Swiss Beatles Fan Club: Paul McCartney : sa tournée, ses rituels et la poésie du rap

14 août 2017

Paul McCartney : sa tournée, ses rituels et la poésie du rap

Paul McCartney : sa tournée, ses rituels et la poésie du rap

En moyenne, un concert de Paul McCartney en 2017 dure près de trois heures et comprend environ 37 chansons qui couvrent six décennies de musique qu’il a écrite et jouée avec les Quarrymen, les Beatles, les Wings ou en solo. Mais cela n’impressionne pas l’artiste de 75 ans aussi endurant qu’un homme deux fois plus jeune. « Je fais ça depuis longtemps et mon corps y est habitué », déclare-t-il en riant. McCartney était d’une humeur affable lorsqu’il a appelé Rolling Stone tout en conduisant sur les routes d’Angleterre en mai dernier. « Bonjour, c’est Paul. … Paul McCartney. Vous attendiez mon appel ? », demande-t-il, nonchalant. Le 7 juillet dernier à Miami, l’auteur-compositeur a débuté la nouvelle partie nord américaine de sa tournée One on One qu’il a commencée l’année dernière. Il explique que ce nom décrit ce qu’il espère accomplir durant la tournée. « La vérité, c’est que quand je suis en concert, j’ai en quelques sortes l’impression de parler à quelqu’un comme moi dans le public. Je m’identifie à ces personnes et quand je joue, j’imagine que c’est moi qui écoute ce groupe, ce gars sur scène. Dans des critiques, les gens ont dit que même si je joue dans un grand stade, c’est très intime avec les écrans qu’on utilise et la façon dont on les utilise. Même si vous êtes dans les gradins du fond, on fait tout pour que ce soit intime. Comme je l’ai dit, c’est moi, en tête à tête avec chaque personne du public ».

À quoi doivent s’attendre les fans pour cette nouvelle tournée ?

Avec un peu de chance, à une joyeuse soirée. C’est tout ce que j’essaye de faire. On monte sur scène, on essaye de passer un bon moment et de faire en sorte que le public passe un bon moment parce que je sais ce que c’est d’être à leur place.

Allez-vous faire quelque chose de différent pour cette partie de la tournée ?

En gros, on fait des concerts de One on One et on change certaines petites choses. C’est une version rafraîchie. Nous n’avons jamais joué [ pendant cette tournée ] dans la plupart des endroits dans lesquels on se produira.

Vous vous êtes toujours décrit comme quelqu’un de compétitif. Êtes-vous compétitif quand vous êtes en tournée en essayant de donner le meilleur concert possible ?

Je pense que n’importe qui, lorsqu’il fait un boulot, essaye de faire de son mieux. Donc ouais, j’imagine que je suis compétitif. Pas d’une façon délirante : si quelqu’un fait mieux que nous, je ne rentre pas chez moi en pleurant. C’est juste quelque chose de naturel. Avec les Beatles, on a toujours essayé d’être le meilleur groupe de Liverpool. On a ensuite essayé d’être le meilleur groupe d’Angleterre puis le meilleur groupe au monde. C’est un réflexe. Mais je pense que ce à quoi vous devez vraiment penser, c’est à ce qui se passerait si vous n’étiez pas dans cette optique. Vous feriez du travail bâclé. Vous vous diriez : « Est-ce que c’est important ? Je vais faire deux-trois trucs ce soir et personne ne s’en rendra compte. » J’imagine que ça fait de moi une personne qui a l’esprit de compétition.

Est-ce que c’est difficile de s’approprier l’espace tous les soirs ?

Pas vraiment. On se prépare et on fait une balance audio avant le concert donc on s’approprie l’espace. Mais une fois qu’on est devant le public, on y est vraiment. On est dans la zone et même si vous trouvez ça difficile, c’est facile. Il n’y a nulle part d’autre où aller. Vous êtes là et vous n’avez qu’à… donner le meilleur de vous-même. Donc non, ce n’est pas trop dur.

Vous interprétez près de 40 chansons chaque soir et vos concerts durent en moyenne trois heures. Quel est le secret pour avoir autant d’énergie ?

Je pense que c’est la même réponse. Une fois que vous êtes devant un public… vous êtes rechargé. Ça recharge vos batteries, c’est génial. C’est différent tous les soirs et on joue quelques chansons différentes tous les soirs. On essaye toujours de bien faire les choses et de s’amuser. On en parle après : « On a presque réussi, il n’y a que deux-trois choses qu’on fera mieux la prochaine fois. » Les gens se disent : « Je ne vois pas de quoi vous parlez. » Personne d’autre ne remarque les erreurs qu’on voit. Vous essayez à nouveau, vous êtes enthousiaste et l’énergie continue de circuler.

Votre groupe solo actuel existe depuis plus longtemps que les Beatles ou les Wings. Qu’est-ce qui fait que ce groupe fonctionne depuis si longtemps ?

Je sais, c’est fou. On n’y pense pas trop, mais ouais. On sait juste comment jouer ensemble, on aime jouer ensemble et le public semble aimer aussi. Il ne semble donc pas y avoir de raison pour ne pas continuer. C’est ça le truc. « Prendre sa retraite de quoi ? », a déclaré Willie Nelson. « C’est ce qu’on fait », a affirmé Ringo. Ce groupe est vraiment simple. Ses membres jouent très bien. On essaye tous et on veut juste que ça soit génial. Je pense que c’est ça qui fait que le groupe fonctionne depuis si longtemps. On ne se dispute pas, ça aide. On se querelle un peu parfois, « Oh, j’aurais aimé ne pas faire ça » ou « S‘il te plaît, ne fait pas ça demain », mais c’est tout.

À part les balances audio, quel est votre rituel avant de monter sur scène ?

Je pense qu’on en a tous. J’ai une routine pour me préparer. Si je suis au Japon ou en Europe, on m’appelle une heure avant le concert et j’ai une session de 20-30 minutes avec un traducteur pour essayer d’apprendre des phrases locales pour pouvoir interagir un peu plus avec le public. Après, je fais des échauffements. Je fais certaines petites choses qui sont devenues des rituels. Ce n’étaient que des choses à faire pour essayer de préparer un concert mais c’est devenu une sorte de routine. Une fois que j’ai fini, je vais voir les membres du groupe et on a des habitudes avant-concert.

Qu’est-ce que vous faites avec eux ?

On vérifie certaines choses. On teste nos accords. On chante ensemble et juste avant de monter sur scène, on se rassemble et on se transmet nos bonnes ondes pour le concert. Là on est prêts et on monte sur scène.

À part les instruments de musique, qu’est-ce que vous amenez avec vous sur la route ?

J’amène toujours beaucoup de choses dont je n’ai pas besoin. J’ai toujours un sac avec des trucs dont je ne vais jamais me servir, mais si je ne les prends pas, il va y avoir quelque chose, une démo que je veux jouer à quelqu’un, un script que je veux lire ou une lettre à laquelle je veux répondre. Du coup je prends tout. J’ai un sac et pas grand chose d’autre. Parfois on a des amis, nos femmes ou des membres de nos familles avec nous, ce qui est bien, mais à part des amis, des membres de ma famille et un sac, je n’ai rien.

C’est bien d’être minimaliste.

Qu’est-ce qu’on a besoin de plus que d’amis, de membres de notre famille et d’un sac ? [Rires]
||

Première partie de l'interview de Paul McCartney par Kory Grow,
pour le magazine « Rolling Stone ».


Information