Beach Boys, de l'actrice Mia Farrow ou encore de la sœur cadette de cette dernière, la recluse Prudence. Toute à sa méditation, cette dernière passe ses journées cloîtrée, suscitant l'inquiétude de ses acolytes, et donnant à John Lennon l'idée de sa chanson « Dear Prudence ». La faune de Rishikesh aurait aussi inspiré à John « Everybody's Got Something to Hide Except Me and My Monkey », où il serait aussi question de l'héroïne et de Yoko Ono. En voyant deux singes s'accoupler dans la nature, Paul a lui eu l'idée du très efficace « Why Don't We Do It in the Road » tandis que la présence de Mike Love contribue à la naissance de « Back in the U.S.S.R. », pastiche de « California Girls » des Beach Boys. À l'exception de Ringo Starr, dont l'estomac goûte peu la cuisine locale et qui ne reste que 10 jours, chaque membre du groupe apprécie cette bienvenue coupure indienne et les séances de méditation.

Comme une plume qui flottait

« Je me sentais comme une plume qui flottait au-dessus d'un tuyau d'air chaud », racontera plus tard Paul McCartney. « Je l'avais dit à Maharishi qui m'avait répondu, en pouffant : « " Oui, c'est bien ! " » Ajit Singh, propriétaire d'un magasin de musique qui existe toujours dans la localité voisine de Dehradun, n'a rien oublié du séjour des Beatles, lui qui avait réparé la guitare de John et joué pour les 25 ans de George Harrison. Ce monsieur de 86 ans a des étoiles dans les yeux à l'heure de se remémorer ce thé offert dans sa boutique en toute simplicité à ces stars. « Ils étaient très polis, pas du tout hautains ou quoi », raconte-t-il. « Ca m'avait impressionné. Je dis toujours que c'était des gens bien. » L'ambiance se tendit cependant au bout de quelque temps, en raison notamment de rumeurs d'avances sexuelles de Maharishi faites à Mia Farrow et son désir évident de faire de l'argent sur le dos de ses éminents élèves. Paul partit au bout de cinq semaines, George et John après deux mois. Interrogé sur les raisons de ce départ par Maharishi, Lennon lui aurait répondu : « Vous devez le savoir si vous êtes si cosmique. » En attendant, les Beatles ont indéniablement contribué à la célébrité de Rishikesh auprès des Occidentaux, et à la popularité de la méditation. Maharishi eut même les honneurs de la couverture de magazine Time.

Prudence est venue jouer

Son ashram continua de prospérer avant de décliner, puis d'être abandonné en 2001. Sous ces latitudes, la nature revint très vite, des morceaux de bâtiments furent dérobés et des graffitis apparurent. L'endroit a cessé d'être négligé à partir de 2016 quand des passages ont été débroussaillés et certains bâtiments partiellement rénovés. Il faut aujourd'hui payer une entrée -600 roupies (7,50 euros) pour les étrangers, 150 pour les Indiens- pour accéder au site qui compte un café, une petite exposition de photos et des panneaux d'information. « Grand fan des Beatles », Atta Curemann, touriste américaine de 68 ans, espère que la réhabilitation du lieu n'ira pas plus loin. « La première fois que nous sommes venus il y a quatre ou cinq ans, c'était abandonné et nous avons dû payer un bakchich pour entrer », raconte-t-elle à l'AFP. « Mais j'espère qu'ils ne rendront pas l'endroit trop mignon et parfait parce qu'on veut pouvoir sentir son histoire. » Récemment, c'est Prudence elle-même qui est venue, raconte Raju Nautiyal, un ranger de la Rajasthan Tiger Reserve qui a aidé à l'aménagement du site. « J'avais l'habitude de chanter " Dear Prudence " et, un jour, Prudence est venue jouer ˚, sourit-il dans un jeu de mot sur la première phrase de la chanson (« Dear prudence, won't you come out to play »). ||

9 août 2018

George Harrison : la guitare Maton Mastersound MS-500 aux enchères

George Harrison : la guitare Maton Mastersound MS-500 aux enchères

La guitare australienne, une Maton Mastersound MS-500, sera vendue aux enchères entre 300 000 et 400 000 livres sterling le 12 septembre prochain par Guitar Auctions. George Harrison avait joué régulièrement pendant l'été 1963 sur cette guitare, pendant que la sienne, une Gretsch Country Gentleman, était en réparation chez Barratt à Manchester. Le propriétaire Brian Higham, lui a prêté la Maton Mastersound MS-500 en remplacement temporaire. Mais après avoir récupéré sa Gretsch, Harrison décida de garder la Maton et de l'utiliser lors de plusieurs spectacles des Beatles - y compris leur dernier concert au Cavern Club de Liverpool, le 3 août 1963. Ensuite, la guitare de retour chez le réparateur fut échangée avec la Fender Stratocaster de Roy Barber, guitariste du groupe Dave Berry and the Cruisers, et qui l'a utilisée pendant plusieurs années puis rangée dans son étui au grenier de sa maison à Totley, dans la banlieue de Sheffield. Après le décès de Barber en 2000, son épouse l'a prêtée au Centre national de musique populaire de Sheffield. Elle a été aussi exposée au musée Beatles Story de Liverpool. Mme Barber, qui a déclaré vouloir envoyer son fils à l'Université de Cambridge, a mis cette guitare aux enchères en juin 2002. C'est Music Ground, qui a apparemment acheté la Maton et l'a vendue à l'Anglais John Marks pour 35 000 livres sterling. Lors d'une autre vente aux enchères en 2015, elle était partie au prix de 373 000 livres sterling. L'instrument avait été acheté à Mount Vernon, dans l'Illinois en 1963, et avait servi la même année à George Harrison pour les shows télévisés des Beatles : Ready Steady Go ! et Thank Your Lucky Stars. On retrouve aussi cette guitare sur les versions studio de « I Want to Hold Your Hand » et « This Boy » en octobre 1963. La maison britannique Guitar Auctions proposera également en septembre d'autres guitares, dont l'une ayant appartenu à Maurice Gibb des Bee Gees et l'autre à Steve Howe, membre des groupes Yes et Asia. ||

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8 août 2018

adidas by Stella McCartney : la collection automne-hiver 2018

adidas by Stella McCartney : la collection automne-hiver 2018

adidas by Stella McCartney a dévoilé ce 2 août une collection automne-hiver 2018 inspirée du pouvoir de la nature et du besoin de la préserver. La nouvelle collection a été dessinée pour permettre aux athlètes de s'entraîner par tous les temps grâce aux technologies Climaheat, qui retient la chaleur et Boost, qui procure aux coureurs un amorti à retour d'énergie accru. En accord avec l'objectif d'adidas et de Stella McCartney de réduire leur empreinte écologique, les nouvelles pièces comportent des textiles innovants et éco-respectueux, notamment le polyester recyclé, le nylon ECONYL® et le coton bio. Les imprimés animaliers inspirés d'espèces en danger d'extinction ne sont pas uniquement des éléments esthétiques : ils rappellent la nécessité de préserver le monde dans lequel nous vivons. « La saison dernière, nous avons débuté une grande aventure avec notre mission " moins d'impact = plus de puissance ". À présent, nous poussons cet engagement plus loin », commente Stella McCartney. « Plus de la moitié des tenues et un tiers des chaussures de la collection automne-hiver 2018 sont fabriqués grâce à des matériaux éco-innovants et recyclés, comme le plastique Parley's Ocean®. Il est temps d'initier ce changement dont nous voulons être les témoins. D'agir dès maintenant et d'offrir plus de signification à tout ce que nous faisons », conclut la créatrice. Sportive invétérée et passionnée des causes écologiques, le top Ming Xi est le visage de cette campagne adidas by Stella McCartney. ||

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7 août 2018

3 août 1963 : le dernier concert des Beatles au Cavern Club

3 août 1963 : le dernier concert des Beatles au Cavern Club

En ce mois d'août 1963, les Beatles étaient toujours considérés comme un groupe purement de Liverpool, qui voyageait occasionnellement dans d’autres villes du vieux Merseyside, région qui deviendra un comté métropolitain en 1974. Le 3 août fut pour l'histoire leur dernière représentation au Cavern Club de la cité liverpuldienne du 10 Mathew Street, considéré comme le lieu de naissance des Beatles. Les Quarrymen, la première formation crée par John Lennon s'y est également produite. Le bâtiment ouvert le 16 janvier 1957 et dédié à la musique jazz à ses débuts, fut démoli en 1973 puis reconstruit en 1982 sous la forme d'une réplique à quelques mètres de l’original. Ceux qui deviendront éternellement les Fab Four assureront du 9 février 1961 au 3 août 1963 quelques 292 prestations, souvent à l'heure du déjeuner selon les traditions anglaises, attirant une foule de spectateurs de plus en plus grande, créant un premier noyau de fans. Limogé par le manager Brian Epstein, la batteur Pete Best sera remplacé par Ringo Starr, ce dernier faisant son premier concert avec le groupe le 18 août 1962, à Port Sunlight, puis le lendemain au Cavern Club où l'accueil fut « glacial » de la part du public pour ce nouveau membre. Certains fans crièrent : « Pete is best ! » et « Ringo, never, Pete Best forever ! » George Harrison finira la soirée avec un œil au beurre noir... De nombreux autres groupes et artistes ont joué dans ce fief historique de la Beatlemania (notamment les représentants du style Merseybeat comme Billy J. Kramer & the Dakotas ou Gerry and the Pacemakers) : The Rolling Stones, Queen, Arctic Monkeys, The Who, Pink Floyd, Oasis, Aretha Franklin, John Lee Hooker ou The Kinks.

Payés 5 livres pour le premier concert au Cavern Club, les Beatles en recevront 300 pour la dernière soirée devant 500 fans, une somme d'argent considérable selon Bob Wooler, le DJ du club. Les billets d'entrée avaient été mis en vente le 21 juillet à 13 h 30, et écoulés en 30 minutes. Bien que Epstein ait promis à Wooler que les Beatles reviendraient un jour, ce ne fût jamais le cas : « En 1963, les Beatles étaient en tête des hit-parades, et nous savions qu’ils ne joueraient plus au Cavern Club très longtemps. Brian nous devait trois dates, parce qu’il avait annulé trois fois pour cause de passage télé. Le dernier concert a eu lieu le 3 août 1963. C’était un samedi. L’atmosphère était pesante, mais leur prestation fut fantastique. Ils ont joué comme au tout début et les fans ont adoré. Le public ne cherchait pas à grimper sur la scène, personne ne chahutait. Il y avait un vrai respect des artistes, c’était merveilleux. J’ai eu l’honneur de les annoncer pour tous leurs concerts au Cavern. Je n’avais pas grand-chose à faire, c’était un groupe qui se passait très bien de préambule. Je disais simplement : " Voici les Beatles ! " » Pendant le concert ce soir-là et cinq minutes après le début du spectacle, une panne de courant a plongé le club dans une obscurité absolue. En attendant que l’électricité revienne, John Lennon et Paul McCartney ont alors spontanément joué une version acoustique de « When I'm Sixty-Four », un morceau qu’ils sortiront en 1967 pour l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band. ||

Les Beatles interprètent « Some Other Guy » au Cavern Club de Liverpool (22 août 1962).

6 août 2018

Gloria Hiroko Chapman : l'épouse de l'assassin de John Lennon se confie

Gloria Hiroko Chapman : l'épouse de l'assassin de John Lennon se confie

Gloria Hiroko Chapman a révélé que son mari, Mark, lui avait confié son intention d’assassiner John Lennon deux mois avant de tuer le Beatle devant son domicile de New York. C’est ce qu’elle a révélé lors d’une entrevue exclusive au Daily Mirror, et d'affirmer qu’il n’avait jamais mis sa menace à exécution à l’époque à cause de son amour pour elle et avait insisté sur le fait qu’il avait jeté le pistolet qu’il comptait utiliser. « Il est rentré à la maison (après un voyage à New York), me disant que pour se faire un nom, il avait prévu de tuer Lennon. Mais il a dit que mon amour l'avait sauvé. » Pourtant, deux mois plus tard, alors que Gloria était à Hawaï, Mark Chapman est passé de la parole aux actes. Dès qu’elle a appris que John Lennon avait été tué, Gloria a confié au tabloïd britannique qu’elle savait que son mari était l’assassin. Elle affirme toutefois que bien qu’elle savait que son époux prévoyait retourner à New York, elle ignorait qu’il y allait pour finalement assassiner le Beatle. « Il m’avait dit qu’il avait jeté l’arme dans l’océan et je l’ai cru, mais il m'avait menti », a-t-elle raconté.

Gloria se souvient du 8 décembre 1980 comme si c’était hier. « Ce fut l'une des nuits les plus sombres de ma vie. [...] Ma vie a radicalement changé cette nuit-là. J'étais maintenant Mme Mark David Chapman, l'épouse d'un meurtrier et non pas n'importe quel meurtrier, le meurtrier d’une victime connue et aimée par des millions de personnes à travers le monde », dit-elle. Après l’arrestation de son mari, les proches de Gloria l’ont exhortée à divorcer. Mais ses profondes croyances religieuses l’ont poussée à demeurer auprès de lui. Elle admet même avoir été violemment maltraitée par son mari au cours de leur première année de mariage. « Il se fâchait contre moi facilement et à quelques reprises, il m’a blessée physiquement. Il a commencé à boire et entrait ivre. Mais j'ai pris nos vœux de mariage au sérieux. J'ai dit que j'aimerai Marc pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, malade et en bonne santé tant que nous vivrons tous les deux », a-t-elle mentionné. Depuis 25 ans, Gloria et Mark ne sont autorisés qu’à passer 44 heures par année ensemble au cours de visites conjugales, où ils peuvent avoir de l’intimité dans une caravane. Mark David Chapman est détenu à la prison de haute sécurité de Wende, à Alden, dans l’État de New York. Après 38 ans derrière les barreaux, Gloria souhaite que son mari retrouve sa liberté alors que sa dixième demande de libération conditionnelle sera entendue le 20 août prochain. ||

3 août 2018

«Live and Let Die» : Paul McCartney au service de James Bond

«Live and Let Die» : Paul McCartney au service de James Bond

La première mission de Roger Moore sous le matricule 007 ? Neutraliser un dictateur, le Dr Kananga, qui sévit depuis une île (fictive) des Caraïbes. Dans Live and Let Die (1973), la chanson créditée Paul et Linda McCartney retentit d'abord au générique, qui met en scène des femmes noires à demi-dévêtues dansant lascivement au milieu de jet de flammes, et plus tard dans le film, lorsque Bond se laisse déconcentrer par une chanteuse afro-américaine à la voix d'or et au décolleté plongeant. Paul McCartney peut remercier George Martin. Aussi surprenant soit-il, les producteurs de James Bond n'étaient pas du tout convaincus du choix de McCartney pour interpréter « Live and Let Die ». George Martin, le producteur des Beatles, auteur d'arrangements aussi mythiques que ceux d'« Eleanor Rigby » et de « A Day in the Life », a dû insister auprès d'Harry Saltzman (l'homme derrière les premiers James Bond, avec Albert Broccoli) pour faire embaucher Macca et son nouveau groupe, les Wings, formé avec sa femme Linda.

Retour sur l'histoire. Les Beatles sont séparés, les Wings existent depuis peu, le groupe est en studio quand Paul McCartney reçoit un coup de fil de George Martin. Ce dernier a été engagé pour composer la musique du 8e James Bond, Live and Let Die, et est persuadé que la chanson du générique doit être écrite par McCartney et interprétée par les Wings. Paul dévore le roman de Ian Fleming (Requins et services secrets) et se met au travail. « Je l'ai lu et j'ai pensé que c'était assez bon. Cet après-midi-là, j'ai écrit la chanson et je suis entré en studio la semaine suivante et je l'ai fait », raconte sobrement l'ex-Beatle. Mais les choses se corsent quand Martin présente la chanson aux producteurs de Bond. Les précédents génériques avaient été enregistrés par des artistes solo, et, en général, par des femmes. Donc, quand Harry Saltzman écoute le morceau des Wings, il croit entendre une simple démo. « C'est super ! Et maintenant on prend qui pour le disque ? demande-t-il à Martin. Thelma Houston, ça vous dirait ? » L'ex-acolyte des Beatles lui explique alors poliment que Paul fera très bien l'affaire. Le producteur de la franchise se laisse finalement convaincre, non sans exprimer une très grande réticence.

Les raisons du succès

Tout est flamboyant dans « Live and Let Die ». À commencer par le son. « La chanson prit forme en deux parties distinctes : une ballade méditative de Paul et un reggae plein d'entrain de Linda (unis par un rock nerveux pour le pont) », détaille Philip Norman dans la biographie de McCartney. Producteur et arrangeur du morceau, George Martin fait venir le percussionniste Ray Cooper (que tout le monde s'arrache, d'Elton John à Eric Clapton) pour rythmer la musique et ajoute des effets symphoniques à la A Day in the Life, aussi haletants qu'une course-poursuite dans un James Bond. Dans le film avec Roger Moore, la chanson résonne d'ailleurs lorsque 007 tente d'échapper à ses ennemis en conduisant à toute allure un bus à deux étages qui finit ratiboisé. Et puis, ce titre, Vivre et laisser mourir, résume l'essence même de Bond, agent 007 qui possède le « permis de tuer ». Le succès de la chanson n'a donc rien d'étonnant : elle permet à la franchise de décrocher une nomination aux Oscars dans la catégorie meilleure musique de film (récompense que Paul McCartney ne remportera malheureusement pas). Mais la vraie récompense est commerciale. Le morceau se classe à la deuxième place des meilleures ventes de disques en 1973 aux États-Unis et fait décoller la carrière des Wings.

Les Wings enregistrent « Live and Let Die » en octobre 1972 durant les sessions de l'album Red Rose Speedway, le titre ne figure pas sur le disque, mais sur un single paru le 1e juin 1973. Le chanson apparaît cinq ans plus tard sur une compilation de Paul McCartney. En revanche, l'ex-Beatle n'a jamais cessé de l'interpréter en live. « Live and Let Die » est même le clou de ses concerts et donne lieu à un spectacle pyrotechnique impressionnant, avec des jets de flammes tout au long de la scène tandis que McCartney s'emporte sur son piano. « Live and Let Die » a été maintes fois repris, la version la plus connue étant celle des Guns N' Roses, en 1991. La « Spice Girl » Geri Halliwell l'a également commercialisée en face B de son single « Lift Me Up », en 1999, et le titre faisait partie du « James Bond Medley » de Céline Dion lors de ses spectacles à Las Vegas. Et en France, la plus célèbre des reprises reste celle de l'émission politique L'Heure de vérité (1982 à 1995). Les invités avaient pour habitude de faire leur entrée sur la musique de McCartney. Seul François Mitterrand a refusé cette arrivée pétaradante. ||

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