«London Town» : tranquillité et apaisement d'une œuvre des Wings

28 juin 2018

«London Town» : tranquillité et apaisement d'une œuvre des Wings

«London Town» : tranquillité et apaisement d'une œuvre des Wings

«London Town», sixième album des Wings (1978) avec Paul et Linda McCartney ainsi que Denny Laine.

La carrière de l’ex-Beatle Paul McCartney a été jalonné de succès, de chansons pop-rock bien écrites dont l'œuvre musicale peut être considérée comme exceptionnelle. Il y a eu les Fab Four avec John Lennon, George Harrison et Ringo Starr, puis une courte période en solo, et enfin le groupe Wings, en compagnie de sa femme Linda, avec des chansons comme « Band on the Run » ou encore « Silly Love Songs ». Mais que vaut le McCartney de la fin des années 70, moment où le disco et le punk faisaient rage ? En 1977, Paul McCartney sort d’une tournée éprouvante et d’un succès commercial avec l’album Wings at the Speed of Sound paru l'année précédente. Les cinq membres du groupe décident alors de créer de nouvelles compositions et entrent dans les studios d'Abbey Road en prévision du futur album London Town. Parmi ces titres, on retrouve le rock « Name and Adress », le mélancolique titre éponyme faisant partie des cinq morceaux écrits par Paul McCartney et Denny Laine. Le sixième opus des Wings donne cette impression de tranquillité et d’apaisement, sans doute par le fait que plusieurs chansons ont été enregistrées aux Îles Vierges britanniques, sur un bateau amarré nommé le Fair Carol, pendant la grossesse de Linda. Car l'épouse de Paul attend un enfant, le premier garçon de Paul, James, unique héritier masculin d'une fratrie composée de deux filles naturelles et d'une autre adoptée. À l'automne 1977, un autre événement vient perturber l’enregistrement de l’album : le batteur Joe English et le guitariste Jimmy McCulloch décident de quitter le groupe. Dans ce contexte, paraît le single « Mull of Kintyre », crédité McCartney/Laine. Cette ballade écossaise remporte un très gros succès dans le monde entier. Au Royaume-Uni, il devient le premier single à dépasser les deux millions d'exemplaires vendus et bat le record établi en 1964 par la chanson « She Loves You » des Beatles.

London Town paru en 1978 est un album « état d’esprit », comme Paul McCartney a su en faire avec par exemple Venus and Mars (1975). Le disque comporte des pistes mélancoliques comme « I’m Carrying » que son ami George Harrison n’aurait peut-être pas renié. Il y a aussi des séquences plus énergiques, qui font le contraste avec ces mélodies nostalgiques. Parfois instrumentales, elles s’intègrent dans une cohérence accompagnée d’harmonies vocales, qui peuvent nous transporter un peu comme sur un bateau, au large des Caraïbes. Cependant, London Town a été éclipsé, principalement par le triomphe du single « Mull of Kintyre ». L’un des titres, « Girlfriend », sera également enregistré par Michael Jackson, cinquième et dernier single de son album Off the Wall (1979). Un autre tube, « With a Little Luck », une ballade futuriste dont le single atteindra la première place des hit-parades américaines, et la cinquième au Royaume-Uni. En quelque sorte, London Town, qui fête cette année son 40e anniversaire, a dans sa besace un vrai trésor, qui n’a été que peu connu, ne cherchant pas à singer la mode de l’époque, il suit son propre chemin, celui du mélodiste talentueux qu’est McCartney, peut-être l'un de ses meilleurs albums. Celui-ci connaîtra un succès d’estime, la critique le considérant comme une œuvre de transition, ne lui fera donc pas un « procès enflammé » comme Back to the Egg un an plus tard, l'ultime publication des Wings, formation aux multiples variations dissoute en 1981. ||


Clip de « London Town » des Wings avec Paul et Linda McCartney, ainsi que Denny Laine.