Swiss Beatles Fan Club: Respectez le mémorial Strawberry Fields dédié à John Lennon !

13 avril 2018

Respectez le mémorial Strawberry Fields dédié à John Lennon !

Respectez le mémorial Strawberry Fields dédié à John Lennon !

Êtes-vous déjà allés à New York ? Si oui, êtes-vous passés par Central Park, rendre hommage à John Lennon dans le secteur baptisé Strawberry Fields, comme le titre de la chanson ? Ce mémorial est dédié à l’ancien Beatle depuis plus de 30 ans, après qu’il a été assassiné le 8 décembre 1980 devant sa résidence du Dakota, en face de Central Park. Les gens s’y recueillent devant une mosaïque noire et blanche au sol, un rond intitulé Imagine, en référence à la chanson mythique de John Lennon et de sa veuve Yoko Ono créditée en 2017. C’est un endroit désigné comme tranquille, donc silencieux, propice au recueillement. Or, depuis l’avènement des téléphones intelligents, ce lieu iconique est maintenant le festival du selfie. Ça crie, ça gueule. Tout le monde se bouscule pour prendre sa photo, piétine la mosaïque, se sacre de l’appel à la quiétude. «  ! Kevin, viens te prendre en photo avec Maria ! » Les plus méprisants sortent le bâton à selfie, se plantent au beau milieu du mémorial, marchent sur les fleurs déposées à la mémoire du fondateur des Beatles disparu et font un grand sourire devant la caméra, oubliant complètement que ce lieu nous rappelle qu’un homme est mort froidement assassiné. C’est d’une vulgarité sans nom. C'est tellement représentatif de notre époque.

Il faut faire LA photo devant Imagine, comme on fait sa photo devant le pont de Brooklyn ou la statue de la Liberté. Il faut la partager sur Instagram, la publier sur Facebook. Et ça presse. Le fait qu’on soit censé se recueillir en pensant à un homme prônant la paix, n’effleure plus l’esprit de qui que ce soit. On se bouscule, on tasse les autres, on LA veut, LA photo. Et tant pis pour la décence. Ce n’est pas la tombe de John Lennon qui est vandalisée. On n’est pas dans un cimetière. On est dans un lieu public. Mais si on n’est même plus capable, en 2018, de prendre quelques minutes pour se taire, de respecter un périmètre de respect à la mémoire des morts, si on est tellement obsédés par nos !@#$%?& de selfies qu’on piétine les fleurs, c’est qu’on n’a rien compris. Notre époque ne veut plus rien savoir du silence. Elle ne veut plus rien savoir de l’intériorité. Tout doit être documenté, partagé, extériorisé et « liké ». Strawberry Fields, à Central Park, est officiellement désigné comme « le jardin de la paix », ça serait donc bien qu’on apprenne à leur ficher la paix, aux morts. ||

Sophie Durocher, « Le Journal de Montréal »

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