Paul McCartney au casting du nouvel album de Charlotte Gainsbourg

20 novembre 2017

Paul McCartney au casting du nouvel album de Charlotte Gainsbourg

Paul McCartney au casting du nouvel album de Charlotte Gainsbourg

Depuis 2006, Charlotte Gainsbourg a retrouvé le goût du chant en livrant trois albums réalisés avec la crème des artistes du moment. 5:55 était produit par le duo electro de Air. Puis, IRM et Stage Whisper ont bénéficié du savoir-faire de Beck. Pour son nouvel opus, l’actrice-chanteuse a été mise en contact par sa maison de disques (Because Music) avec l’artiste SebastiAn afin de mettre en place une collaboration pour la production. Owen Pallett et Connan Mockasin font également partie du casting de Rest paru le 17 novembre dernier. Ce disque contient onze titres enregistrés à New York. Cette fois, Charlotte a choisi de se livrer encore un peu plus en signant la totalité des paroles (hormis une chanson écrite spécialement par Paul McCartney en 2011 intitulée Songbird in a Cage). Certains titres avaient été écrits par d’autres, mais n'ont pas été retenus, à part celui de l'ancien Beatle, d'où une fierté légitime de l'interprète exprimée à plusieurs médias. « Nous avons eu un très bon déjeuner il y a six ans et demi », se souvient-elle. « Je ne pouvais pas croire que j'étais assis à côté de lui. Je lui ai dit que s'il avait une chanson pour moi, ce serait un rêve devenu réalité. Quelques semaines plus tard, il a envoyé cette piste. C'était une démo. Je ne savais pas quoi en faire, parce que je voulais que ça fasse partie de l'album. Nous avons dû la réinventer. Paul est très gentiment venu à Electric Lady [ studio ]. Il a fait un peu de piano, de la basse, un peu de guitare. C'était incroyable, juste pour le voir travailler ».

Rest est effectivement un album profondément personnel où s’expriment toutes les douleurs et angoisses de l’artiste. Qu’elle évoque sa relation particulière avec son père disparu, mais visiblement bien présent dans sa vie, mais aussi la disparition tragique en 2013 de sa sœur Kate Barry – à travers le superbe Kate – l’artiste explore sans faux-semblants ses failles et les livre sans filtre. Elle évoque bien entendu le mariage, la vie de couple et ses enfants, et évoque avec émotion sa timidité maladive qu’elle combat par son activité artistique. Si l’on ne peut pas parler d’un album sombre puisque Charlotte Gainsbourg semble y atteindre une sorte de maturité sur le plan artistique, il constitue une plongée intimiste particulièrement émouvante au cœur de son univers. Sur le plan musical, SebastiAn a su offrir à la voix fluette de Charlotte un écrin à sa mesure, en travaillant sur des boucles synthétiques et en s’inspirant largement des ambiances développées dans les années 70 par un certain Serge Gainsbourg. Certains titres auraient d’ailleurs très bien pu figurer sur des albums de Jane Birkin exécutés par la main du grand Serge. On pense notamment à Ring-a-ring O’Roses, Kate ou encore Les Oxalis.

Celle-ci commence avec les six premiers titres. L’émotion est à son paroxysme avec Kate, pourtant très courte, puis se poursuit avec Deadly Valentine qui déploie sa puissance electro durant six minutes entêtantes. I’m a Lie confirme le style de l’album entre modernité et hommage au père défunt. Enfin, le titre Rest s’avère touchant après plusieurs écoutes. Sa musique a d’ailleurs été composée par Guy-Manuel de Homem-Christo, l’un des Daft Punk, invité pour l’occasion. Après le dansant Sylvia Says vient la chanson composée par Paul McCartney dans un style que l’on ne lui connaissait pas. Suivent deux titres plus mineurs (Dans vos airs et Les Crocodiles). L’album se termine par Les Oxalis où Charlotte dialogue secrètement avec son paternel sur sa tombe du Père-Lachaise à Paris. Si la perfection n’est pas encore atteinte, ce cinquième opus de Charlotte Gainsbourg a le grand mérite de s’inscrire dans la droite ligne des précédents, tout en approfondissant le sillon d’une électro typiquement française, et donc respectueuse de l’héritage de Monsieur Serge Gainsbourg. ||

Boutique