Swiss Beatles Fan Club: Appropriation culturelle : Stella McCartney crée la polémique

10 octobre 2017

Appropriation culturelle : Stella McCartney crée la polémique

Appropriation culturelle : Stella McCartney crée la polémique

Appropriation culturelle : Stella McCartney crée la polémique

La collection printemps-été 2018 de Stella McCartney a été présentée lundi 2 octobre à la Fashion Week de Paris, mêlant le sportif casual et les tenues de soirée plutôt formelles. Comme toutes les collections de mode, elle propose aussi différents imprimés, modèles et silhouettes, dont certains s’inspirent des imprimés « Ankara Style » (le nom anglais du wax), une mode très répandue sur le continent africain. Pour les Camerounais, la collection de la créatrice anglaise, au-delà de l’utilisation de l’étoffe en question, est la copie conforme des robes portées par des femmes camerounaises appelées « Kaba ». En effet, certains modèles de la collection de Stella McCartney ressemblent aux modèles de ces robes. À l’origine, le « Kaba » est un grand sac avec des ouvertures pour la tête et les bras. Il a été inventé au Cameroun par les épouses des missionnaires vers 1948, à cause de l’embarras de ceux-ci devant les jeunes filles qui se mouvaient peu couvertes. Ce vêtement a, par la suite évolué, pour devenir la tenue traditionnelle du peuple Sawa. Selon une polémique déclenchée sur les réseaux sociaux, Stella McCartney se serait visiblement appropriée une culture ancestrale qui n'est pas la sienne pour en faire une tendance.

Depuis une dizaine d’années, la mode africaine suscite toujours plus d’intérêt. Elle a su asseoir son statut unique et se faire une place sur le marché international pour la bonne raison qu’elle répond aux besoins et à l’intérêt de la communauté noire aux quatre coins de la planète. S’il n’est pas né sur le continent africain, le wax s’y est fait une telle place qu’il est aujourd’hui largement associé à l’Afrique et à son identité culturelle. Certes, l’appropriation bien intentionnée peut parfois être une bonne chose. Elle crée un échange culturel et, dans ce contexte, peut enrichir le vocabulaire de la mode. Le problème, c’est que les stylistes ont parfois tendance à s’inspirer de cultures qui ne sont pas les leurs, en présentant leurs emprunts comme des créations originales. Et c’est d’autant plus problématique quand il s’agit de cultures ayant été brimées, voire opprimées, par le passé.

La raison principale pour laquelle l’appropriation blesse les gens est qu’elle minimise l’oppression historique. Quand de grands noms blancs de la mode, qui dominent le marché, présentent des imprimés traditionnellement africains sur les podiums, ils sont applaudis pour ce geste d’intégration. Ils retirent donc un profit financier de ce qui était auparavant un objet de brimades ou d’oppression. Dans le cas présent, des personnes peuvent se sentir d'autant plus blessées par le défilé de Stella McCartney qui incluait un seul mannequin noir, comme l'a précisé la photographe Amarachi Nwosu sur Twitter. La fille de l'ancien Beatle avait déjà suscité la controverse en Afrique à l’occasion d’un shooting de mode réalisé dans les endroits les plus malfamés de Lagos en mai dernier pour la collection Stella By. Pour beaucoup, le résultat ne donnait pas une bonne image de la capitale nigériane, ni de l’Afrique en général. Cette nouvelle collection vient donc jeter du sel sur une plaie qui semble être encore à vif. ||

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