Le voyage de Dan Lacksman à la rencontre des Beatles en 1968

8 mai 2018

Le voyage de Dan Lacksman à la rencontre des Beatles en 1968

Le voyage de Dan Lacksman à la rencontre des Beatles en 1968

Dan Lacksman publie avec Brice Depasse, Ob-La-Di, Ob-La-Dan ! (Éditions Lamiroy), un opuscule où ils romancent, mais à peine, le voyage entrepris jadis par Lacksman. Été 1968. Pour fêter ses 18 ans et la fin de ses études, Dan décide de partir à Londres avec son sac à dos. Il ne sait rien de ce pays ni de cette ville. Il sait juste une chose : il veut rencontrer les Beatles en vrai. Auteur de six ouvrages, Brice Depasse fait partie du quotidien des Belges depuis 2001 grâce à La Story sur la radio Nostalgie. Passionné des Fab Four depuis son plus jeune âge, il nous raconte ici une aventure comme seuls les fans pouvaient en vivre durant l'âge d'or du rock'n'roll, celle de Dan Lacksman, un des plus grands producteurs et ingénieurs de sa génération. À bientôt 68 ans, le Bruxellois était aussi l’un des trois membres du groupe Telex fondé en 1978, sorte de canular au départ, mélangeant l'esthétique du disco, du punk et les expérimentations de la musique électronique. En 1980, leur manager leur demanda de participer au Concours Eurovision de la chanson. Ils y participèrent, interprétant la chanson « Euro-Vision » et récoltèrent 3 maigres points au final. Pour leur troisième opus Sex (1981), Telex demanda au groupe américain Sparks de leur écrire les paroles. Cependant, le trio belge continua de refuser de jouer en concert, et de préférer rester anonyme, attitude désormais courante dans le monde de la techno ou d'artistes comme Daft Punk, mais inédite au début des années 80. Par la suite, le travail de Telex est connu pour avoir inspiré ZZ Top pour ses albums Eliminator (1983) et Afterburner (1985). En 1989, les Telex revisitèrent leurs vieux morceaux pour les ressortir selon le son house music et d'autres genres de musique qu'ils inspirèrent abondamment. Il en résulta Les Rythmes Automatiques, qui n'eut que peu de succès, mais qui poussa Kraftwerk à se lancer dans une même démarche avec The Mix (1991). Dernières publications en date : l'album How do you dance ? (2006), suivi de la compilation Ultimate Best Of (2009) également parue chez EMI.

Interview parue le 6 mai 2018 dans La Nouvelle Gazette, édition digitale de Charleroi.

Dan, comment vous êtes-vous retrouvé à partir à la rencontre des Beatles durant l’été 68 ?

À 18 ans, c’étaient mes premières vacances sans mes parents. J’avais un cousin qui, avant moi, était parti ainsi à l’aventure en Grande-Bretagne. Mes parents ont accepté que j’y aille à mon tour. Secrètement, j’avais dit à mes copains le vrai but du voyage : rencontrer mon groupe favori.

Et tout se passe comme rêvé !
C’était une autre époque, je ne savais évidemment pas qu’ils étaient à Londres pour enregistrer le double blanc… J’ai eu de la chance : dès mon arrivée à l’auberge de jeunesse, je tombe sur un gars qui les avait vus dans la journée et qui m’a expliqué où aller. Tout s’est enchaîné… Les Beatles étaient super-cools, ils signaient les autographes, se pliaient aux photos. J’y suis retourné quasi tous les jours. Paul McCartney était le seul qui habitait à Londres, les autres avaient investi des parcs privés dans la grande banlieue. Et j’ai eu l’audace d’aller frapper à leurs portes.

La rencontre avec George n’est pas très chaleureuse, pourquoi ?
Parce que je tombe mal ! Je sonne, il vient ouvrir mais il est en plein travail, probablement avec Eric Clapton. Il m’a quand même signé un autographe. Je suis retourné chez lui et là il s’est quasi excusé d’avoir été impoli avec moi ! Je lui ai demandé si Pattie, sa femme de l’époque était là. Elle est sortie et j’ai fait des photos du couple. On a dû discuter un gros quart d’heure…

Vos photos, c’est la première fois qu’on les voit  ?
Les musiciens que j’enregistrais me demandaient souvent à les voir. L’histoire a commencé à être connue… Et elle est arrivée aux oreilles de Brice Depasse de Nostalgie qui m’a proposé de faire ce petit livre. Il m’avait dit qu’il romancerait un peu, au final, c'est très proche de ce qui s’est passé.

La photo de Paul dans sa voiture, c’est un document, non ?
Avec le recul, je me dis que je n’en ai pas pris assez de photos. Mais de nouveau, c’était une autre époque. Cela dit, j’avais quand même aussi acheté un film couleur… Je ne l’ai pas photographiée, mais Yoko Ono était avec John pour l’enregistrement, alors que personne ne la connaissait encore ! Elle n’était jamais apparue dans la presse. Tout ce qui m’est arrivé, c’est un hasard total !

Les photos sont publiées en annexe. Par contre les autographes, vous ne les avez plus, pourquoi ?
Je les ai perdus ! J’avais assez peu de temps, c’était soit faire des photos ou demander des autographes. Un jour, j’ai pris les clichés et puis le lendemain, je leur demande les signatures - je me souviens que Paul et John avaient fait ça très consciencieusement… J’étais tellement excité que je vais à la poste pour envoyer une carte à mes parents où je leur expliquais tout. J’ai quitté la poste et… j’ai oublié mon enveloppe avec les signatures ! Je suis revenu dare-dare quelques minutes après, mais c’était déjà trop tard. Je me dis, pas grave, j’y retourne le lendemain et je leur redemande. Sauf que là, ils m’ont pris pour quelqu’un qui revendait les dédicaces. J’ai juste eu leur prénom griffonné. J’étais tellement déçu et frustré… que je ne les ai pas gardés ! ||


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